‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 123 sur 335 · Ibid. Au lieu de VU, 87, 6, li«ez VHI · texte numérisé non relu

Ibid. Au lieu de VU, 87, 6, li«ez VHI

3. La même épithëte est aussi donnée à des démons particuliers, à Çushna, X, 22, 7, au Dànava, II, 11, 10.

4. Voir I, p. 62 et suiv. Aux arguments qui ont été présentés alors à Vapf pui de son identification avec Agni, on peut en ajouter un autre, emprunté à un passage dont la citation viendra ici tout à fait à propos. Il est dit au vers VI, 21, 11, que les dieux ont rendu Manu inférieur pour le Dasa (seul exemple de dasa par a bref, cf. dasyu), c'est-à-dire apparemment Tont fait descendre sur la terre pour combattre le Dasa. Les dieux dont il s*agit ne pouvant être dêi dieux malveillants, puisqu^ilf sont appelés au sacrifice en compagnie d'Indra, la traduction a ont reiMlu Manu inférieur au Daea » serait inadmissible.

Au vers I, 130, 8, où le nom de manu nous a semblé à peu près synonyme de celui d'drya, les ennemis d'Indra sont désignés parle mot avrata « impie », proprement « qui n'observe pas la loi ». Les Dâsas ou les Dasyus eux-mêmes sont souvent considérés, non seulement comme des trompeurs, III, 34, 6, et des criminels, IX, 47, 2, mais comme des impies. Us reçoivent comme épithète le même mot avrata, VI, 14, 3 ; IX, 41, 2, ou des mots synonymes, et particulièrement le terme encore plus significatif à*ayajvan « qui ne sacrifie pas», VIII, 59, 11, cf. I, 33,4 et 5. Au contraire l'^rya sacrifie, I, 77, 3 ; 96, 3 ; I, 156, 5 ; X, 11, 4, et en récompense de ses sacrifices, est protégé par les dieux, I, 59, 2 ; IV, 26, 2; VII, 18, 7 ; VIII, 92, 1. Les lois elles-mêmes, ces lois que les Dâsas n'observent pas, reçoivent l'épithète ârya, X,65, 11, cf. IX, 63, 14. « Distinguer les -4ryas des Dasyus », selon la formule citée plus haut, équivaut souvent, pour les dieux, à distinguer les hommes pieux des impies, I, 51, 8. Mais ici encore il s'en faut de beaucoup que la qualification donnée aux ennemis d'Indra suffise pour déterminer leur nature. Les lois des phénomènes célestes sont, comme nous le verrons plus tard^ désignées par les mêmes mots que les lois du sacrifice, et l'obscurité qui cache le soleil est appelée apavraia^ V, 40, 6, comme les impies. Ce n'est pas tout. Nous savons déjà que l'apparition de la lumière et l'épanchement des eaux ont été assimilés à un sacrifice célébré par les dieux ou parles ancêtres divinisés : par opposition à ces sacrificateurs divins, il était naturel que les démons quî^ retiennent les eaux et la lumière fussent regardés comme des impies. L*attribution de ce dernier caractère aux Dâsas ou Dasyus n'est donc pas par lui-même, une raison suffisante de croire que les ennemis ainsi qualifiés soient des ennemis humains. Aux vers I, 175, 3 ; IV, 16, 9 ; X, 22, 8, si le Dasyu impie était un mortel, comme j'en ai admis la possibilité pour le dernier passage, bien qu'il y soit appelé en outre amânusha*, il est tout au moins intentionnellement rapproché, I, 175,4; IV, 16, 10- .12; X, 22, 7, d'un être essentiellement démoniaque, Çushna. n faudrait citer en entier l'hymne I, 33. Le nom de Dasyu y revient trois fois, aux vers IV, VII et IX, la seconde fois comme celui d'un ennemi qu'Indra a fait tomber du ciel en le brûlant.

i. Quatrième partie, chap. III.

