‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 114 sur 335 · Page 83 et notes 2 et · texte numérisé non relu

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les trésors dont il s*empare et qu*il distribue, à parler des ennemis auxquels il les ravit.

SECTION IV

Les ennemis d'iNDRA.

§ !«»•. LES VUITRAS, AHI-ViïITRA.

Le nom le plus ordinaire de l'ennemi ou des ennemis combattus et détruits par Indra est vrilra, d*où la qualification de vviira-han que les/{ishis donnent à ce dieu, tantôt comme une épithète de nature, I, 16, 8; 84, 3; 186, 6; III, 30, 5; 31, 14; 52, 7; V, 40, 4; VI, 45, 5; 47, 6; VIII, 1, 14; 2, 26; 4, 11; 6, 40; 13, 15; 24, 8; 27, 8; 33, 1 et 14; 50, 15; 55, 9;67, 7; 82, 4; 15, 18;20 et 33; 86, 4; IX, 98, 10; 113, 1; X, 74, 6; 152, 2; 153, 3; cf. I, 100, 2, tantôt en insistant sur Tidée des combats qu*il livre, ou auxquels il prend une part quelconque, I, 81, 1; III, 47, 2; 54, 15; VII, 31, 6; 32, 6; VIII, 32, 11; 45, 25; 46, 13; 51, II; 55, 10; 59, 1 ; 79, I; 85, 19; X, 103, 10; 133, I; 138, 5, et qui sont eux-mêmes désignés souvent par les termes de vrilra-hatya, I, 52, 4; IV, 24, 2; VI, 23, 2; 25, 1; 36, 2; VII, 19, 10; VIII, 52, 12; X, 22, 10; de vârtra-hatya, 111,37, 1 et de vrifra-tàrya, VI, 18, 6; 34, 5; 38, 5, rapprochés quelquefois de celui de vviira-han, Vin, 24, 2 ; 37, 1. Cette épithète, wùra-han, appartient en propre à Indra, le vvitra-han par excellence, jye«AtAa, VIII, 59, 1, levrtirahan-tama (superlatif de vvitra-han)^ V, 35, 6; 40, 1; VHI, 3, 17; 6, 37; 24, 7; 82, 30 et 32; 86, 5, à lui dont les dieux reconnaissent la supériorité dans le vritra-hatya, VI, 25, 8, à lui enfin qui est né, VIII, 78, 5, et qui a grandi, X, 55, pour le vritra-halya. Elle suffirait, à elle seule, pour le caractériser, et l'auteur du curieux hymne VIII, 29, où les principaux dieux védiques, sans être nommés, sont successivement désignés par leurs attributs essentiels, ne trouve rien de mieux, pour désigner Indra, que de dire, au vers IV : « Il y en a un qui porte la foudre placée dans sa main, et, avec cette foudre, il frappe les Vritras. » Si la qualification de vritra-

Aan, et même celle de witra-han-tama, sont aussi données, et, plus généralement, si la victoire sur un ennemi désigné par le nom de vritra .est rapportée également à d*autres dieux, c'est que ces dieux, Agni, Soma, Brihaspati, les Maruts, sont, comme nous le verrons, les alliés ordinaires d'Indra et ses compagnons dans un exploit qui est, avant tout, le sien *.

Nous trouvons, à côté du composé vritra-hany les éléments de ce composé, au vers VIII, 78, 3 : « Que le Vritrahan frappe Vritra I » cf. X, 152, 3, et au vers VIII, 17, 9: « 0 Vritrahan, frappe les vritras, » cf. ibid, 8. On voit par là que notre mot est susceptible de deux interprétations; le premier terme du composé pouvant être pris soit au singulier, soit au pluriel. Et, de même qu'il peut signifier « meurtrier de Vritra » ou « du vritra » et « meurtrier des vritras », le composé vritrahatya et ses synonymes peuvent aussi signifier a meurtre, défaite de Vritra », ou « du vritra », ou « des vritras y>.

