‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-Véda (volume 4)Chapitre 58 sur 83 · Voir I, p · texte numérisé non relu

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d'indications à l’appui de cette idée que les Açvins, que l'aurore chantent les premiers, et que les hommes leur répondent. La formule « chante la première », adressée à l’aurore, équivaut à peu près à « prends la direction de notre sacrifice ». Car il est dit aussi en propres termes que les aurores ont engendré le sacrifice, VIII, 78, 3. Ajoutez que les aurores sont des vaches, qu’en cette qualité elles doivent avoir une voix, et que les beuglements des vaches célestes sont couramment assimilés à des chants. De là le vers IV, 51, 8; « Les aurores divines, s’éveillant et sortant du séjour de la loi, chantent comme des troupeaux de vaches qui s’élancent. » Je crois donc que l’article jar « s’approcher » est à rayer du dictionnaire.

M. Ludwig ne l'admet pas plus que moi. J’aurais bien des choses à dire sur les traductions qu'il donne de tel et tel des passages qui viennent d’être cités. Cependant je suis heureux de constater qu’il juge comme moi le sens actif de « chanter », ou tout au moins de «bruire», applicable à la plupart d’entre eux. Il admet par exemple que les Açvins « chantent ». Mais il veut qu’Indra et l’aurore « soient chantés ». Que dis-je? Les aurores, au pluriel, ont le droit de «bruire», IV, 51, 8, non pas il est vrai comme des troupeaux de vaches, mais comme des torrents de lait (M. Ludwig est de ceux qui croient que le mot go peut signifier « lait » *). Mais il ne reconnaît pas à l’aurore, au singulier, le droit de «chanter ». En cette occasion, comme en beaucoup d'autres, M. Ludwig montre d’abord une louable préoccupation de respecter le sens des mots; mais comme en beaucoup d’autres occasions aussi, il s’arrête à moitié chemin, sans songer que les dernières exceptions qu’il admet deviennent d’autant plus invraisemblables qu’elles sont moins nombreuses.

Je ne reviens pas sur la Dakshiaâ servant de char. Cette formule a été expliquée d’avance dans le commentaire du premier vers.

1. Voir mes Observations sur les figures de rhétorique dans le Æig-Yeda, Mémoires de la Société de linguistique de Paris, IV, p. 124. Ici l’erreur est tout à fait inexplicable.

6. Que les dons du ciel apparaissent ! Les prières se sont élevées ; les feux se sont dressés étincelants. Les aurores brillantes font apparaître les trésors précieux que cachaient les. ténèbres.

Cette stance est relativement facile. Le premier pâda seul peut fournir matière à discussion. Les deux traducteurs sousentendent l'un et l'autre, non asthuh , mais îratâm avec le second préfixe ut. M. Grassmann fait des sûnritâ comme des puramdhi des éléments du sacrifice, ou plutôt il donne à puramdhi le sens général de sacrifice, en faisant des sûnritâ les hymnes de louange. J’ai déjà dit dans le commentaire de la stance précédente que l’attribution de ce sens au mot sûnritâ me semblait une hypothèse arbitraire. M. Ludwig fait des puramdhi comme des sûnritâ des biens attendus par les suppliants. J’ai eu l’occasion d’étudier le mot puramdhi dans le second volume de cet ouvrage \ et il m'a paru désigner, sinon exclusivement, du moins principalement la prière. C’est ce qui in'a déterminé à le rapprocher ici des feux, et à le séparer des sûnritâ en sous-entendant, avec le second ut, asthuh au lieu de îratâm. Je ne donne pas cette solution comme certaine.

7. Des deux jours de couleur différente (le jour ou l’aurore, et la nuit), l‘un s’éloigne, l’autre arrive: ils se touchent; (des deux sœurs) l'une a caché les ténèbres enveloppant les (parents) qui embrassent tous les êtres, (le ciel et la terre) ; l’aurore a brillé sur son char éclatant.

Le verbe sam car au moyen est employé une seule autre fois, III, 7, i, pour exprimer l’union du ciel et de la terre dans l’espace. Il exprime sans doute ici l’union du jour et de la nuit dans la durée. C’est ce que j’exprime en traduisant « ils se touchent ». M. Grassmann dit « se rencontrent » : cela revienLà peu près au même, mais me semble moins clair.

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