S. Ci-defttts, p. 214.

Il y est en outre parlé des impies qui n'observent pas la loi, V, qui ne sacrifient pas, IV et V. Enfin au vers IV où se rencontrent à la fois la mention du Dasyu et celle des impies, nous voyons ces impies « qui ne sacrifient pas » * chassés d'un lieu appelé dhanu, d'où Indra chasse également Vritra, VIII, 3,. 19, et que les interprètes s'accordent à regarder comme une désignation du nuage. Aussi bien, est-il dit au vers suivant,, qu'Indra a chassé les impies « des deux mondes ». Enfin on connaît le Dasyu que la montagne ce son amie » doit rejeter d'une secousse : ce Dasyu est évidemment le démon du nuage,, ce qui n'empêche pas le poète de dire de lui, non seulement qu'il suit d'autres lois, mais qu'il ne sacrifie pas, qu*il n'honore pas les dieux, VIII, 59, 10 et 11.

L' <c impiété » des démons nous ofire un nouvel exemple de Tassimilation des ennemis célestes et des ennemis terrestres d'Indra. Ce trait n'est d'ailleurs pas réservé aux formules où les démons portent le nom de Dâsas ou de Dasyus. Le nom d* a impie » est donné également au démon Pipru, I, 101, 2, que nous étudierons plus loin. Au vers I, 130, 8, la « peau noire » qui figure avec les impies comme soumise à Manu par Indra pourrait être sans doute la race des hommes noirs; mais il est plus probable que ce terme désigne les ténèbres, l'obscurité « impie », V, 40, 6, et c'est là certainement le sens de la même expression au vers IX, 7â, 5, où il est dit que cette peau noire « haïe d'Indra » est enlevée « de la terre et du ciel » : les « impies » qui sont brûlés du même coup ne peuvent donc être que des démons. Il en est sans doute de même de 1' <c ennemi de la prière » pour lequel Indra fait briller, c'est-à-dire remplit de flammes la terre, les eaux, les trois mondes, VI, 22, 8. Le nom d'adeva, quand il est donné aux démons combattus par Indra, I, 174, 8=11, 18, 7;VIII,85,9, et particulièrement à Vritra, III, 32, 6; X, 11, 6, peut aussi être pris dans le sens qu'il a certainement quand il est appliqué aux mortels, VIII, 59, 7, cf. X, 38, 3, c'est-àdire dans le sens d' a impie ».

Les noms de Rakshas et Rakshasvin, et ceux de Yâtu, Yâtudhàna, Yâtumat et Yâtumàvat*, désignent aussi des

1. Ils sont en outre appelés des vieillards, sanakdh^ et rappeUent par là les « anciens » dieux vaincus par Indra (III, p. '^7).

2. Les derniers mots sont souvent rapprochés des premiers. VoirI, 35,10 ; 36, SO ; VIII, 49, 20; les hymnes VII, 104 et X, 87 en entier. Cf. «ncore les noms de Kimidin et de Mùradeva qui ne se rencontrent que dans ces deux

êtres impies, V, 2, 9 et 10; IX, 104, 6. cf. V, 83, 2, des ennemis de la prière, III, 30, 17; VII, 104, 1 et 2; X, 182, 3, qu*Agni doit brûler pour garantir les sacrifices du trouble qu'ils peuvent y apporter, I, 76, 3, cf. VII, 104, 18 ; X, 87, 9. On les considère aussi tout particulièrement comme des trompeurs, I, 36, 15; IV, 4, 15; VI, 62. 9; VII, 1, 13; rX, 71, 1 ; 85, 1; 104, 6 et VII, 104 et X, 87 (en entier) K

