Voir plus haut, p
60, 5, se sont « accrus » dans la demeure du rila (le mot via désignant, comme nous le verrons S la loi du sacrifice aussi bien que celle des phénomènes célestes), et plus généralement l'application aux différents dieux de Tépithète, vitâvvidh* « accru ' par le ri/a», probablement équivalente à yajttavriAdha, qui signifie en tout cas « accru par le sacrifice ». Mais c'est pour Indra que les textes abondent. Cest à lui qu*est appliquée, au vers VI, 21, 2, Tépithète yajnavviddha. Les prêtres le « fortifient [vâjay), » I, 4, 9 ; VIII, 82, 7, « l'accroissent », VIII, 52, 10, cf.I, 81, 1 ; VIII, 51, 10; X, 147,3. avec leurs sacrifices, VIII, 12, 20 ; 24, 18, cf. IV, 23, 1 ; VI, 34, 4, ou, selon l'expression du vers VI, 23, 6, ils lui font, avec leurs sacrifices, des « accroissements », VI, 23, 6. Nous lisons encore aux vers III, 32,12 ; VIII, 14, 5, cf. VI, 38, 4, que le sacrifice a <c accru » Indra, et au vers III, 31, 3, qu'il y a « grand accroissement » du dieu aux chevaux bais par les sacrifices. Indra déclare lui-même, VIII, 89, 4, cf. X, 28, 6, que les « prescriptions du rila », c'est-à-dire de la « loi » du sacrifice, le font « croître ». La racine vvidh « accroître », employée dans la plupart des formules de ce genre, est la même qui exprime souvent aussi, dans le langage des Aishis, l'idée des prospérités attachées à la faveur des dieux. C'est un nouvel exemple de l'emploi d'un terme identique pour désigner l'action du ciel sur la terre et celle de la terre sur le ciel. De même que les dieux, I, 34, 12 ; 79, 11 ; 89, 1 et 5; 91, 10 et 17; 112, 24; 118, 2; 186, 2 ; IV, 50, 11 ; V, 9, 7; VI, 48, 2; 51, 11; VH, 57, 7; 95, 6; VIH, 49, 10 et 12; 64, 14; 72, 2; 92, 1; IX, 43, 6; 51, 4; 97, 39; X, 35, 11; 132, 1, et particulièrement Indra, I, 178, 5; IV, 23, 2 ; V, 34, 6 ; VI, 20, 11 ; 33, 4 ; 34, 5 ; 46, 3 et 11 ; VII, 24, 1;32, 25; VIII,3, 1; 12,18; 13,3;32, 18;52,4; 66, 5 ; 67, 4 ; 86, 1 ; 87, 5 et 6 ; X, 100, 1 ; 147, 4: Vâl. 6,5. ce accroissent » le sacrifiant*, cf, II, 20, 4 ; IV, 32, 12, ou. ce qui revient au même, à part la métonymie, le sacrifice, VIII. 91, 7, cf. I, 171, 2, l'hymne de louange, VIII, 8, 5 ; 14, 11,
1. Vol. III, chapitre III de la quatrième partie. S. Voir OrassmaDQ, Wœrterbuch^ s. v.
3. Le mot vvidh parait avoir le sens passif dans la plupart des composés dont il forme le dernier terme, sdkamvridhy sadyovridb, tamovridh, tuge» vrtVM, etc.
4. Remarquez en particulier les expressions sunvato vridhahy V, 84, 6; VIII, 12, 18; 87, 5, yajvano vncfAah, VIII, 32, 18, le composé kavi'Vtidha, VIII, 62, 4.
les prières, VIII, 36, 7 ; X, 91, 12, le sacrifice et la prière, I, 10, 4; X, 141, 6, de même les hommes, par le sacrifice, « accroissent » les dieux. Cette réciprocité de bons offices est formellement indiquée au vers X,14, 3, où il est dit des ancêtres, invoqués d*ailleurs à leur tour comme des dieux, que les dieux les ont a accrus » et qu*ils ont « accru» les dieux. Ce qui prouve que le sens propre de la racine vridh a accroître » n'est pas atténué en celui de « réjouir, contenter », comme l'admettent M. Roth et M. Grassmann pour un grand nombre de formules, c'est le régime qu'elle prend dans plusieurs autres et qui précise ridée que les Âishis y attachent. Indra, et plus généralement les dieux, accroissent la force, I, 71, 6; 103, 3; VIII, 64, 13 ; X, 26, 9, la puissance, VIU, 37, 7, la prospérité, V, 10, 3, la richesse, ^VI, 28, 2 ; VII, 30, 1 ; 36, 7, cf. IV, 53, 7, des hommes, et les hommes, de leur côté, accroissent la force et la puissance d'Indra, I, 54, 8; II, 11, 4 et 13; VHI, 6, 31, cf. VIII, 51, 10. On dit encore qu'ils l'accroissent (le fortifient) « avec des secours », VIII, 13, 17. Ajoutons que la racine vridh est quelquefois remplacée par d'autres racines signifiant pareillement « accroître », comme %^aksh, uksh, IV. 23, 1 ; VI. 17, 4; 23, 6; VIII, 12, 4-9 ; 13, 7 ; 82, 9; X, 55, 7, ou « fortifier », comme vaj, I, 4, 9 ; 106, -4 ; VI, 24, 6 ; VIII, 82, 7, et qu'un mot tiré de cette dernière, Xe mot vàja, signifie à la fois « force » et (c sacrifice^ ». Il est dit encore que le sacrifice donne la force « au corps » d'Indra, "VI, 40, 4, et que les prêtres le font croître « comme un bamlou», I, 10, 1. Fortifié par mille /îishis, il devient grand <;omme une mer, VIII, 3, 4. Nous relèverons, comme particulièrement hardies, les formules où les prêtres, parlant à la première personne, se vantent de fortifier Indra, I, 4, 9; TIII, 82, 7, de lui donner la force, VIII, 82, 27, à lui, déjà si fort, X, 116, 5, d'entretenir sa force, III, 37, 10. On verra d'ailleurs cette idée de l'accroissement d'Indra par le sacrifice se préciser à mesure que nous étudierons l'action exercée sur le dieu par les divers éléments du sacrifice, c'e'Stà-dire par les ofi'randes, au premier rang desquelles est le Soma, et par les prières.
Dès maintenant, nous pouvons constater qu'Indra, accru par le sacrifice, ou par les prescriptions de la loi *, « fend les
i. Voir Grassmann, Wœvtevbuch^ s. v.