Cf. plus haut, p. 129 et
pli à la fois dans toutes les parties de T univers (vers 2-3» comparés à 14-15 et 6-7*).
Ce n'est peut-être pas sans' allusion à Tidentification du Soma avec Tarme et avec les chevaux dlndra, que les /lishis emploient une même racine, miç, myaksh, miksh^, proprement « mêler )> ou « être mêlé », pour exprimer l'idée d'une relation étroite, d'une union intime du dieu avec le Soma» d'une part, et avec sa foudre et ses Haris de l'autre. Ainsi, nous voyons que le Soma, comme il se « mêle » aux vaches» m» 50, 3 ; IX, 61, 21, c'est-à-dire au lait, se mêle également» VI, 34, 4, ou est mêlé, X, 104, 2, à Indra, cf. IV. 29, 4. On dit aussi, en renversant les termes, qu'Indra est mêlé, c'est-à-
i. Voir particulièrement p. 143 et suiv.
S. La forme forte serait myaç; elle est devenue myaksh par Taddition à^xui s, Miç et miksh sont \e8 formes faibles correspondantes. L'existence d*ane forme meksh (daas le causal mekshayati et dans le mot mekshaoa) n*est pas plus surprenante que celle d'une forme mard « frotter » par exemple à côté de mrad. Je n*hésite pas à admettre une parenté des mots â-miç-hj ni-miç^ Uky êam'miç-la, avec toutes les formes verbales que M. Roth répartit entre deux racines différentes, myaksh et miksh, dont la seconde seule se rattacherait à la racine miç, la première devant signifier 4 être solidement établi », et que M. Grassmann rapporte également à deux racines, dont Tune aurait aussi la forme myaksh^ mais avec un sens tout différent, celui de « briller n, taudis que la seconde ue serait autre que la racine miA u arroser ». La grande majorité des formes en miksh sont unies à Tun des préfixes d, ni ou sam^ et il 7 a une relation évidente entre leurs emplois et ceux des trois mots cités. Les formes unies au préfixe â et le moi dmiçla ne se recontrent que dans un •eol et même hymne, aux vers VI, 29, 2-4. Les emplois des formes unies au préfixe sam, L 87, 6; 165, 1 ; V, 58, 5, sont tout à fait semblables à ceux du mot sammiçla (cf. particulièrement I, 64, 10; III, 26, 4; VII, 56, 6). Enfin on ne peut non plus méconnaître un rapport entre les emplois des formes unies au préfixe ni et ceux du mot nimiçla (cf. particulièrement VII, 20 4; VJII, 50, 18; 86, 8). Les emplois des formes en myaksh^ quoique peu nombreux, soffiflent pour nous révéler la parenté de ces formes, tant avec les mots comme nimiçla (cf. X, 41, 2 et VIII, 85, 3, d'une part, I, 167, 3; VI, 50, 5 et 1, 167, 6, cf. 5, de Tautre), qu*avec les formes en miksh^ (cf. les derniers passages cités et V, 58, 5, Rodasî étant assimilée à la prière des Maruts, voir plus bas, troisième partie; cf. encore VI, 11, 5 et VI, 34« 4, en rapprochant ayàmi de ni ayâmi). Or M. Roth a rapproché avec raison les mots âmiçla, nimiçla^ sammiçla du sanskrit classique miçra signifiant f mêlé à ». Ce sens permet de rendre compte de tous leurs emplois, en même temps que de ceux de toutes les formes verbales en myaksh et en miksh, et des formes nominales mimiksha et mimikshu (ainsi que du causal mekshayati