‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 165 sur 335 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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6. La même comparaison est appliquée à d'autres dieux, IV, 1, 3; WUU 64,5.

7. Désignées par le terme d* « attelages des hommes »: Voir, p. 283.

8. Pùshan est aussi attelé comme un char & la prière; VI, 53,' 1 . Le prêtre attelle les Aerins à son invocation, VI, ^3, 4.

— isola prière ^>, comme une autre épithète qu*ils reçoivent égaleraent, brahma-yuj, VIII, 2, 27 ; 17, 2, cf. I, 177, 2; VIU, 1, 24, où le mot signifiant « parole » est remplacé par un terme plus précis signifiant « prière ». L'auteur du vers III, 35,4, insiste sur le sens de cette épithète en disant : « J*attelle avec la prière tes deux Haris qu'attelle la prière, » cf. VII, 23, 3, et répithète vaco-yuj est aussi développée au vers VIII, 87, 9, dans cette formule : « Ils attellent avec le chani au char d*Indra... les deux Haris qu'attelle la parole ». Ail* leurs, VIII, 45, 39, le prêtre se vante de « saisir» et, par conséquent, de diriger à son gré les*'deux Haris attelés par. la parole. Au vers I, 61, 16, les prières elles-mêmes reçoivent répithète hdriyojana^y a servant à atteler les Haris »y rappelant le nom de yojana, a instrument pour atteler », qui leur est donné au vers VIII, 79, 3, et la formule du vers I, 26, 13 : « Gotama, ô Indra, t*a fait cette prière nouvelle, à toi le dieu ancien, pour atteler tes Haris, hariyojandya. »

La figure qui fait de la prière k un cocher » dlndra me semble combinée aveQ' celle qui en fait une arme du dieu dans l'hymne X, 102.

M. Grassmann a complètement méconnu le caractère mythique et le style intentionnellement énigmatique de ce curieux morceau. Il é^ fait un « chant de triomphe après le combat». Un guerrier nommé Mudgala aurait remporté une victoire en compagnie de son épouse Mu4galànt, sur un char traîné par un taureau. Voilà déjà des détails asseii inattendus., Mais que dire de ces traits du vers V : « Ils ont fait uriner le taureau au milieu du oombat, » et du vers X l (( On ne lui donne ni herbe à manger ni eau à boire », et a II dirige »? Ce n'est pas tout encore. Si, au vers VI, nous laissons au mot nishpad son seul sens connu, nous trouve*» rons que les excréments de l'animal attelé au char « tombent surMudgalànî », cette femme de Mudgala qui aurait accompagné son époux au combat. Mais le passage décisif est le vers X, dont nous n'avons encore cité qu'une partie, celle dont M. Grassmann lui-même n'a pas essayé d'atténuer la

1. J*interprète de même Pépithète mnno-yuj « attelé par la pensée », appliquée aux chevaux d*AgDi, I, 14, 6, de Vàyu, IV, 48, 4, cf. I, 51, iO, desAçvioi, V, 75, 6, et au char de ces derniers dieux, VIII, 5, 2 (cf. VIII, 18. t6; IX, 100, 3). Il est dit encore du même char, aux vers VI, 49, 5; VII, 69, 2, qa*il est attelé par la pensée, et Tauteur du vers VIII, 5, 34 lui donne l'épiCkète anugdyat, cr qui obéit aux chants ».

S. Si on admet la correction dont il a été déjà question plus haut, p. S55.

bizarrerie. Ici, nous n'avons pas seulement à signaler un langage ënigmatique : nous trouvons une énigme, formellement proposa comme telle : « Qui a vu cela? » Et quel est le paradoxe, faisant le fond de toute énigme, que le poète annonce ainsi : « Celui qu'ils attellent, ils le mettent dessus » (sur le char) ^ ; ils ne lui apportent ni herbe ni eau ; placé au-dessus du joug, il traîne en dirigeant »? Ainsi, voilà un être qui ne mange, ni ne boit, et qui est tout ensemble attelé au char et monté sur ce char, attelage et cocher. Le para* doxe, d'ailleurs, n'est pas nouveau pour nous. Nous avons eu déjà l'occasion de citer cette formule^ de la rapprocher d'une formule analogue, I, 164, 3 ^ et de l'expliquer par une de ces combinaisons, chères aux Tlishis, de deux figures différentes appliquées à un même personnage mythique. C'est ainsi encore que, au vers VI de notre hymne X, 102, le cocher d'Indra ^ reçoit l'épithète keçin, éveillant l'idée d'un cheval « à la longue crinière ». C'est ainsi enfin que, au vers VIII, le taureau qui s'attelle lui-même au joug est représenté « portant l'aiguillon^ ». Agni, Soma, et les prêtres auxquels Agni et Soma servent de modèles, sont tour à tour des chevaux, des taureaux, ou, plus généralement, des attelages qui traînent le char du sacrifice^, et des cochers qui le conduisent.