Les Rakshas et les Yâtudhânas sont le plus souvent des êtres surnaturels, de véritables démons. Us prennent la forme de divers animaux, VII, 104, 20 et 22, et particulièrement d'oiseaux de nuit, VII, 104, 18, ce qui peut expliquer les passages où Agni est prié de les anéantir dans l'atmosphère, qui est leur séjour, X, 87, 3 et 6. Au vers X, 87, 10, le Rakshas a trois « sommets » , c'est-à-dire probablement trois têtes. Mais laccqualitéde Rakshas» estaussi attribuée à des mortels, VIII, 18, 13, cf. VII, 94, 12 ; VIII, 49, 8. Aux vers VII, 104, 14-16, le fidèle se défend d'être un Yàtudhâna, et s'oppose à celui qui se dit « pur », bien qu'il soit en réalité un Rakshas. Ailleurs encore, V, 12, 2, l'adorateur d'Agni proteste de sa sincérité et de son attachement à la loi a du mâle brillant », en déclarant qu'il ne pratique pas « le Yâtu ». Le mot yâtUy dans cette dernière formule, est pris au sens abstrait, et parait signifier « incantation »^ magie malfaisante et criminelle. Plus généralement, les Rakshas et les Yâtudhânas humains, ces trompeurs, ces ennemis perfides, semblent être des espèces de sorciers, dont les formules sont opposées à la prière du culte régulier, qui reçoit pour cette raison l'épithète araitfA«, VII, 85, 1.

D'ailleurs, qu'ils soientdes êtres réelsou des êtres mythiques,. les Rakshas et les Yâtudhânas, en qualité de perturbateurs des sacrifices, sont opposés surtout aux divinités du culte, à Agni, I, 12, 5; 36, 15 et 20 ; 76, 3 ; 79, 6 et 12 ; III, 15, 1 ; IV, 3, 14; 4, 1 etl5; V, 2, 9 et 10; 12, 2 ; VI, 16, 29 et 48; Vn, 1,5; 13 et 19; 15, 10; VIII, 23, 13 et 14; 43, 26; 49, 8; 10; 19et 20;X, 98, 12; 118, 7et8; 162, 1; 187, 3 et X,87 (en entier), cf. VII, 8, 6, à Soma, 1,129, 6; IX, 1, 2; 17,3 ; 37, 1 et 3; 49, 5; 53, 1 ; 56, 1 ; 63, 28 et 29 ; 67,

derniers hymnes, et le nom de CicnadeTa, X, 99, 3, rapproché de Yàtu au ms VII, 21, 5.

t. Cf. III, p. 189 et suiv.

î. Ces formules semblent personnifiées sous le nom de wmdana (cf. III ^ p. 18, note 1), en même temps que sous celui de ydtu, au vers VII, 21, 5.

20 ; 7] , 1 ; 85, 1 ; 88, 48 ; 91, 4 ; 97, 10 ; 104, 6 ; 110, 12 cf. X, 36, 4; 76, 4, à Brihaspati, n, 23, 14; pC, 103. 4; 182, 3S

Cependant Indra est ^ussi invoqué contre eux, non seulement en compagnie d'Agni, I, 21, 5 ; Vil, 94, 12, oudeSoma,Vn, 104, (en entier), mais aussi seul, I, 129, 11 ; 133, 2; 3 et 5; m, 30, 16 et 17; VI, 18, 10; 21, 7; 45, 18 ; VII, 21,5; X, 89, 14 ; 120, 4 ; 152, 3, cf. I, 129, 9. Indra, en effet, est, comme les autres dieux, l'ennemi de la tromperie et des trompeurs, I, 133, 1 et IV, 23, 7, et il n'est d'ailleurs pas impossible que le nom de rakshas au moins ait désigné à l'origine des démons analogues à ses ennemis ordinaires^ des « gardiens » avares * des trésors célestes.

D'autres noms, également communs à l'ennemi réel, humain, et au démon, sont ceux qui, comme ararivâmSf araru^ arâvan, aràti, arâtîvan^ arâdhas^^ etc., signifient précisé-

1 . Plus rarement à d*autres dieux, VII, 38, 7, aux Maruts, I, 86, 9; V, 42, 10, aux Açvins, VI, 63, 10; VII, 73, 4; VIII, 22, 18; 35, 16, cf. 90, 8, à Parjanya,' V, 83, 2, à Savitri, I, 35, 10, aux ildityas, VI, 62, 8, ^.9; yill, 18, 13; 47, 12 ; X, 132, 2. Au vers X, 97, 6, c*est le prêtre lui-même qui est appelé tueur de Rakshas.

