Voir cThàmÊwa, p
%, Voir I, p* 999-993.
4. Nous verrons que dans dan? d'autres passagw ce sont les prière».
5. Et au t«r9 1, 47, ^^ où les dîevx qtrlls doffent amener sont les Açvina.
sans doute encore des chevaux liturgiques. Ce caractère de saurait en tout cas être refusé aux deux chevaux que le prêtre qui les attelle nomme saparyû « pieux », et dont Indra, à ce qu'il ajoute, a de tout temps récompensé la piété, III, 50, 2. Les chevaux liturgiques, quand ils ne sont pas autrement désignés, peuvent être d'ailleurs les prières aussi bien que les Somas. Mais quand ils reçoivent le nom de Aart, ce nom, bien qu'il soit aussi appliqué aux* prières, II, 18, 7, éveille plutôt, à défaut d'indication contraire, l'idée du Soma auquel il est si souvent donné. Il se rencontre dans une formule deux fois répétée, dont on n'a encore donné, ce me semble, aucune explication satisfaisantes S et qui parait signifier qu'Indra « goûte » les deux Haris que lui offre le prêtre. Au vers II de l'hymne I, 63, elle est combinée avec une formule déjà citée et très significative : « Lorsque tu as ^oû^Ies deux Haris, le chantre a mis la foudre dans tes mains. » Lçs Haris seroht encore des chevaux liturgiques au vers IX et der^nier du même hymne, si on le traduit ainsi : « L'œuvre a été accomplie pour toi, ô Indra, par les Gotamas ; les prières ont été dites, accompagnées de l'hommage et des dexAX Haris.9 Si nous passons à l'hymne X, 105, nous y trouvons notre formule suivie de détails encore plus curieux. Dans le vers même où elle figure (2), les deux Haris du sacrificateur •, les deux chevaux qu'il veut faire « goûter» à Indra, semblent être, avec cette incohérence d'images qui se rencontre si souvent dans les hymnes, et avec une crudité d'expression qui y est plus rare, comparés tour à tour aux parties génitales du mâle'
1. M. Grassmann et M. Ludwig ne cherchent pas même à mettre leur traduction du Ters X, 105, 2 d'accord avec celle du vers I, 63, S.
2. Le génitif ^o^^a ne parait pas pouvoir 8*appliquer à Indra auquel doit se rapporter le nominatif patir dan. Son antécédent sous-entendu est tant doute gouverné par le mot stotram du vers précédent. Les deux Tert ensemble composent une de ces invitations pressantes qu*on rencontre 80U?6nt dans les hymnes. Le poète, comme celui qui souhaite qu'Indra conquière la « liqueur avec la liqueur », X, 120, 3, parait demander, en retour de son sacrifice, Tépanchementdu Soma céleste et de la pluie à laquelle il est mêlé, et cette pluie doit, en tombant, humecter la barbe {çmaçâ, de^maf (?),cf çmaçru) d*Indra, cf. X, 23, 4, comme le Soma qu'il boit, II, 11, 17. La traduction lit-^ térale serait : «Quand la liqueur descendra- t-elle par la harbe, pour toi aceep' tant ThjFmne (d'un sacrificateur) dont tu goûteras les deux Haris, etc. •» Cette liqueur, quoique désignée par le mot vâr « eau », parait être assimilée par Tépithète suta au Soma céleste. Quant à Tépithète dirgha, c qui dure », probablement « qui coule longtemps », elle se trouve dans une formule analogue, I, 37, 11. Sur vàtàpya^ voir I, p. 171, note 1.
3. Çepa^ au duel, parce que le mot hari est lui-même au duel. La particule anu doit sans doute être ajoutée au verbe ves.
et à celles de la femelle^. Ces traits bizarres rappellent, le second la comparaison de la prière^, et même du Soma^, à une épouse parée pour Indra, IX, 46, 2; le premier, la comparaison déjà signalée dlndra lui-même à une épouse qu'appellent les désirs du sacrificateur , IV, 20, 5. Mais ce qui est tout à fait caractéristique, c'est Tidée, exprimée au vers suivant (3), qu'Indra s'éloigne effrayé des deux Haris, a comme un mortel fatigué ». Il n'était guère possible d'exprimer d'une façon à la fois plus hardie et plus claire l'idée que le prêtre fait d'Indra son serviteur et lui impose une tâche que le dieu trouve quelquefois trop lourde. Les Haris qu'il fuit sont bien décidément les Somas ou les prières, plus probablement les Semas. Peut-être même faut-il entendre la dernière partie du vers V en ce sens qu'Indra goûte « avec ses joues (ou ses mâchoires? çipra) », en un mot qu'il avale les deux Haris qui sont censés le porter*. Citons encore le vers X, 23, 2 : « Les. deux Haris sont les richesses qu'il trouve dans la cuve. i> Ces richesses ne sont autres que le Soma lui-même. Enfin les deux chevaux sur lesquels il monte^ quand il s'enivre chez Uçanâ Kâvya, I, 51, 11> cet ancien sacrificateur qui lui a forgé une foudre «enivrante», I, 121, 12, rappellent ceux qu'il a « goûtés » chez le chantre qui met aussi dans ses mains la foudre, I, 63, 2 ^
Mais, dira-t-on, pourquoi deux chevaux pour représenter un élément unique du culte ? L'idée pourrait venir de chercher dans les deux Haris liturgiques la représentation d'un couple formé de la prière unie au Soma, et il n'est pas impossible que cette interprétation ait quelquefois été celle des /lishis eux-mêmes. Mais la conception des Haris terrestres présuppose celle des Haris célestes. Car, je prie le lecteur de ne pas s'y tromper, je n'ai pas entendu, dans les remarques qui précèdent, expliquer l'origine du mythe des deux
t. J*adopte pour ra;7Àeptnd l'interpréta tion de M. Orassmann. Cf. IX, lit, 4.
