Voir plus haut, p. 127 et
3. Il n*e8t pas question seulement, dans les bjmnes à Indra, du « don »,
etpasmn, cf. VI, 31, 5, qu*on lui demande aussi, c*est moins un avantage particulier que la conséquence d*autres avantages purement matériels. Ce qui rend glorieux, c*est le butin. Vin, 85, 20, cf. I, 9, 7, et plus généralement la richesse, y compris la richesse en a héros», et sans en excepter la richesse en « vaches » et en « chevaux ». De là les expressions viravat ytiçàii, IV, 32, 12, et gomat çravàh^ I, 9, 7, et la prière du vers I, 29, 1 : « Rends-nous illustres » c'est-à-dire « riches » en a vaches » et en « chevaux », cf. X, 131, 3.
Les « vaches » et les « chevaux » dont il vient d*étre question pour la première fois sont les biens qu*on demande le plus souvent à Indra, ainsi d'ailleurs qu'aux autres dieux. Indra est le maître, I, 101, 4; Vm, 21, 3; X, 47, 1, ou, selon l'expression du vers VIII, 36, 5, le « père » des vaches et des chevaux ; en un mot, il en dispose à son gré, II, 12, 7 ; Vn, 18, L II est donc invoqué par ceux qui désirent des vaches, I, 33, 1 ; VIII, 82, 17 ; X, 147, 2, des vaches et des chevaux, IV, 17, 16; VII, 32, 23; VIII, 50, 7; 67, 9; X, 131, 3; 160,5: on lui demande la richesse en chevaux, X, 113, 10, des vaches, lU, 50, 3 ; IV, 22, 10 ; 32, 6 et 7 ; VII, 23, 6; vm, 45, 19; 84,4; X, 42, 7 et 10; Vâl. 1, 9, une étable de vaches. Vil, 27, 1 ; VIII, 46, 9 ; 52, 5 ; 59, 6 ; Vàl. 3, 5, des centaines, des milliers de vaches, IV, 32, 18 ; Vin, 67, 1, des vaches et des chevaux, I, 53, 5; VI, 35, 4 ; Vn,18,2;27,5; VIII, 6,9; 12,33; 13,22;32,9; 34,14; 45,10etll;67,2;86, 2; Vâl. 4,5; «satisfais », lui dit-on, «notre désir avec des vaches et des chevaux », 1, 16, 9 ; III,
maît Micore de la « conquête > des enfants, toka-sâtû tokasya taniti^ I, 8, 6, 1ùka$ya tanayasya tàti (cf. je$he^ \, 100, 11 ; YI, 44, 18), dans les combats I, 100, 11; II, 30, 5; IV, 24, 3; VI. 18, 6; 19, 7; 44, 18; VII, 88, 9. Or Indra donne aussi des femmes, IV, 17, 16 ; Y, 31, 2, et les femmes peuvent faire partie du butin enlevé à Tennemi. On pourrait être tenté d*expliquer dans cet ordre d'idées la « conquête» des enfants, si on ne rencontrait aussi quelquefois dans les hymnes védiques Texpression beaucoup plus bizarre enoore « conquête de soi-même >», IX, 66, 18, cf. VI, 46, 4 et VII, 30, i. CeUe-ci ne peut s'expliquer que par l'idée, exprimée justement dans l'un dca passages où se rencontre la formule « conquête des enfants »^ que les guerriers, en s'exposant aux périls du combat, font abandon d'euxmêmes, en prenant d'ailleurs Indra pour protecteur, IV, 24, 3. C'est grâce à lui qu*iU se reconquièrent eux-mêmes, et qu'ils reconquièrent leurs enfants. Nos formules semblent donc équivalentes à celles où les suppliants implorent le secours du dieu dans les combats, pour eux-mêmes et pour leurs enfanU, VI,46, 11-12, cf. YIII, 57, 12-18. Le mot nrûAd/i, VII, 27,1, peut être npiiqué de même. Il se pourrait pourtant que les expressions de ce genre eussent une origine mythique. Voir I, p. 32 et suiv.
Bmroaionb, la Religion védique^ II. 12
30^ 20; VI, 45, 21. Et en eflfet, Indra donne des vaches, 1, 11, 3 ; n, 30, 7 ; VI, 23, 4 ; 45, 23 ; VUI, 45, 28, des troupeaux de vaches, I, 81, 7, des vaches et des chevaux, II, 15, 4; VIII, 50, 6, par centaines, Vni, 21, 10; son favori, son ami obtient une étable pleine de vaches, VII, 32, 10; il devient riche en vaches et en chevaux, VIII, 4, 9.
