‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 141 sur 335 · Littéralement « se sépare de ». Voir la noit pvéoédentc · texte numérisé non relu

Littéralement « se sépare de ». Voir la noit pvéoédentc

54, 4 ; il est bu surtout par Indra, indrapâtama, IX, 99, 3; il est r « âme » d'Indra, IX, 85, 3. Indra est de tous les dieui^* le plus empressé à descendre sur la place du sacrifice : a car son cœur aime le Soma » , VIII, 50, 2. Il est entre tous les êtres, dieux et mortels, le « seul buveur de Soma » , c'est-àdire le buveur de Soma par excellence, VIII, 2, 4. On l'appelle aussi le « roi du Soma » , VI, 37, 2 ; 44, 13, cf. VI, 41, 3. Nous lisons au vers IX, 69, 6 qu'aucune forme, dhdman, de Soma ne se clarifie « sans Indra », c'est-è-dire apparemment, sans qulndra en ait au moins sa part. A lui sont les Somas pressés et ceux qui sont encore à presser, X, 160, 2. Il va boire tous les Somas, que le lieu où on les presse soit loin ou près, Vin, 82, 6. Il aime le Soma, et le Soma lui est dû. H, 14, 1 et 2. Le Soma porte souvent dans la langue des hymnes un autre nom, indu, qui est peut-être étymologiquement parent du nom dlndra*, et qu'en tout cas les /îishis aiment à en rapprocher par un de ces jeux de mots dont ils sont coutumiers, VI, 39, 3; IX, 2, 9; 6, 2; 11,6; 16,5; 26, 6 ; 27, 6; 30, 5; 32, 2; 37, 6 ; 38, 2; 43, 2; 45, 1 ; 50, 5; 53, 4; 54, 4; 62, 15 et 29 ; 63, 9 et 17 ; 64, 12 ; 65, 8 ; 66, 28; 67, 8 ; 69, 10.

Nous ne pouvons songera énumérer ici toutes les formules qui constatent le goût d'Indra pour la liqueur du Soma, et qui invitent le céleste buveur à le satisfaire. Il nous faudrait citer la moitié des vers qui lui sont adressés, et y ajouter une foule de passages des hymnes adressés à Soma lui-même. Contentons nous de relever quelques-unes des expressions les plus caractéristiques.

Le Soma « pressé pour qu'Indra le boive », IX, 1, 1 ; 11^ 8; 16, 3; 24, 3; 51, 1, cf. 1,9; 4, 4 ; 30, 5;38, 2;43, 2; 45, 1; 50, 5; 62, 8; 64, 12; 65, 8, et appelant lui-même Indra, IX, 66, 29, agréable à Indra qu'il enivre », IX, 13, 8, «approprié» à la «nature», dhàmne^, IX, 24, 5, dhdmabhyàhj VIII, 81, 24, au corps, VI, 41, 5, au « ventre », VTII, 81, 24, d'Indra, est invité à «pénétrer» dans Indra, I, 5, 7; IX,

1 . Il faut cependant remarquer que le dieu du vent, Vàyu, est aussi grand buveur de Soma, IX, 7, 7 ; 8, 2 ; 13, 1 ; 25, 1 et 2; 27, 2; 33, 3 ; 44, 5 ; 4$,t:; 61, 8 et 9; 63, 3 et iO; 65, 20 ; 67, 18 ; 70, 8 eipassim (Voir aussi les hymnes I, 134 et 135}. Nous verrons qu*il forme un couple avec Indra, et il doit psutêtre à son étroite union avec ce dieu la large part qu*il reçoit du breuTmga sacré.