S. Cette comparaison est extrêmement fréquente. Voir plus bas, p. 268.
1. On sait que les Somas, quoique màles^ sont aussi quelquefois^ en tant qa*oflrandes, comparés à des vaches qui nourriraient Indra comme un veau. Voir ci-dessus, p. 250.
4* L*h7mne entier est composé de spéculations sur les éléments du culte. Cf. encore auvers X le nom de Priçni (la vache céleste) donné à la cuillère da sacrifice.
5« Au vers X, S7, 3, les deux « taureaux » que les sacrificateurs « annoncent à Indra « pourraient bien ne pas différer non plus des deux taureaux du vert X, 105, 4, évidemment identiques aux deux Haris liturgiques -célébrés dans le même hymne.
Bbroaioni, La Reiigion védique , II. 17
chevaux bais d7ndra. L'attention que je donne dans tout ce' livre à une mythologie qui me paraît avoir été trop négligée jusqu'ici, et qu'on pourrait appeler la mythologie liturgique, ne me fait pas méconnaître l'autre. Rien n'était plus naturel que de donner à une divinité guerrière un attelage de deux ou de plusieurs chevaux, et d'attribuer à ces chevaux la couleur brillante des phénomènes auxquels elle préside. Anvers II, 11, 6, les deux Haris d'Indra sont deux rayons du soleil, cf. I, 16, 1. Ailleurs ils sont appelés les Haris, les chevaux « du vent », IV, 16, 11 ; X, 22, 4 et 5, cf. I, 121, 12 ; Vm, 1, 11*. Ce n'est qu'après coup, et par une application particulière de la conception générale du sacrifice et de son action sur Indra, que l'attelage de ce dieu est devenu un attelage liturgique. Le pluriel, dans les formules où nous rencontrons cette conception nouvelle, s'expliquerait aisément par l'emploi fréquent du même nombre pour la prière et pour le Soma. Mais, en réalité, il n'a pas besoin d'une explication particulière, non plus que le nombre deux dont il est quelquefois rapproché dans une même formule, III, 50, 2. Le nombre deux, comme le pluriel, était donné par les formules qui s'appliquent aux Haris célestes, et on a pu dire du Soma seul, comme de la prière seule. H, 18,7, qu'il était « les Haris » ou « les deux Haris » d'Indra.
Je crois pourtant que le couple des Haris a quelquefois pris, dans l'ordre d'idées qui nous occupe, une signification propre. Mais j'insisterai moins sur la distinction possible de deux éléments difi'érents du sacrifice terrestre, comme le Soma et la prière, que sur celle de deux éléments appartenant, l'un au sacrifice terrestre, l'autre au sacrifice céleste. C'est ainsi du moins que j'expliquerai l'origine de l'épithète vivrata « suivant des lois difi*érentes », donnée aux deux Haris. Elle est appliquée aux deux Haris liturgiques dans les passages déjà cités, 1, 63, 2; X, 105, 2 et 4, où il semblé n'être question à la vérité que du sacrifice terrestre; mais c'est peut<être parce qu'elle est désormais consaerjée comme le nombre deusl lui-même. Au vers X, 49,2, en re^ vanche, la mention des deux Haris vivraiâ est précédée dé celle des races de la terre et du ciel (et des eaux) qui honorent Indra. Les Haris vivralds (au pluriel), X, 23, 1, peuvent être les Somas, cf. 2, des sacrifices accomplis dans les différentes
1. Le vers \^ 114, 9 parait leur attribuer une nature plus mystérieuse:' tf Qui conoait les deux Haris d'Indra ? »
parties de TunÎTers. C'est ainsi que Soma, considéré comme un être unique, a trente-quatre^ formes semblables quoique et soumises à des lois différentes », X, 55, 3. Les lois a différentes » que suivent le Hari du ciel et celui de la terre ne sont d'ailleurs qu'une même loi^ et, en réalité, comme le dit Tauteur des yersYIII, 12, 15, les deux Haris ne sont pas vivralà.