Mais tous les dons d'Indra sont le prix des victoires qu'il remporte ou qu'il fait remporter à ses adorateurs. On dira donc de lui qu'il trouve, VIII, 2, 24, qu'il conquiert dans le combat, IV, 17, 10 et 11, les vaches et les chevaux, qu'il s'empare de l'élable des vaches, VI, 45, 24. Les épithètes gaveshaua « qui désire les vaches » et govid « qui trouve les vaches » sont appUquées tour à tour au dieu lui-même, I, 132, 3; Vn, 20, 5; VIII, 17, 15; X, 103, 5 et6; Vâl. 5, 1, et à son char, VII, 2S, 3, et au char de ses fidèles, I, 82, 4. Ses combats sont désignés par le mot gavishtiy VIII, 24, 5 et piMsim, dont le sens propre est « désir de vaches » C'est pour ses suppliants qu'il a désip » ainsi des vaches, VII, 31,3. Ils le prient de conquérir «vaches sur vaches», VI, 35, 2, et de les rendre eux-mêmes « conquérants de vaches», III, 31, 20; VI, 33, 5. Ils espèrent, avec un tel allié, vaincre les possesseurs de vaches, conquérir les vaches, Vni,21, 11 et 12, cf. VI, 26, 2; 46, 10; VIII, 21, 8, avec leurs chevaux, cf. VIII, 81, 11, et conquérir aussi d'autres chevaux, cf. VI, 33, 1 ; ils lui demandent de leur donner la vache et le cheval propre à traîner le char, comme le butin qui appartient au vainqueur, VI, 46, 2. Leur char, sous la sauvegarde d'Indra, va hardiment à la conquête des chevaux et des vaches, IV, 31, 14. En effet, Indra donne à qui lui plaît les vaches de l'ennemi, 1,33,3, cf. 121, 15; V, 34,5; Vni, 21,16, de même qu'il sauve celles de l'homme pieux, X, 160, 3 ; il fait conquérir des vaches à celui qu'il protège, V, 34, 8, des vaches et des chevaux, 1, 83, 1. Il fait avancer le char qui va à la conquête des vaches, VIII, 2, 35.
Les mêmes formules, d'ailleurs, comprennent dans l'énumération des biens demandés à Indra, en même temps que des chevaux et des vaches, des femmes, IV, 17, 16, et des enfants mâles, I, 53, 5 ; VII, 23, 6 ; VIH, 6, 23; X, 47, 5 et paasim. Ce rapprochement*, assez choquant à nos yeux, peut s'expUquer autrement que par la brutahté inconsciente d*ane
1* U se retrouTe aussi dans des formules adressées à d*autref diTinités, à Soma, IX, 9, 9 ; 59, 1 ; 91, 6, à Bhaga, VIU, 41, 8, eto.
eirilisation primitive. Les vaches et les chevaux, en effet, ne sont pas seulement, avec les troupeaux en général, III, 54, 15, avec les chars, U, 15, 4 ; VII, 27, 5 ; VIII, 4, 9, cf. VI, 46, 2,et avant le blé*, VIII, 67. 9; X, 42, 7, et Tor, IV, 17, 11 ; VII, 31, 3; VIII, 32, 9 ; 67, 9, cf. II, 15, 10, qu'on demande aussi, mais bien moins souvent à Indra, la forme principale de la richesse pour un peuple pasteur et guerrier. Le nom de cheval et celui de vache servent encore, dans la langue des /{ishis, à désigner les éléments des phénomènes naturels, c'est-à-dire ces trésors de l'atmosphère et du ciel que nous avons vus déjà opposés dans certaines formules aux trésors de la terre. Ils avaient donc, celui de la vache surtout, une dignité dont nous nous faisons difficilement Tidée. Cette dignité devait rejaillir sur les êtres qui avaient, en ce bas monde, Thonneur de les porter, et on sait, en effet, de quels égards la race bovine a été et est encore l'objet dans rinde. Du reste, le souvenir de la représentation des aurores et des eaux du ciel sous forme de vaches ne doit pas seulement nous servir à excuser les Tîishis d'un rapprochement incivil. Il suggère, pour un certain nombre au moins des formules qui célèbrent Indra comme « donneur » et comme « conquérant de vaches » , la possibilité d'une interprétation mythologique.
n faut cependant reconnaître, avant de chercher dans les vaches conquises et données par Indra une représentation des aurores et des eaux célestes, que le terme de ce vaches », indépendamment de son sens propre et de son sens mythique, peut avoir encore un sens purement symbolique. Au singulier, il peut n'être qu'un symbole de la libéralité du dieu, I, 55, 4; n, 32, 3 ; VI, 35, 4 ; Vm, 1, 10 ; 45, 12 ; X, 133, 7. Il en est ainsi en tout cas au vers VIII, 14, 3, dont l'auteur, par une de ces figures incohérentes qui sont si fréquentes dans la poésie védique, nous montre la vache d'Indra * donnant elle même « la vache et le cheval ». Ailleurs, Vni, 82, 3, c'est Indra lui-même qui est comparé à une vache, cf. VI, 28, 5; Vni, 82, 3; Val. IV, 4, et à une vache qui donne pour lait « des chevaux, des vaches et du blé ». Le terme de « vache » peut aussi, tant au singulier qu'au pluriel, désigner par mé-