‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-Véda (volume 4)Chapitre 60 sur 83 · Plus haut, J). ilU, u · texte numérisé non relu

Plus haut, J). ilU, u

vrai sens de yojana. Le rapprochement des vers 1,35, 8; II, 16, 3 ; X, 86, 20, ne permet pas de douter que ce mot désigne, comme l’entend M. Grassmann, un espace. Quant à croire que les trente yojana soient trente « milles », ou plus exactement trente fois deux milles géographiques, selon la valeur classique du terme, c’est une autre chose. Les trente yojana me paraissent être plutôt une formule pour désigner, selon un usage que j’ai étudié dans mon chapitre de Y Arithmétique mythologique, l’univers entier, à peu près comme les trois dhanva yojana, en compagnie des sept rivières et des huit sommets de la terre, c’est-à-dire des huits points cardinaux, au vers I, 35, 8, et comme les trente padd du vers VI, 59, 6, qui sont, soit dit en passant, et n’en déplaise à M. Ludwig, traversés, non par l’aurore, mais par la parole sacrée1. Il ne me répugnerait d’ailleurs nullement d’admettre que ce nombre de trente espaces (et non affaires) correspondit en outre à un nombre égal de dieux2. Mais c’est une question assez indifférente ici.

J’arrive à la grosse difficulté de la stance, au sujet de laquelle j’ai à combattre à la fois les deux traducteurs, d’accord pour donner à kratu le sens de « tâche » et pour traduire «chaque aurore fait sa tâche », M. Ludwig traduisant d’ailleurs « immédiatement » le mot sadyah que M. Grassmann traduit « journellement. » Sur ce point accessoire je suis avec M. Ludwig. La traduction « journellement» ou « en un jour, » queM. Grassmann, à l’exemple de M. Roth, substitue au sens ordinaire de sadyah. « immédiatement » ou «rapidement», pour quelques passages où il s’agit delà course du soleil, de l’aurore ou des dieux autour du ciel et de la terre, est-ce que j’appellerais volontiers « un agrément superflu ». Mais la grosse question est celle que soulève le mot kratu.

Le sens de « tâche, Werk, Arbeit » (chaque aurore va à son travail, accomplit sa tâche), attribué au mot kratu, est une hypothèse arbitraire de M. Ludwig, que M. Grassmann aurait pu laisser à son auteur.

Ce n’est pas que je veuille revenir au sens que M. Grassmann avait adopté pour ce passage dans son lexique. Le mot kratu y aurait désigné Varuna! Cet emploi aurait été un de ceux où ce mot, suivant une interprétation que M. Grassmann

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