et des mots mekshana « cuiller à mêler », cf. âmikshâ a mélange »). Le verbe a souvent le sens neutre a être mêlé, être uni », à Tactif* I, 165, 1 ; V, 58, 6; VI, 29, 8, cf. I, 167, 4, aussi bien qu'au moyen, I, 87, 6; X, 96,3, et sous la forme myaksh (actif aux vers 1, 167, 3; 169, 3; VI, 50, 5; X, 44, 2, moyen au vers VI, 11, 6) aussi bien que sous la forme miksh. Mais il a aussi le sens transitif, X, 104, 2 et passim. Le préfixe apa donne à la forme myaksha, au Ters II, 28, 6, le sens contraire d' a éloigner ». Les préfixes d, nt, sam, ne font que préciser avec des nuances diverses la signification du simple
dire intimement uni au Soma*, VI, 23, 1 ; Vin, 33, 4, ainai qu'à la prière, VI, 23, 1. Cette uuioû dlndra avec le Soma Gtst exprimée par les mêmes termes que Tunion dlndra c avec son héroïsme », VUI, 50, 18. cf. VI, 29, 2 ; X, 96, 3\ peutêtre parce que le Soma (comme aussi la prière) est la force d'Indra, et que le dieu se l'assimile, en fait une partie intégrante de lui-même. Or, on dit également que la foudre est .unie, littéralement « mêlée » aux bras dlndra, VIII, 85, 3 ; Xy 44, 2, cf. VII, 20, 4 ; VIII, 50, 18^ (cf. le Soma passant ,dans les membres, VIII, 17, 5, dans les bras, III, 51, 12, du dieu), et qu'Indra est « mêlé », uni à ses deuxHaris, I, 7, 2. Au vers VIII, 33, 4, les deux Haris et le Soma sont même expressément rapprochés dans une formule du même genre (cf. encore VI, 23, 1). Cet emploi si caractéristique* des mots formés de la racine miç, myaksh, mikshy s'expliquerait parfaitement pour une foudre et pour des Haris qui ne seraient que des représentations mythiques du Soma^.
L*objet auquel U sujet ou le régime direct du verbe est mêlé, uni, est eoof- -truit, tantôt à l'instrumental, I, i2, 3; 34, 3 ; 47, 4 ; 48, 16; S7, 6; 44S, S; 157, 4; 165, 1; V, 58^, 5; IX, 107, 6, tantôt au locatif, VI, 29,2; X 96,3, (cf. I« 64, 4, en corrigeant avec M. Grassmann mimrikshur en mimikÊàur)^ ou même au datif, X, 104, 2, cf. VI, 29, 3. Le régime des mots nimtiçiat sammiçia, mimifcsha, mimikshu^ se construit pareillement soit à rinstmmental, I, 64, 10; II, 36, 2; III, 26, 4 ; 50, 3; VII, 56, 6; IX, 61, 21; X, 6, ♦, soit au locatif, I, 7, 2; 166, 11; VI, 23, 1; VIII, 33, 4; 85, 3, soit aa dfttif, VIII, 50, 18. On trouve même Taccusatif avec des formes verbales acoompagnées du préfixe m, pour désigner, non pas Tobjet que le sujet « mêle » ou tt unit » à un autre, mais celui qu'il unit « à lui-même », bien que le verbe n'ait pas la forme moyenne, VII, 20, 4; VIII, 50, 18 (cf., avec le mojen,
1. Cf. le mélange, c'est-à-dire l'étroite union d*Agni avec le beurre, II, S, 11; cf. X, 6, 4, et celle du sacrifice lui-même avec la liqueur céleste qui en est la récompense, qui l'arrose, I, 22, 3, cf. 13 ; 34, 3; 47, 4; 142« 9; IX, 107, 6, cf. VIII, 10, 2 et I, 157, 4 ; VI, 70, 5.
2. Des formules analogues sont appliquées aux Maruts, I, 64, 10; 87, 6; 165, 1; III, 26, 4; V, 58, 5; VII, 56, 6. Au vers V, 58, 5, compares I, i«7, 3 et 6; VI, 50, 5. Voir la note ci-dessus.
