‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-Véda (volume 4)Chapitre 70 sur 83 · II, p · texte numérisé non relu

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des forces, il (l’aigle) a traversé les airs. » C’est apparemment Puramdhi, la parole sacrée, qui a donné des forces à l’oiseau en l’excitant. Il va sans dire que si la descente du Soma est un mythe de l’orage, la parole sacrée représente ici originairement la voix du tonnerre. Le mot que je traduis « là-haut » est îrmâ. Il me parait désigner proprement le séjour invisible1 considéré, tantôt comme la retraite, tantôt comme la prison de Soma, de la prière, et de tous les éléments qui jouent un rôle analogue dans la mythologie védique. D’après le Nirukta, il signifierait au contraire « ici »; mais c’est là, je crois, une erreur dont il n’est peut-être pas impossible de retrouver l’origine. La formule îrmâ puramdhir ajahâd ardti h se retrouve au vers 7 de l’hymne IV, 26, également consacré à la descente du Soma porté par l’aigle, et le mot atrâ y est substitué à îrmâ. On en aura conclu à l’équivalence des deux mots. Mais dans ce dernier passage, Puramdhi est arrivée sur la terre comme Soma lui-mème : « Ici Puramdhi a laissé derrière elle les avares ; dans l’ivresse du Soma, le sage a laissé derrière lui les (avares) insensés. » Puramdhi triomphe des avares terrestres, c’est-à-dire des impies, comme elle a triomphé des avares célestes, c’est-à-dire des démons ou des dieux malveillants, et ici-bas comme làhaut, elle opère en compagnie du Soma qui, lui aussi, donne la sagesse.

Il y a mieux. L’opposition de ces deux formules nous explique l’opposition de notre vers 3, adha dijor vi yad yadi vâta lîhuh puramdhim : Puramdhi a été emmenée, soit du ciel, soit d’ici. Ce n’est pas tout encore. Au vers IX, 90, 4, Soma est prié d’amener en coulant les deux Puramdhi. Les rapprochements s’accumulent et se confirment. Je traduirai donc avec une certaine confiance notre vers 3 de la manière suivante : « Soit que l’aigle ait poussé un cri de là-haut, soit qu’on ait emporté Puramdhi du ciel ou d’ici-bas, soit que le vigilant archer Kriçànu l’ait laissé partir (le Soma), ou qu’il ait lâché pour le frapper la corde de son arc... » Maintenant j’avoue que je comprends mieux l’enlèvement de la prière céleste, qui doit ne pas être d’ailleurs sans rapport avec le cri de l’aigle, que celui de la prière terrestre. Mais je crois au moins que ma construction est exacte, et si mon mot à mot laisse incontestablement beaucoup à faire aux interprètes

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