‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 133 sur 335 · a Qui veut m'acheter mon Indra pour dix vaches, à la · texte numérisé non relu

a Qui veut m'acheter mon Indra pour dix vaches, à la

condition de me le rendre quand il aura tué ses ennemis ? « »

Mais la plupart ont prétendu exercer sur lui une action dans

une certaine mesure indépendante de sa volonté. La croyance

à une efficacité propre des rites est, nous ne saurions trop le

i^épéter, la croyance védique par excellence, et l'invocation à

1' c* hommage » du vers VI, 51, 8 n'est pas beaucoup plus

extraordinaire que cette sorte d'apothéose du sacrifice qui

l'introduit dans le ciel et lui donne pour ministres les dieux

Ynêmes.

L'idée du sacrifice céleste, déjà analysée dans la première X)artie, se retrouve dans le mythe d'Indra. C'est à lui qu'est «dressé le vers VII, 97, 1, qui oppose formellement le sacrifice du ciel à celui de la terre, cf. III, 60, 6. Les formules par lesquelles les Aishis l'invitent à quitter pour leur sacrifice le lieu quelconque où il peut être, nomment souvent le ciel, l'atmos- ;phèr6, la mer céleste, etc., parmi les séjours qui pourraient le retenir, IV, 21, 3 ; VI, 40, 5 ; VII, 24, 3 ; VIII, 1, 18 ; 34, 13 ; 86, 5 ; Vâl. 2, 7. Or quelques-unes de ces formules font expressément du séjour « suprême » aussi bien que du séjour tt inférieur » et particulièrement de la mer céleste, un lieu où Indra s'enivre, I, 101, 8 ; VIII, 54, 2, de Soma, VHI, 12,

1. Au vers suivant, Fauteur joue sur le mot hommage, namas, proprement « action de s'incliner n, en disant qu'il « incline » les dieux vers lui avec ses hommages.

2. Je ne puis croire qu*il s'agisse là d'une idole d'Indra. C'est bien du dieu lui-même que le prêtre prétend disposer à son gré. On peut comparer le vers VIII, 1, 5, où le prêtre déclare à Indra « qu'il ne le donnerait pas pour cent, ni pour mille ni pour dix mille (vaches) t.

17, cf. 13, 15. Elles peuvent donc être comparées à celles qui nous ont montré les /fishis préoccupés de la concurrence que peuvent leur faire d'autres sacrificateurs, avec cette différence que les concurrents qu'ils redoutent sont ici des dieux. Les vers VIII, 12, 16 et 17 sont décisifs à cet égard : (c Que tu boives le Soma, ô Indra, chez Vishnu, ou chez Trita ^ptja, ou chez les Maruts, ou bien loin d*ici, ôdieu puissant, dans la mer (céleste), donne la préférence au Soma que nous avons pressé. »