3. Remarquez encore dans ce vers le rapprochement de sammiçla»
4 . Les mêmes mots prennent, il est vrai,un sens plus abstrait aux vers I, 48, 16 et I, 166, 11, où ils expriment Tunion de l'homme avec la « richesse» qu'il reçoit des dieux, et celle des Maruts avec le dieu Indra dont ils sont les compagnons. Mais ce sont là des emplois rares, et qui ne dlBdinuevt pas l'intérêt du rapprochement que nous avons tenté entre les formules ooneernant les Haris ou la foudre et celles où figure le Soma.
5. On pourrait croire aussi que c'est en qualité de sacrificateurs célestes, )>renant eux-mêmes leur part du Soma qu'ils offrent à Indra, que les Maruts lui disent u Ton arme est mêlée, unie à nous », I^ 169, 3. Il est dit ,S8ssi des Maruts qu'ils sont « unis » à leurs montures et à leurs armes , ef, I, .4^ 4, « par Iss sacriâces «, sans doute par les sacrifiées que leur offrait les homîses, U, t6, S.
0& peut citer encore dans le même ordre d'idées les passa- ;g68 qui font de la foudre, I, 33, 10, ou, ce qui revient au même, de la flèche, VIII, 66, 7, dlndra, un compagnon, un &Ui^> Smi» de ce dieu, cf. VI, 21, 7 ; X, 92, 7. Ces passages permettraient peut*être de prendre au propre le nom de « mâle » également donné à la foudre, VIII, 6, 6, et la personnification ^ de la foudre s'expliquerait bien encore par son identification avec Soma^.
Quoiqu il en soit, Soma figure souvent dans les hymnes, sous son propre nom, comme un allié dlndra dans ses combats. La liqueur qui enivre le dieu guerrier et « par laquelle » .11 triomphe de ses ennemis, X, 116, 3, est elle-même un . dieu. C'eist par la force de ce a dieu » que le « dieu » Indra a conquis tous les mondes, VIII, 81, 6, et fait couler les eaux du ciel, II, 22, 4, cf. 1.
On ne dit pas seulement en termes vagues que Soma a <L aidé » Indra II, 11, 11, le « briseur de forteresses », VI, 20, 3, à tuer Vritra qui avait enveloppé les grandes eaux, IX, .61, 22, cf, I, 187, 6, mais que le puissant* dieu Indu* a accompagné le puissant dieu Indra, II, 22, 1-3.
Soma est le compagnon, IX, 14, 4; 65, 12, cf. 88, 1, .r « ami », VIII, 48, 2 ; 51, 6 ; IX, 8, 7 ; 56, 2 ; 97, 11 et43; 101, 6 ; X, 25, 9, du dieu qu'il enivre, I, 4, 7, et monte avec lui sur son char, IX, 87, 9 ; 96, 2 ; 103, 5. C'est avec Soma pour «allié», cf. X, 55, 8, c'est grâce à r« amitié » de Soma, qu'Indra a frappé Ahi, épanché les eaux célestes, accompli ses diflerents exploits, IV, 28, 1-2. Naturellement, le Soma allié d'Indra pourra être le Soma céleste aussi bien que le .Soma terrestre. C'est ainsi qu'au vers X, 124, 6, le Soma en compagnie duquel Indra doit tuer Vritra, est invité par lui à « sortir» du séjour mystérieux* où il était caché. C'est
1. Cf. encore répithète uçant c bien disposée» donnée à la foudre d*Indra, ÎI, il, 6. La flèche qu'Indra prend pour a alliée », au vers VIII, 66, 7, a mille ailes* ce qui rappelle la flèche « revêtue de Toiseau », VI, 75, 11, dont nous avons reconnu rassimilation à Téclair (p. 182); mais elle a aussi cent •chevaux bais (seul sens possible de bradhna), ce qui Tassimile à un guerrier.
2. Au vers IX, 111, 3, si le personnage qui forme couple avec la foudre •est Indra, nommé dans le même vers, il sera naturel d'identifier la foudre à Soma, puisque c*est à ce dieu que Thymne est adressé.
S. SaiyQj qui, comme épithète d*un nom de chose, signifie souvent a efficace », parait signifier ici u puissant ».