‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 142 sur 335 · Voir III, p. 58 et suiv · texte numérisé non relu

Voir III, p. 58 et suiv

6. Voir plus haut, partie I, cLap. IV, section VI, § V (p. 71) et section VII

I, 80, 2 ; VI, 20, 6 ; VIII, 71, 9 ; X, 144, 3-5. Nous avons d'ailleurs admis ^ que l'aigle porteur du Soma est mythologiquement identique à son fardeau, et on peut, en effet, rapprocher d'une formule comme celle du vers I, 80, 2, où l'aigle apporte à Indra le Soma qui l'enivre et lui donne la force de tuer Vritra, tel autre passage où c'est Soma lui-même, Soma personnifié, qu'Indra invite à sortir du monde invisible où il est renfermé, pour tuer avec lui le même démon, X, 124, 6. On se rappelle que le monde invisible est quelquefois appelé « le séjour de l'oiseau' », et que l'oiseau est une des représentations mythiques de Soma aussi bien que d'Agni. En somme le mythe du Soma apporté par l'aigle rappelle à la fois une conception déjà étudiée plus haut, qui fait du Soma céleste une conquête d'Indra, et une autre conception sur laquelle nous aurons à revenir^, qui personnifie le breuvage divin en un allié du dieu guerrier.

Ainsi le Soma céleste sert, aussi bien que le Soma terrestre, de breuvage à Indra. C'est à Indra qu'appartiennent les Somas dont le séjour est le ciel, III, 40, 5. Les eaux, cf. 1, 173, 8; III, 36, 7, les vaches, cf.VIII, 58, 6, et les montagnes, nommées dans une même formule avec les hommes, III, 35, 8 ; VI, 40,2, comme préparantle SomapourIndra,sontsans doute les eaux, les vaches, les montagnes célestes. La chose est certaine pour les vaches «compagnes d'Indra» qui «cuisent»* pour lui le Soma, I, 84, 11, cf. IX, 71, 4. Le Soma porté comme un fœtus par le ciel et la terre qui le destinent à Indra, III, 46, 5, peut être aussi le Soma sous sa double forme, céleste et terrestre. Point de doute, du moins, sur le sens du vers X, 116, 3 : « Que le Soma divin t'enivre, 6 Indra ; qu'il t'enivre aussi celui qui est pressé sur la terre ! » Les « trois » Somas pressés pour Indra, VIII, 2, 7, peuvent être sans doute ceux des trois sacrifices célébrés en son honneur le matin, à midi et le soir, VIII, 1, 29, cf. III, 32, 1 ; 52, 6 ; V, 40, 4 ; VI, 47, 6 et passim. Mais les trois récipients de ces Somas, VIII, 2, 8, les trois étangs, V, 29, 7 ; VI, 17, 11, les trois cuves ou coupes, irikadruka^ II, 11, 17; 15, 1, où Indra s'abreuve peuvent être les trois mondes',

Page 1