Qu'on choisisse d'ailleurs le singulier ou le pluriel, le mot vritra pourra, dans l'un et l'autre cas, désigner tantôt un ennemi mythique, tantôt un ennemi réel, humain. En effet, lors même que ce mot, construit séparément dans la phrase, porte la désinence distinctive du singulier ou du pluriel, l'emploi du pluriel, I, 4, 8; 7, 5; 53, 6 ; IH, 30, 4 et 22; VI, 26, 8; 44, 14; VII, 23, 3; 30, 2; 83, 9; IX, 109, 14. n'en exclut pas, comme on le verra, l'application à l'ennemi mythique, quoique celui-ci soit plus souvent nommé au singulier, et l'emploi du singulier, I, 80, 10; IV, 17, 8; V, 42, 5; VH, 20,2; 21 6; VHI, 2, 32 et 36; X, 104, 10, pouvant s'expliquer dans le sens collectif, n'est pas par lui-même plus caractéristique.

n ne faudrait pas croire non plus que l'emploi du présent, 1,102, 7; IV, 17, 19; VI, 56, 2; 57, 3; VII, 22,2; 83, 9; 85, 3; Vni, 15, 3 et 11; 17, 8; 51, 8; 79, 4 et 5; 84, 9;88, 6; IX, 1, 10, ni même celui de l'impératif, ou du subjonctif faisant fonction d'impératif ou de futur, ou de tout autre tour équivalent, III, 37. 5; IV, 22, 9; 24, 10; VI, 37, 5; VHI,

1. Cest, semble-tril, abusivement que Tépithëte vritra-han-tama est donnée ans Açvins, VIII, 8, 9 et 22, cf. VIII, 9, 4, qui ne sont pas des dieux guerriers. Quand un poète donne au couple formé d'Indra et de Varuna répithète équivalente vritra-turâ^ VI, 68, 2, cf. VII, 83, 1, il attribue à ce couple une qualification qui ne convient qu'à l*un des dieux qui le composent. En revanche, Indra est, aux vers VI, 68, 3; VII, 83, 9 ; 8S, 3, expressément opposé à Varuna, en tant que meurtrier de Vritra ou des Vritras (voir quatrième partie, vol. III, p. 139-149).

17, 9; 78, 3; 82, 7; IX, 23, 7; X, 116, 1; 152, 3, cf. I, 23, 9, dans les formules qui célèbrent les exploits dlndraou qui invitent ce dieu à les renouveler, limite Tapplication du mot vrilray soit singulier, soit pluriel, aux ennemis terrestres. Nous verrons, en eflfet, que les exploits d'Indra contre le dém^on Vritra se renouvellent sans cesse, comme les phénomènes dont ils sont l'expression mythique. Il ne coûtait rien non plus aux itishis de considérer ces phénomènes, malgré leur généralité, comme se produisant tout particulièrement pour le sacrificateur, ou même grâce à son intervention *. Les détails de ce genre, dans les formules relatives aux combats dlndra contre un ennemi désigné par le nom do vrilra, IV, 21, 10; X, 28, 7; 42, 5; Vâl. 1, 2, cf. I, 106, 6, ne nous interdiraient donc pas non plus par eux-mêmes une application de ces formules aux combats célestes. La victoire remportée sur les démons aurait pu même, comme on le verra, être directement attribuée au sacrificateur, aidé d'Indra 2, V, 37 ; 4 ; VII, 48, 2, cf. III, 53, 11 ; VI, 25, 6; 33, 1 ; VII, 19, 3; 32,15; VIII, 21, 12; 89, 2.

Il y a cependant des cas où le mot vritra ne peut guère être appliqué qu'à des ennemis terrestres. Tels sont ceux où Indra ^ est invoqué contre deux sortes de vritra, cf. VI, 19, 13, les ilryas et les Dâsas, VI, 22, 10 ; 33, 3. Nous montrerons, il est vrai, que le mot dâsa est lui-même équivoque, comme le mot vritra, qu'il peut désigner des démons aussi bien que les peuples de race non aryenne. Mais l'opposition du nom des i4ryas* le précise suffisamment dans le second sens, et ce rapprochement des deux noms et de celui de vritra nous montre en même temps que le dernier pouvait être appliqué même à l'ennemi de race aryenne. Il arrive aussi quelquefois que la description du combat, livré d'ailleurs par les hommes eux-mêmes, renferme des détails qui paraissent bien s'appliquer à un combat réel; par exemple, la lutte

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