2. Le nom de Rakshas est plusieurs fois rapproché des mots désignant Tavare (voir ci-aprës), I, 36, 15; VII, 1, 13; VIII, 49,10. Remarquons enooft que les Rakshas et les YÂtudhânas sont des êtres ténébreux, VII, 164, 17- 18 et passim^ que détruit le soleil, I, 191, 8.

3. Voir Grassmann, s, v. Un des noms les plus fréquents de TenneiÉif ari, a la même origine et vient, comme Tentend M. Roth {s. v.), de a piiTatif et de rif forme faible de la racine rd a donner ». Ainsi s*explique la déclinaison (le ce mot qui fait au génitif singulier et à Taccusaiif pluriel aryA (et même à Taccusatif singulier aryam^ au vers VIII, 33, 14 où se rencontré une construction paratactique assez fréquente dans le i?ig-Veda). Le mot sû-riy désignant régulièrement Thomme riche qili sacrifie et récompense dignement le prêtre, parait être lormé de la même manière avec la particule filet signifier proprement u qui donne bien », quoiquHl suive dans sa déclinaison Tanalogio des thèmes en i (le mot art lui-même fait au datif singulier at'aye, et à l'accusatif arim en même temps que aryam). Les deux mots art et suri semblent même intentionnellement opposée, Tun dans le aeM d' f avare », l'autre dans le sens de « libéral »• au vers I, 73, 5 (cf. VII, 66, 11, où sân est remplacé par maghavan). On ne peut en tout cas négliger Topposition du mot art et des mots dâçvâms^ dadâçvdms dans différents passages, I, 81, 6; II, 8, 2; VIII, 24, 22, cf. I, 81, 9 ; IX, 23, 3, ni la combinai*-' sMi fréquente du mot art avec le mot, ard^t, IV, 50, 11 ; VI, 16, 27; 48, 16, 59, 8; VII, 83, 5; VIII, 39, 2; X, 133^ 3, cf. IX, 79, 3, ni enfin la formale consacrée râyo arynh. a les richesses de celui qui ne donne pas », IV, 4, 6, 48, 1 ; VI, 14, 3 ; 36, 5 ; cf. 47, 9. Ce sont ces richesses-là que les dieux distribuent aux sacrifiants plus généreux, à celui qui est, selon Texpression def vers I, 184, 1 et 185, 9, « plus libéral que celui qui ne donne pas », ttryàh^ sudâstaràh. L*étymologie que nous adoptons pour le mot art dans le sens d* « ennemi » ne nous oblige pas d^ailleurs à supposer, comme le fait M. Roth, un homonyme d*origine différente pour expliquer les passages oùToi-t est un

ment « avare », littéralement « qui ne donne pas ». On verra qu'un des noms de l'avare, le motpani, est devenu Tappellation jnythique d'une troupe de démons combattus par Indra. Celui qui ne donne pas est, sur la terre, l'homme qui n'offre pas de sacrifices aux dieux, cf. I, 150, 1 et 2; V, 61, '6 ; VIII, 11, 3, ou qui ne récompense pas généreusement les prêtres, et dans le ciel, le démon qui retient la lumière et la pluie. Ainsi, l'épithète aprinatahy par exemple, jointe au nom de Dasyus, V, 7, 10, ne peut servir à déterminer s'il désigne des ennemis réels ou des ennemis mythiques.

§ III. AUTRES ENNEMIS d'INDRA

Dans un certain nombre de passages où les ennemis d'Indra ne sont désignés, ni par les noms génériques .de Vritras, de Dâsas ou de Dasyas, ni par aucun des autres noms auxquels nous devons consacrer une étude spéciale, des traits analogues à ceux qui ont été déjà relevés ne permettent pas de douter que ces ennemis soient des démons. Ainsi, ce sont certainement des être mythiques que le dieu combat « en naissant », Vm,85, 16; X, 113, 4 ; 120, l,cf. V, 32, 3 et Vin, 45, 4; 66,1-3.

