Ou selon les vratn
mière. » L’épithète r itâvan « fidèle à la loi » est appliquée aux /ldityas au vers VII, 62, 3, et celle de r itasap « qui observe la loi » au vers VI, 50, 2. Us reçoivent encore, sans doute en qualité de sacrificateurs célestes, l’épithète r itadlüti « qui fait les prières de la loi, » VI, 51, 10. On leur donne aussi celle de r itanî, II, 27, 12, dont le sens est identique à celui de la locution « conducteur du r ita » appliquée à Varuna, VII, 40, 4. De cette dernière, il faut rapprocher la qualification de « cochers du rila », donnée aux Udityas, VII, 66, 12; VIII, 72, 3, et jointe au vers VI, 51, 9, à celle de « séjournant dans la demeure du r ita. » Les Udityas sont aussi appelés les gardiens du r ita, VI, 51, 3. Quand Mitra et Varuna apportent leurs dons, c’est pour que le rila s'accomplisse, I, 151, 3. On demande à Varuna un don qui ait pour forme le r ila (yitapeças), c’est-à-dire un don conforme à la loi. Pour que le r ita s’accomplisse, la vache Aditi se gonfle de lait : c’est ce que nous lisons dans le vers I, 153, 3 adressé à Mitra et Va runa. Ces deux divinités, d’après le vers V, 68, 4, observent 1er ita selon le r ita.
Le rita, en tant qu’établi ou observé par les Udityas, peut être la loi des phénomènes célestes, comme le prouvent les passages suivants. Le rila de Mitra et Varuna est caché selon le r ila, dans le lieu où sont dételés les chevaux du soleil, V, 62, 1. Le soleil reçoit, en même temps que la qualification d’œil de Mitra et Varuna, celle de face brillante du r ita, VI, 51 , 1 . Les Udityas font le r ita au lever du soleil, comme à son coucher et au milieu du jour, VIII, 27, 19. Varuna reçoit la qualification de r ilâyat « agissant conformément à la loi » dans un vers qui le représente ouvrant de grands chemins aux jours, VII, 87, 1. Le chemin du r ila dont il est question dans le vers I, 136, 2, aux /ldityas paraît être aussi le chemin de la lumière. D’un autre côté, les rivières suivent le r ita de Varuna, II, 28, 4. Gonflés du lait du rita, et le faisant couler par les chemins directs du rita, les trois Udityas arrosent la peau dans le séjour de l’inférieur (du feu ou du Soma terrestre), I, 79, 3. Mitra et Varuna sont appelés « gardiens du r ila » en même temps que « maîtres des rivières » dans un vers où on les prie en outre de faire couler la pluie du ciel, VII, 64, 2. Dans le vers VII, 40, 4, où Varuna reçoit, comme on l’a déjà vu, le titre de « conducteur du rita », il est dit également de lui et de ses deux frères qu’ils ont « donné les eaux ». Enfin Indra, dans l’hymne
où il s'identifie lui-mème à Varuna, déclare qu’il a selon le rila, lui fidèle au rita, soutenu le ciel dans le séjour du r ita, c’est-à-dire à la place que la loi lui assigne, IV, 42, 4. Le ciel et la terre eux-mêmes remplissent le r ita de Mitra, IV, 56, 7. Au vers V, 66, 5, le mot r ita parait désigner au contraire la loi en vertu de laquelle les rishis répandent les dons du ciel qui étaient retenus par Mitra et Varuna, c'està-dire la loi du sacrifice : « Voilà, ô terre, le grand rila (qui s'accomplit) alors que les rishis recherchent la gloire ; (les dons du ciel, eaux ou aurores) échappent en se répandant au loin aux deux (divinités) qui embrassent un vaste espace. »
Mitra et Varuna étant quelquefois considérés comme des sacrificateurs célestes, le mot rita, peut encore, dans les formules qui les concernent, faire allusion à leur sacrifice. Il parait en être ainsi au vers 6 de l’hymne I, 151, où les « chevelues » qui ont fait entendre un hymne de louange, pour que le rila de Mitra et Varuna s’accomplit, dans le lieu même où chantent ces deux divinités, paraissent être les eaux du ciel, représentées comme des cavales, et dont la voix est ici assimilée à la prière qui accompagne le sacrifice terrestre. Au vers 4 du même hymne, Mitra et Varuna reçoivent l’épithète r itâvan « fidèle à la loi » comme proclamant le grand r ita. La même formule est reproduite au vers VIII, 25, 4. Rappelons encore dans le même ordre d’idées ce vers adressé au dieu du sacrifice, Agni : X, 8, 5. « Deviens l’œil, gardien du grand r ita; deviens Varuna puisque tu aimes le r ita. »
La qualification de r itâvan « fidèle à la loi », au vers V, 65, 2, où elle est appliquée à Mitra et Varuna en même temps que celle de ritâvridh paraît déterminée dans le sens de «juste » par l’addition du complément jane-jane « envers tous les hommes ». Il en est de même au vers V, 67, 4, où elle est appliquée aux trois Adityas en même temps que celle de ritaspriç. Une signification morale peut être encore attachée à la même épithète au vers VIII, 25, 7, où Mitra et Varuna la reçoivent en tant que surveillant (les hommes) du haut du ciel comme des troupeaux, au vers III, 56, 8, où elle est donnée aux Adityas en même temps que celle de dùlabha « difficile à tromper », au vers VII, 87, 3 qui l’applique aux espions de Varuna, lesquels peut-être ne sont autres que les Adityas eux-mêmes. J’en dirai autant, à plus forte raison, du
vers I de l'hymne II, 27, aux Adityas, où elle est rapprochée de la formule « faisant payer les dettes ».
