Mémoires de la Société de ihiguisiique^ IV, p. 98 et
5. Sur remploi de la racine i^u,uv«c ou sans ;{t, pour éveiller Tidée qui est exprimée par le mot niyuty cf. VIII, o, 13 et 19, 33 (voir I, p. VI, en nota).
6. Et à Âgni, I^ 127, 8, à Indra et Agni, VI, 59, 10. Cf. encore Tépitliète yajna-vùhas, donnée à Indra, VIII, 12, 20, à Indra et Vâyu, IV, 47, 4, aux Acvins, I, 15,11, aux Maruts, I, 86, 2.
frande », comme l'entendent MM. RothetGrassmann, ni directement a hymne de louange », comme le veut le Nirukta,, mais bien « attelage ^ ». Les composés signifient donc « qui a pour attelage rhymne, léchant, la prière ». Cette interprétatioa me parait mise hors de doute par les rapprochements suivants. D'une part, on trouve à côté des composés déjà cités le composé sitiâhu-vàhas , appliqué aux Âçvins, V, 75| 2, etdonMe premier terme signifie (c rivières ». De l'autre, BOUS voyons le superlatif vàhistha a qui traîne » ou ce qui charrie le mieux » appliqué tour à tour au char des Tlibhus,
VII, 37, 1, ou des Açvins, VIII, 26, 4, à l'hymne considéré comme un char ou un attelage qui doit charrier ou traîner soit Indra^ VI, 45, 30, soit Agni, V, 25, 7, soit les Açvins,
VIII, 5, 18 ; 26, 16, enfin à la « rivière » qui porte les Açvins, ibid. 18. J'en conclus que, dans le composé sindhu-vàhas, la rivière qui porte ces mêmes dieux est appelée leur attelage et que, dans les autres composés de vâlias ^ la même figure est appliquée aux prières, ou, plus généralement^ aux éléments du culte. Ces composés sont aussi des épithètes des prêtres, I, 5, 1; IV, 32, 12; VIII, 12, 13; 88, 1, qui font de leurs prières un attelage pour Indra, et au vers VIII, 4, 2, on dit en même temps de ces prêtres qu'ils a amènent » Indra (c avec leurs prières ». Les auteurs des vers I, 139, 6 ; VI, 59^ 10, insistent également sur le sens des composés girvdhas, uklha-vâhas appliqués à Indra, à Indra et Agni, en exprimant le vœu que ces dieux descendent «par l'effet des prières ». Au versl, 101, 9, Tépithète brahma-vdhas est rapprochée de niyulvanl « qui a un attelage » et semble la préciser. Ailleurs, ce sont les prêtres eux-mêmes qui sont comparés à des chevaux, VI, 24, 6, en même temps qu'Indra reçoit l'épithète gir-vdluis « qui a pour attelageles prières », ou bien laflgure du char et celle de l'attelage sont combinées dans cette formule, I, 61, 4 : « Je t'envoie cet éloge comme un charron enverrait un char, — et des chants, à toi qui as pour attelage les
1. Je préfère maintenant ce sens à celui de a char » auquel je m^étais précédemment arrêté (Mémoires de la Société de lingxiùlique, IV, 104, et note 6) surtout à cause du vers IV, 44, 1, où Tépithëte girvâhas est donnée au char desAçvÎDS, et à cause des composés vipra-vâhas et nri-vâ^as^ dont Tun, possessif^ est appliqué aux Açvins, V, 74, 7, « qui ont pour attelages les prêtres» (cf. I, 147), et l'autre, simple composé de dépendance, est appliqué SOI chevaux d'Indra eux-mêmes, I, 6, â, a qui sont Tattelagedu héros ».
2. Y compria !/ojna-v fi hns y III, 8, 3; 24, 1. Citons encore le composé mnktu'vâhas dans le passage obscur V, 18, 2 : on en peut au moins rapprocher le vers VII, 37, 1, où Tépithète amrikta est appliquée à un char.
chants. » Le mot vdhas est aussi employé en dehors des composés. Le vdAiu avec leqael le mortel pienxa atteint» loB biens qu'il désire, m, 11,7, est évidemment le vdAw de la loi, c'est- J à-dire du sacrifice, VIII, 6, 2. Il ne diffère pas' du vàhoê quq lesKuçikaa ont fait pour Indra « avec leurs prières » , III, "'" 20, c'est-à-dire des prières elles-mêmes. Onditeu célébrani Indra a Puissions-nous faire un vdhat qui lui jilaise ! III, 53, 3, comme on dit : « Puisse notre hymne être celui qui le traîne le mieux ! vdhtsiha, a VI, 45, 30. Enfin , l'auteur ^ du vers X, 39, 3 se demande comment sa prière pourra être un tâhas qui le fasse descendre. Dans tous ces passages, i« motvâhas exprime la même idée qui est exprimée aa ven VII, 24, 5 par l'infinitif vàhe, de la même racine vah : « Cet hymne a été attaché au joag comme un cheval pour traîner le puissant Indra '. n
Il nous reste à citer la curieuse formule, déjà annoncée plus haut' , où la figure qui fait de la prière un char ou qd attelage d'Indra est combinée avec celle qui en fait une épouse du dieu. L'hymne X, 32, à Indra, où elle se rencontre, renferme plusieurs énigmes, et le vers III, à lui seul, en contient deux dont la seconde seulement doit nous occuper ici. « Ceci 1) , dit d'abord le poète, « me semble la merveille des mei^ Teilles, que le fils connaisse la naissance ie ses parents ». Sa pensée est évidemment que pour « connaître la naissance n de ses parents, il faut que le fils y ait assisté, c'est>^-dtre qu'il soit né avant eux. C'est là un de ces paradoxes qui nous sont familiers. Il rappelle le mâle, Agni on Soma, à la fois fils et père des deux mondes ^. Nous ne le relevons qne comme une sorte d'introduction au paradoxoi suivant : « La femme emmène son époux avec des chants ; c'est pour le mari que le beau cortège nuptial est préparé, n Pour bien comprendre cette formule, il faut songer que le verbe vokmti et le substantif vahatub désignent l'acte du mari emmenant sa nouvelle épouse. Ici, c'est, au contraire, la nouvelle épooae qui emmène son mari. La traduction latine exacte serait: iixor ducit marilum. Et quel est ce mariage à rebours f
I , Il M pourrait bien qua U mot oha eât la méma ctjinolosia et l« mtm» sens i]iie vd/ias. On envoie lei prières comms oha à [nttra, I. 6i, 1, et l'épitlièle oha-àrahman, appliquée kux prêtres, X, 71, B, rappelle l'épilbète ir«Ainaiitlliiii ; ce serait grâce à cet attelage ou ù ce cliar de lu prière que lei prétrM ainsi qualiSés devanceraient tous les antres.