C'en est un encore, qui était couché sur les eaux et qui s'était emparé des deux mondes, VIII, 6, 16 et 17, quand Indra l'a fait rentrer dans les ténèbres, cf. V, 32, 5, qui sont d'ailleurs son élément, et le milieu où il «croît », cf. ibid.f 6. J'en dirai autant de celui qui « croissait » et allait atteindre le

pièaz setTiteur des dienx. En effet, il faut remarquer que les personnages jànsi désignés sont, non pas les sacrifiants, mais les prêtres, les chantres, cf. I, 9, 10; VI, 45, 33 et V1II,483, 3 ; I, 186, 3 et VIII, 1, 22; I, 116, 6; 118, 9 et IV, 38, 2; I, 71, 3; 122, 14 et X, 148, 3, les c préposés » au sacrifice, VI, 35, 1, ceux qui louent, non seulement les dieux, mais les riches qui les emploitnt, comme leurs bienfaiteurs, V, 34, 9 ; VII, 64, 3; VIII^ 19, 36 (cf. V. 33y 6, où le génitif aryàh parait être le régime du verbe passif, 3* pers. sing., stushè). L*opposition déjà signalée des mots art et suri se rencontre dans det passages oii le premier désigne les prêtres, le second désignant, soit les sacriflaBU, VI, 25, 7; 45., 33; VU, 92, 4, cf. V^33, 6 et 8, soit les dieux, 1, 186, 3, qui les récompensent. Je crois donc que le mot art a signifié par opposition à sûriy non seulement a avare », mais a pauvre », et qu'il a pu désigner ceux qni « ne donnent pas • parce que leur rôle est de a recevoir n. Peut-être aéina la composé dolt-ii être considéré comme possessif, le second terme ri étant pris substantivement dans le sens de « richesse •. Ce serait alors le' sens dé « pauvre » qui serait primitif, et le sens d* « avare » qui serait dérivé.

ciel, 1, 51 , 9, lorsque Indra Ta brisé. C'est sans doute aussi par opposition aux démons voleurs des vaches, qu'on dit d'Indra qu'il « ne retient pas les vaches », VIII, 24, 20.

Les animaux combattus par Indra sont certainement des êtres mythiques. Ils sont désignés quelquefois par le nom générique de mviga (animal sauvage), I, 80, 7 ; V, 29, 4; 32, 3. Nous connaissons déjà le nom d'Âhi, « serpent », qui est rapproché au vers VIII, 82, 14, de celui de mviga. Vritra luimême est représenté comme un sanglier, I, 121, 11, cf. X, 28, 4 ; 99, 6. Signalons enfin le rôle démoniaque du n chien » ^

La plupart des noms propres désignant des ennemis vaincus par Indra paraissent être des noms de démons. Plusieurs ne se rencontrent qu'une fois, comme Anarçani, VIII, 32, 2; Ilîbiça, I, 33, 12. Dribhîka, II, 14, 3, Rudhikrâ, II, 14, 5, Sribinda, VIII, 32, 2, mais dans des énumérations (voir surtout II, 14,^-6) comprenant des personnages dont la nature démoniaque ne fait l'objet d'aucun doute: Pipru, Çushna, Vala, Namuci, etc.