Demandons-nous maintenant quel peut être le sens précis des formules qui donnent les Somas pour chevaux à Indra, et plus généralement de toutes celles qui attribuent à ce dieu un attelage ou un véhicule liturgique. Ce sens peut être double. Ainsi c'est le sacrifice qui, par une de ces combinaisons de figures différentes auxquelles se complaisent les /tishis, est représenté au vers I de l'hymne II, 18 à Indra, comme un « char » ^ nouveau, attelé dès le matin , et conduit par « dix rames » qui ne sont autres que les dix doigts du sacrificateur. Les quatre jougs de ce char (que ses rames assimilent à un navire, cf, X, 44, 6), ses trois a fouets » et ses sept rênes sont autant d'allusions au sacrifice mythique accompli dans les diverses parties de l'univers ; et, en effet, le vers suivant rappelle les trois formes du sacrificateur par excellence, Agni, engendré par différentes mères et par différents prêtres, et qui n'est que sous sa troisième forme le sacrificateur de Manus (ou de l'homme). Or nous verrona ^ dans la suite du même hymne le suppliant multiplier les prières comme autant de couples de Haris pour lutter contre la concurrence que peuvent lui faire d'autres sacrificateurs, et les empêcher d'arrêter Indra chez eux. C'est là une pre^ miàre destination des attelages et des véhicules liturgiques* : Us amènent Indra sur le lieu du sacrifice. Ainsi, au lieu de représenter Indra lui-même comme une roue qu'Us font rou-
f . Voir I, p. S7t et II, p. 147, en note.
S. La figure du « char » est souvent appliquée au sacrifice. Les saget^ ayant fait le sacrifice, font rouler ce char avec la rie et le sâman (comme ehevaux), X, 114, 6. Les c rênes n du saériflce éveillent Tidée d*un char au vert X, M, é, et le char dont les prêtres sont invités à sdapter Teasieu et à diap^Mf les rânes, au vers X, 53, 7, doit être également le char du sacrifice. Le titre de « cocher de la grande loi p, donné à Agni, IV, 10, t, 8*6ZpK()ue dans le même ordre dldées. Voir encore la note suivante^ et la section consacrée à la prière. Le sacrifice est aussi comparé à un cheval, VII, 48, 2.
S. Plus bas, p. 285.
4. Au nombre de ces yéhicules est le char de la Dakshinà ou salaire du ftaerifice (voir I, p. 128), sur lequel montent totu les dieux^ I, 123. 1.
1er S ou comme un cheval quMls conduisent à l'abreuvoir de Soma, VIII, 17, 15, cf. Vàl. 1, 5, les /lishis assimilent quel* quefois les breuvages qui Tattirent à des chevaux qui ramènent, VI, 37, 1-2, cf. III, 50, 2; VIII, 4, 14. Mais d'un autre côté, le char du vers n, 18, 1 est aussi appelé un char « vainqueur ». Le sacrifice est un « navire » sur lequel, d'après le vers X, 44, 6, montent les sacrificateurs euxmêmes. C'est sans doute encore le sacrifice qui est représenté au vers X, 63, 10 comme un navire divin, et au vers X, 63, 14 comme un char « matinal » et « vainqueur », sur lequel leè sacrifiants veulent monter pour leur salut. Celui qui pense à la coupe «attelant les Haris », c'est-à-dire sans doute, celui qui n'oublie pas de l'offrir , monte ainsi sur le char qui conquiert les vaches, I, 82, 4. Enfin le vers X, 23, 2 qui mentionne la victoire d'Indra sur Vritra (ou sur les ennemis), en même temps qu'il assimile ses deux Haris « aux richesses qu'il a trouvées dans la cuve », c'est-à-dire au Soma, et le vers I, 63, 2 *, où on voit le chantre mettre dans les mains d'Indra la foudre qui doit lui servir à frapper l'ennemi, en même temps qu'il lui fait « goûter » les deux Haris, c'est-àdire encore le Soma, ces deux passages, dis-je, nous montrent que l'attelage liturgique d'Indra n'amène pas seulement le dieu au sacrifice, mais qu'il le conduit encore au combat, comme le sacrifice, pris dans son ensemble, conduit le sacrificateur lui-même au but qu'il poursuit. Au vers VI, 37, 3, les chevaux qui vont chercher Indra, c'est-à-dire les Semas, cf. 1-2, sont invités à le conduire « à la gloire ». Soma est « pour le mâle Indra » un cheval mâle qui conquiert un immense butin, I, 175, 1, dans les combats, cf. 2. C'est ainsi encore que le « char de la loi » sur lequel monte Brihaspati, c'est-à-dire le char du sacrifice, cf. IV, 2, 14, reçoit les épith êtes suivantes, II, 23, 3: « Brillant, '.errible, triomphant des ennemis, tueur de Rakshas, fendeui d'étables, conquérant de la lumière. » Citons enfin l'hymne I, 164, où le char dont la course symbolise l'ordre général du monde, dans le temps (vers 11 ; 48, cf. 12), et dans l'espace (vers II ; III ; XII; XIII)', semble bien représenter le sacrifice conçu sous sa forme la plus haute et la plus complète, le sacrifice accom-