On trouvera plus loin les textes qui renferment la mention particulière, soit des divers éléments du sacrifice céleste offert à Indra, soit des différents dieux qui lui offrent le Soma ou chantent en son honneur des hymnes de louange. Nous nous contenterons de citer ici les formules conçues en termes généraux. Les dieux ont offert à Indra, « dans les trois coupes », c'est-à-dire dans les trois mondes , un sacrifice que les hommes semblent considérer comme le modèle de celui qu'ils lui offrent àleur tour, VIII, 13, 18; 81,21. Ce doit être aussi un sacrifice céleste que celui qui est « né » en même temps qu'Indra, VIII, 78, 5 et 6, et le « sourire » dont il est question dans la même formule, ce sourire qu'Agni fait briller dans tous les sacrifices, IV, 7, 3, doit être là le sourire de l'éclair, I, 23, 12; 168, 8, cf. II, 4, 6. De même encore, le sacrifice qui précède Indra quand il conduit à la victoire les armées des dieux, X, 103, 8, cf. 9, pourrait bien être le sacrifice des dieux mêmes. Car les dieux, comme les hommes» offrent le sacrifice à Indra quand ils veulent conquérir des trésors, et particulièrement quand ils veulent fendre l'étable où sont enfermées les vaches célestes, X, 74, 2-4. Plus généralement, les Aishis supposent entre Indra et les dieux des rapports tout à fait analogues à ceux qu'il entretient avec euxmêmes. C'est pour les dieux aussi bien que pour l'homme (ou pour Manus), qu'il a trouvé un gué à travers les quatre-vingtdix-neuf rivières, X, 104, 8. Il a, par les victoires qui ont signalé sa naissance, ouvert l'espace aux dieux, VII, 98,3; X, 180, 3, cf. II, 12, 1 ; m, 34, 7 ; VI, 18, 14. Ce n'est pas seulement la terre, ce sont les deux mondes qui Tinvoquent dans l'effroi que leur cause le Dâsa, X, 54, 1, cf. 55, 1, et il va en effet au secours des dieux, X, 54, 1. On dit d'Indra qu'il est le roi des races célestes et des races terrestres, VI, 22, 9, cf. VI, 47, 16 ; Vin, 1,2; Vâl. 4, 7, et, ce qui est plus caractéristique, qu'il marche en tête des races divines et des races

humaines, III, 34, 2, sans doute encore pour les conduire à la victoire ; car nous voyons ailleurs que les dieux ont mis Indra à leur tête pour le combat contre le démon, VI, 17, 8, contre Vritra, Vin, 12, 22 et 25, cf. I, 131, 1 ; IV, 19, L Les a cinq races » qui l'appellent, VIII, 52, 7, cf. V, 32, 11, comprennent, au moins primitivement S avec les races des quatre points cardinaux, cf. VIII, 54, 1, la race divine, et les sept assemblées * dont il fait la joie, VIII, 81, 20, suggèrent également Tidée de sacrifices célébrés en son honneur dans toutes les parties de Tunivers.

Revenons au sacrifice terrestre et à Faction qu'il est supposé exercer sur Indra, pour nous arrêter à la conception la plus ordinaire de cette action, à l'idée qui domine, on peut le dire, tout le culte du dieu guerrier. Les Aishis, s'ils n'ont que rarement trahi la prétention de disposer en maîtres absolus de la puissance d'Indra, se sont du moins donnés comme les artisans de cette puissance. Avant d'abaisser le dieu jusqu'à en faire leur vassal, ils ont prétendu s'élever eux-mêmes à l'honneur de lui servir d'alliés.

Cette idée repose sur la croyance fondamentale de la religion védique, que le sacrifice accroît les forces des dieux. liien n'était plus naturel que d'attribuer un pareil effet À roffrande considérée, ainsi que nous l'avons dit déjà, oomme un aliment ou un breuvage réellement consommé par le personnage divin auquel elle est présentée. La même ac- 1:ion a été par extension attribuée à l'autre partie essentielle du sacrifice, nous voulons dire à la prière. C'est ce qui sera ^tvbli plus loin. Quant à présent, et avant de passer en revue Xes divers éléments du culte, en y comprenant le porteur de l'offrande, c'est-à-dire le feu, nous nous bornerons à citer les "textes qui attribuent l'action « fortifiante » dont il s'agit au sacrifice considéré dans son ensemble.

Tous les dieux sont a accrus » par le sacrifice, les^dityas, ^, 63, 17, comme les Maruts, I, 38, 15, ou Soma lui-même, quand le breuvage du sacrifice est traité comme un dieu qui a aussi ses droits au sacrifice, IX, 4, 9, cf. 108, 8 ; tout grand qu'il est, il est accru encore par l'œuvre du sacrifice, IX, 47, 1. On peut entendre dans le même sens les passages où il est dit que les Maruts, H, 34, 13, et lesi4dityas, V, 68, 4 ; VU,

i. Voir plot haut, p. 126-127.

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