2. Voir Grassmann^ Wœrter bûchas, v. Tous les deux viendraient de la racine infih « allumer ». Plus haut, p. 166.

3. Cf. anu svadhâm, III^ 51, 11, et voir III, p. 210, en note.

2, 1, et pamm^ comme dans sa demeure, I, 15, 1, ou selon l'expression du vers IX, 8, 7, « dans son ami ». Et en effet, allant au rendez-vous du dieu, IX, 15, 1 ; 61, 25 ; 64, 15, il pénètre, IX, 66, 15, cf. 109, 18, il coule, IX, 70, 10; 80, 3, « dans son ventre », et le remplit, II, 11, 11. C'est ainsi qu'il se réunit à son compagnon », IX, 14, 4. « Bois tout ton soûl », tvipaty dit-on à Indra, II, 11, 15 ; 36, 5 ; III, 32, 2; X, 116, 1, cf. II, 22, 1 ; III, 40, 2 ; « Bois le Soma pressé, remplis-en ton ventre », X, 104, 2. cf. III, 35, 6 ; 42, 5 ; « Bois plein ton ventre n y pibà supûrnam udaram, VIII, 2, 1, « Remplis ton ventre comme un étang », VIII, 1, 23. Tantôt ce sont les prêtres qui « traient » le Soma dans le ventre d'Indra, IX, 72, 2 ; tantôt c'est Indra lui-même, le dieu « qu'on dit amateur de Soma » et « dont la capacité est grande », cf. III, 36, 8; VIII, 81, 23, qui fait couler la liqueur, cf. VIII, 50, 3 Qipassim^ dans son propre ventre, 1, 104, 9, cf. m, 47, 1 ; X, 96, 13. Un 7?ishi s'exprime ainsi, VIII, 17, 5 : « Je verse laliqueur dans ton ventre; qu'elle coule àtravers tes membres ! Lape-la avec ta langue. » Un autre, V, 36, 2 : « Que le Soma monte dans tes joues comme sur le sommet d'une montagne! » Un autre enfin, III, 51, 12 : « Que le Soma atteigne ton ventre, ta tête et tes bras ! » On dit aussi que le Soma pénètre dans le «cœur d'Indra », IX, 60, 3, et l'expression n'est peut-être moins grossière que pour nous : car ce cœur où il pénètre paraît considéré aux vers IX, 70, 9 et 108, 16 comme une sorte de cuve « à recevoir le Soma », soma-^dhàna. En tout cas le terme exprès de « cuve » accompagne la même épithète aux vers 2 et 6 de l'hymne VI, 69, et il y est appliqué à Indra lui-même en même temps qu'à Vishwu, après quoi le couple divin est invité à se « remplir le ventre » de Soma (vers 7). L'auteur du vers I, 30, 1, compare encore Indra à une outre qu'il remplit de la liqueur sacrée. Les flancs d'Indra, pleins de Soma, sont aussi comparés à des étangs, El, 36, 8. Son ventre «grand buveur de Soma », hukshih somapâlamah^ s'enfle comme une mer, I, 8, 7. Son « cœur » est comparé à une mer où se jettent des rivières qui ne sont autres que les Somas, IX, 108, 16. Il est lui-même pareil à un étang, que les Somas remplissent comme des ruisseaux, X, 43, 7 ; Vâl. 1, 3, à une mer, cf. VI, 69, 6, où ils entrent comme des rivières, III, 46, 4; VIII, 81, 22, cf. X, 43, 7. Il est encore comparé à une mer à cause de la <c capacité » de son ventre, 1, 30, 3. Les Somas l'atteignent

en coulant comme des eaux qui suivent leur pente, IX, 6, 4, cf. I, 30, 2. Autre image : ils Tarrosent comme les plaies arrosent la terre, IX, 17, 2, cf. X, 43, 7. Enfin, nousavons eu déjà l'occasion de dire* que par une contradiction toute passagère avec la conception ordinaire qui fait du Soma un mâle, les Somas offerts à Indra sont comparés à des yaches qui courent allaiter leur veau. Indra lui-même est aussi invité à descendre comme un animal altéré, antilope, VIII, 4, 10, buffle, I, 16, 5 ; VIII, 45, 24, ou taureau, I, 130, 2 ; V, 36, 1 ; VIII, 4, 3 ; 33, 2, descend an bord de l'étang, VIII, 45, 24, du fossé, VIII, 4, 3, de Tabreuvoir, ibid. 10, et à boire le Soma « à volonté*», tiirf. « Plus habile à trouver l'abreuvoir que ne l'est le taureau sauvage, il va tous les jours cherchant un sacrificateur qui ait pressé le Soma », VII, 98, 1, cf. V, 30, 1 ; 31, 12. Nous ne mentionnons que pour mémoire des figures plus bizarres, sinon plus hardies, et qui, ne se rencontrant qu'une seule fois dans le recueil, n'ont que la valeur de fantaisies individuelles. Telle est là comparaison d'Indra « rempli de Soma» au pis d'une vache, plein de lait, II, 14, 10, ou à un boisseau (? ûrdara)^ plein de blé, ibid, 12, et celle des Sohias qui coulent dans son ventre à des oiseaux qui vont percher dans un arbre épais, X, 43, 4. Les Somas sont aussi une fois des vêtements dont on le pare, II, 14, 3. Le commencement de l'hymne I, 30 présente encore une comparaison nouvelle à la suite de traits bien connus. Le poète, après avoir décrit les Somas coulant dans le ventre d'Indra comme dans une mer (vers 3), en suivant leur pente (2), après avoir dit aussi qu'il verse le Soma dans Indra comme dans une outre (1), représente Indra volant vers le Soma comme un pigeon vers son nid (4). Terminons par un portrait d'Indra représenté la foudre à la main ; il a la force dans le corps, l'intelligence dans la tête, et « le Soma dans le ventre », II, 16, 2.

