‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 156 sur 335 · Voir encore plus bas, p. 271 et · texte numérisé non relu

Voir encore plus bas, p. 271 et

la relation qui existe, dans le sacrifice cëieste comme dans le sacrifice terrestre, entre les deux éléments essentiels du culte, \e Soma et la prière.

Dans les figures qui concernent les prières, les hymnes de louange adressés à Indra, on ne peut s'attendre à rencontrer des expressions aussi crues que dans celles qui décriyent ringurgitation du breuvage sacré. Il en est pourtant qui doi- Tent attirer notre attention. Nous passerons rapidement sur celle qui fait des hymnes de brillants vêtements dont on pare le dieu S V. 29, 15, ou un onguent dont il est « oint », VI, 69, 3 (cf. V, 39, 5), ou des liens * au moyen desquels on le garde en sa puissance, I, 61, 4. Mais il faut nous arrêter plus longtemps à celle qui assimile les prières à des épouses^ cherchant à le séduire ^.

Les prières, les chants caressent, embrassent Indra, comme des épouses embrassent leur commun époux, I, 62, 11, cf. 10 ; 186,7 ; X, 43, 1, et lui témoignent un amour qvi est payé de retour, uçatir uçantam^ I, 62, 11. Les chants s'élancent « insatiablesL » vers Indra, vers le ce taureau » qui est leur époux », I, 9, 4, cf. VI, 17, 2. On souhaite que les chants plaisent à Indra comme une femme à un homme amoureux, III, 52, 3 cf., IV, 32, 16. Les prières se parent pour Indra, leur antique époux, I, 61, 2, cf. III, 39, 1 et 2. Des allusions à la même image se rencontrent dans un grand nombre d'autres passages. Une formule comme celle du vers VIII, 69, 7. « La prière va au rendez-vovs d'Indra », rappelle celle du vers III, 39, 1 « La prière se dirige vers Indra son époux ». Quand le poète adresse cette invitation an chantre « Eveille V amant Indra », X, 42, 2, il pense évidemment à V amante qui ne saurait être que la prière chantée. Nous avons déjà^ expliqué dans le même ordre d'idées le

1. L*hymne de louange est aussi la parure des Aibhus, IV, 36, 7. La combinaison de cette figure avec celle qui fait de la prière une arme (voir cidessous), a pu donner, dans le style volontiers paradoxal et énigmatiqne des Kishis , la figure étrange : « Indra a frappé les ennemis avec de bcâvz vêtements », YI, 33,3. Il se peut aussi pourtant que dans ce passage atkaHh soit une faute pour arAlâth. Mais, en tout cas ce dernier mot désignerait les prières, et, non, comme le veulent M. Grassmann et M. Ludwig, les éclairs.

Page 1