1. Cf. V, 56, 8; 60, S, et I, 35, 4'; 183, 3; IJ, 12, 8; 23, 3.

%. h P' SS9.

4» C'est tans doute Indra qui est désigné par le mot obscur kakardu : car c*Mt pour ladra que le taureau est attelé en même temps que pour son favori Mudgala. C'est sans doute aussi Indra qui est célébré au vers IV, •t non U taureau qui traîne le char. L*épithète mushkabhàra convient très bien à Indra qui est tahatrnmushka^ VI, 46, 3, et il n*y aurait pas dans le Dig-Veda d'autre exemple du mot bâhM dans le sens de a pied de deTint »• Je fais de kûiam, non le sujet de eti, mais le régime de trimhnt : eé n'est pas une « corne » qui brise, c'est un « sommet » qui est brisé. L* € étang» que boit Indra est, naturellement, un étang céleste.

5. Aihtrâvin* Il ne semble pas que ce mot puisse signifier, comme le Tent M. Qratsmann, a obéissant à Taiguillon ». M. Ludwig parait chercher dans la forme ashxrdvl un composé de vt « goûter » ; mais cette interprétation semble peu satisfaisante. Nous devons, dans un hymne d*un tour auasi évidemment ^igmatique, chercher les paradoxes, au lieu de iesfnir.

6. C'est ce char qui reçoit, au vers I de notre hymne, Tépithete mithûkrita « fait de travers» (ou mithûknt « qui fait de travers (?) » J, cf. 1, 16S, 20, T. Br., III, 7, 11, 5. Indra est prié d*aider le char du suppliant, mémo s*il est défectueux, c'est-à-dire d'exaucer son sacrifice, même si quelque faute a été commise dans Taccomplissement des rites. Le vers XTI, d'après lequel Indr» triomphe, soit avec un allié mâle, soit avec un allié eunuque, fait peut-être allusion à la même idée. Cf. encore la t mauvaise roue i du vers XI.

£a combinant. les deux figures, les poètes védiques en font des chevaux ou des taureaux montés sur le char» ou des cochers attelés eux-mêmes au char qu*ils conduisent, et ils tirent de cette combinaison une énigme qu*ils proposent comme une merveille à expliquer : a Qui a vu cela ? » Ici, l'animal dont il s'agit, puisqu'il ne mange ni ne boit, doit représenter Soma. Le trait du vers VIII, d'après lequel cet a époux des vaches » (vers VII) « a pris des forces en voyant les vaches », convient aussi très bien au breuvage sacré : on se rappelle les nombreuses formules concernant les rapports de Soma avec les vaches. Dans le même vers, les éfithètes kapardin\ cî. VI, 55, 2, etashtrdvin,^, cf.. VI,. 53, 9, et 58, 2, données au taureau qui s* attelle lui-même, font songer à Pûshan, dont nous constaterons plus tard ridentiflcatipn à Soma. Enfin, Tétroite relation du breuvage sacré avec la prière explique celle que notre hjmne établit entre le taureau et Mudgalânî.

C*est en effet cette Mudgalânî qui me parait y représenter la prière. Céjà dans Thymne X, 86, nous avons cru reconnaître la prière dans le personnage d'Indrâr/î, qui recevait* outre ce nom, celui de Vrishâkapâjî^ Epouse dlndra, elle était aussi Tépouse de Tami dlndra, du sacrificateur Vrisbâkapi représentant Soma. Or, le Mudgala de Thymne X, 102* a tout Tair de n'être qu'une doublure de Vrishâkapi. Son nom, probablement identique au mot mudgara « marteau », désignerait le Soma comme arme d'Indra, en sorte que , au vers IX, le Soma serait représenté trois fois : par le taureau dont il a été question tout à l'heure, par la massue a compagnon de ce taureau », et par Mudgala lui-même qui, avec cette massue, a conquis dans le combat des milliers de vaches : les trois figures, $iu lieu d'être réunies dans une combinaison monstrueuse, auraient là donné naissance à trois êtres ou objets distincts, quoique représentant un seul et même être mythique. Mudgalânî serait donc elle-même une doublure de Vrishâkapâyî et représenterait, comme elle^ la

1. Cette épi thé le ne saurait, en tout cas, convenir à un taureau réel. Le kapardin est nécessairement un prêtre portant la tresse de cheveux nommée kaparda, cf. VII, 83, 8, ou une divinité liturgique, ayant comme telle les attributs des prêtres.

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