Nous avons vu plus haut que l'hymne 1,32, au vers IX, fait mention de la mère de Vritra, et lui donne le nom de Dâna» signifiant « torrent' », en même temps qu*il la compare à une vache. Nous avons rapproché de ce passage celui où- Ahi est représenté couché sur Dânu », II, 12, 11, comme le démon en général est représenté couché sur les eaux qu'il enveloppe. Il nous reste à constater qu'un dérivé du mot ddnu, le mot Dânava, est devenu le nom d'un démon qu'Indra doit vaincre^ II, 11 , 10 ; V, 29, 4, pour délivrer les eaux, V, 32, 1 : il était étendu sur la mer céleste, V, 32, 8; mais Indra l'abat, ibid.,7, comme il abat Vritra quand ce fils de Dânu est renversé audessous de sa mère, I, 32, 9. U est d'autant plus naturel de regarder dânava comme un métronymique que le démon ainsi nommé est appelé en même temps le fils du nuage. Y, 32, 4. Ce métronymique a pu d'ailleurs, comme il arrive souvent pour les patronymiques, être remplacé, soit au sin*» gulier, soit au pluriel, par le nom dont il est dérivé. De là, les formules où Indra est représenté brisant le Dânu, II, 11, 18*, triomphant des sept Dânus, X, 120, 6. Ailleurs, III, 30, 8, le

1. Voir ci-dessous, et III, p. 60. Cf. les sdlâvrika, X, 73, 3.

2. Le mot, dans ce sens, est ordinairement neutre; mais il est aussi em« ployé une fois au féminin pour désigner le torrent qui s*enfle dans le ciel et coule de là sur la terre, I, 54, 7.

3. Au Ters IV, 30, 7, le mot dânu désigne peut-être le torrent conquU {âtirah, cf. vers 3), la mère et non le fils. .a

iiémon a accompagné de Dânu » rappelle encore le fils de Dànu, le Dânu ou Dânava.

Dânu, avons-nous dit, est une fois comparée à une vache, I, 32y 9, et on sait, du reste, que la vache est la représentation ordinaire de la nuée et des eaux du ciel aussi bien que de l'aurore. Or, l'un des- noms de la vache est rohiui, I, 62, 9 ; VIII, 82, 13, cf. VIII, 90, 13. Le nom de rauhina, donné à un ennemi d'Indra, qui envahit le ciel, II, 12, 12, et qui est rapproché d'Ahi, I, 103, 2, et de Vritra, A. V. XX, 128, 13, offre donc une grande analogie avec celui de dânava. C'est également un métronymique, désignant le démon en tant que fils de l'élément femelle dont Indra fait sur lui la conquête, n n'est peut-être pas inutile de remarquer que le vers qui précède immédiatement, dans l'hymne 11^ 12, celui où ce dieu est célébré comme vainqueur de Rauhina, fait préci- Bernent mention de Dânu, et nous montre Ahi couché sur Dânu. Cependant, le nom de rohiui, dont le sens étymologique est « rouge », aurait mieux convenu à la vache-aurore qu'à la vache-nuée, et il n'est pas impossible, en effet, que, comme Agni, par exemple, avec qui il semble parfois confondu, le démon ait été appelé le fils de l'aurore, aussi bien que le fils( des eaux. Il faut d'ailleurs tenir compte aussi de la confusion fréquente des deux ordres de phénomènes, solaires et météorologiques.

.' La nuée est aussi une forteresse de Vritra. La forteresse nàrmini^ que le vers I, 149, 3 nous montre embrasée par Agni, n'en diffère vraisemblablement pas, et quelles que soient la signification et l'étymologie de ce nom de nàrminî, il parait assez naturel d'en rapprocher celui de Nàrmara, désirant un ennemi d'Indra, II, 13, 8.

On se rappelle que Vritra est sans pieds et sans mains, I, 32, 7 ; m, 30, 8, comme Agni caché*. C'est probablement dans le même ordre d'idées que doit s'expliquer le mot vyamsa. Ce mot signifierait <c sans épaules » ou « qui a les épaules idisloquées » (cf. viparva, appliqué à Vritra, I, 187, 1) Dans ^rhymne I, 32, au vers V, il semble n'être qu'une épi- Âète de Vritra, cf. III, 34, 3. Mais ailleurs il paraît être employé comme nom propre, IV, 18, 9, particulièrement aux vers I, 101, 2 ; 103, 2; II, 14, 5, où il figure dans des énui mérations de démons frappés par Indra.

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