Dans les passages suivants, deux ou même trois de nos quatre termes se trouvent réunis. Le dhàman de Mitra et Varuna brille selon le dharman, X, 65, 5. Les vrata, le haut et profond dhàman de Varuna, sont aussi ceux de Soma,
1, 91, 3. Soma coule selon le dharman de Mitra et Varuna, en accomplissant le grand r ita, IX, 107, 15. Le vers II, 27, 8, où sont mentionnés les trois vrata qui sont « dans l'assemblée » des Adityas, ajoute que la grandeur de ces dieux est «grande» selon lertïa. Mitra et Varuna reçoivent, en tant qu’investis de la royauté universelle, les épithètes r itàvan « fidèle à la loi » et dhvitavrata « qui maintient les lois », VIII, 25, 8. Il s’agit évidemment des lois naturelles dans les vers suivants : V, 63, 1, « Gardiens du r ita, vous montez sur votre char, vous dont le dharman s’accomplit, dans le ciel supi’ême ; pour celui que vous secourez ici, ô Mitra et Varuna, la pluie tombe du ciel, abondante et savoureuse » ; — ibid. , 7, « Selon le dharman, o Mitra et Varuna, ô sages, vous gardez les vrata par la puissance de l’Asura; selon le y ita vous gouvernez le monde entier; vous placez le soleil dans le ciel comme un char brillant ». D'après le vers VIII, 41, 10, Varuna a, selon les vrata, rendu noirs ceux qui étaient blancs et revêtus d’un vêtement brillant; il a fait le dhàman antique, lui qui a soutenu les deux mondes, qui a soutenu le ciel avec un étai, comme le non né. La formule du vers V, 72,
2, adressée aux Adityas, « Vous habitez une demeure inébranlable selon le r ita, surveillant les hommes selon le dharman », paraît avoir, au moins dans sa seconde partie, une signification morale.
SECTION VII
l'idée de loi dans le culte des Adityas.
Contrairement à l’ordre suivi pour les autres divinités, j'ai cité d’abord parmi les formules où l'un des mots dhàman, dharman, vrata, rila, est rapproché des noms de Varuna, de Mitra, des Adityas, celles où ces dieux interviennent seuls dans l’application de la loi, et j’ai réservé celles qui nous la montrentobservée ou violée par les hommes. Ces dernières, en
effet, par cela seul qu’elles sont adressées aux personnages qu reçoivent le plus ordinairement dans le Æig-Veda les attributs providentiels de la divinité, paraissent en quelque sorte a priori susceptibles de recevoir cette interprétation morale qui représente la dernière évolution de l’idée de loi, et par laquelle il convient de clore ce chapitre.
Il en est cependant dont le contexte suggère expressément l'idée des lois du sacrifice. Ainsi l’hymne de louange offert à Mitra et Varuna est au vers I, 153, 2, considéré comme 1’ « attelage du dhàman » Aryaman protège celui qui suit la droite voie selon le vrala, qui observe « dans ses hymnes » le vrala de Mitra et Varuna, I, 136, 5. Le Soma pressé pour Mitra et Varuna coule pour que le rita s’accomplisse, I, 137, 2. Agni, en tant qu'il honore les trois Adityas, reçoit l'épithète r itâvasu « qui a pour richesse la loi », VIII, 90, 5. C’est encore lui sans doute qui, au vers 8 de l’hymne VI, 67, à Mitra et Varuna, est appelé le serviteur qui « est dans le rita», c’est-àdire qui suit la loi. Le couple divin est prié de s’asseoir dans le séjour du rita, III, 62, 18, et d’y protéger ses suppliants, V, 41, 1. Dans le second passage, on lui demande en outre quel est celui qui, en agissant selon le rita, obtient les dons du ciel et de la terre, c’est-à-dire comment il faut pratiquer le rita pour mériter cette récompense. C’est par la puissance de Varuna que la chaîne (de l’étoffe) du r ita est tendue sur un tamis qui n’est autre que la pointe de la langue, IX, 73, 9, en d'autres termes, que le poète chante un hymne conforme à la loi. De même il faut, pour que « naisse le nouveau r ita », que Varuna ait inspiré le poète, I, 105, 15. Au vers X, 65, 6, la vache, conductrice du vrala, qui s’adresse à Varuna, parait représenter la prière. « Chantez », dit l’auteur du vers
V, 68, 1, « le grand r ita pour Mitra et Varuna. » Le prêtre qui adresse des prières à Mitra et Varuna reçoit au vers VII, 61, 2, l’épithète vitâvan « fidèle au r ita ». Indra est au vers
VI, 68, 5, associé à Varuna, comme protégeant l’homme fidèle au rita. Ces deux divinités sont encore réunies en couple dans un vers où les « sept sœurs » placées «. dans le séjour du rita » Vâl. 11, 4, paraissent être les prières qui leur sont adressées.
Mais la plupart des formules en question doivent recevoir