Ce n'est pas seulement sur la terre qu'Indra s'enivre de Soma. Les Âishis, quand ils disent de lui qu'il a bu les Somas « anciens », III, 36, 3 ;X, 96, 13, qu'il boit le Soma a depuis longtemps », II, 19, 1; III, 46, 4 ; VH, 98, 2, cf. VIII, 1, 26, qu'il en est depuis longtemps « le maître » III, 47, 1 ; VI, 41, 3 ; X, 112, 6, ne font pas allusion seulement aux sacrî-

S« QL ci-defl«os « Bois tout ton soûl i, p, Î46«

:fices de leurs pères. Nous savons déjà* qu'il a bu a en naissant » VI, 40, 2 ; VII, 98, 3 ; VIII, 66, 4, cf. 1, « au plus iaut du ciel », III, 32, 9 et 10, cette « nourriture » qui lui « convient », qui a « crû avec lui », VIII, 4, 12, qu'il aime depuis sa naissance, VII, 21, 1 ; et justement, dans l'hymne Vn, 98, la formule portant qu'Indra se nourrit de Soma a depuis longtemps » (vers 2) est immédiatement suivie (vers 3) de celle qui le montre buvant le Soma dès sa naissance. On dit encore qu'il a bu le Soma pressé par sa mère, 1,61, 7. Cette mère, probablement identique à Aditi*qui, d'après le vers VIII, 12, 14, « a engendré pour lui le Soma », le lui a versé dès sa naissance dans la demeure de son père, III, 48, 2, cf. 1 et 3. Nous savons aussi que le Soma est conquis par Indra dans ses victoires célestes', et ce mythe se confond avec le précédent quand le personnage mythique auquel il le dérobe est l'ennemi qu'il combat en naissant, III, 48, 4, considéré, au vers IV, 18, 12, comme son propre père*.

Dans ce dernier passage, c'estun aigle (vers 13) qui, après la victoire d'Indra sur son père, lui apporte le Soma. Le mythe du Soma apporté par l'aigle nous est déjà connu *. Nous y avons vu une forme particulière de la croyance à une descente du Soma sur la terre analogue à la descente du feu. Mais l'étude que nous avons consacrée ensuite au Soma et au feu tour à tour cachés dans le monde invisible, et manifestés dans le monde visible ®, doit nous faire comprendre que l'idée essentielle du mythe est la manifestation, la découverte, la délivrance du Soma caché et prisonnier, et que le lieu où il est apporté par l'aigle peut être le ciel visible, par opposition au ciel invisible, aussi bien que la terre. Ainsi c'est vraisemblablement sur la terre qu'il a été apporté à Manu comme une offrande agréable aux dieux, IV, 26, 4, et il y a identité parfaite de nature entre le Soma qui est offert à Indra par les hommes et celui que l'aigle lui a apporté directement, III, 43, 7 ; Vni, 84, 3, cf. IV, 27, 4-5 ; mais c'est dans le ciel que l'oiseau lui-même s'est fait ainsi son échan son, VIII, 89, 8, cf.

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