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t. Plus haut, p. il).
est dit aussi dans une formule encore plus brève, que c'est par Soma que le Navagva « ouvre », IX, 108, 4.
Mais ce Soma auquel les Navagvas et les Daçagvas ont dû leurs succès est celui qu'ils ont offert à Indra en y joignant des hymnes de louange, V, 29, 12, cf. I, 62, 4. C'est en rendant ces honneurs au dieu guerrier, cf. VI, 22, 2, qu'ils ont ouvert l'étable fermée des vaches, V, 29, 12.' Ils forment son armée et mettent en fuite les démons, I, 33,6. lis sont les amis avec lesquels Indra a été à la recherche des taches, a trouvé le soleil qui séjournait dans les ténèbres, m, 39, 5, cf. 4, a brisé la montagne céieste, I, 62^ 4. Un écho affaibli de ce mythe se retrouve encore dans la formule du vers YIII, 12, 2 : Indra, grâce à l'ivresse produite par le Soma, a aidé le Daçagva. Gomme les Navagvas et les Daçagvas, c'est-à-dire comme les neuf et les dix prêtres, les sept prêtres, associés aux Navagvas au vers VI, 22^ 2, ont accompli leurs exploits en compagnie d'Indra. C'est dans un hymne à Indra qu'ils sont célébrés pour avoir fait sortir delà forteresse où elles étaient prisonnières les vaches aurores, m, 31, 5, cf. 4. Ils sont eux mêmes sortis du ciel, a engendrés par Indra », IV, 16, 3, comme la lumière que leurs chants ont fait briller, ibid. , 4 : car ils se confondent, en qualité de représentants du feu ou du Soma céleste, avec les phénomènes lumineux dont ils déterminent l'apparition *.
Dans d'autres formules, les alliés anciens d*Indra, VI^ 21, 8, cf. 5, ceux qui ont a trouvé en lui » tous les biens, VII, 18, 1, reçoivent seulement le nom générique de Pitris. Ou bien la désignation est plus vague encore, en sorte qa*on ne voit plus même si les « compagnons », X, 22, 11, les (c amis », X, 73, 5 et 6, avec lesquels il a accompli ses exploits sont conçus comme des ancêtres des hommes. Le nom nri donné aux personnages avec lesquels il a conquis, VIII, 46, 8, ou selon l'expression du vers III, 31, 15, « engendré » la lumière, le soleil, l'aurore et Âgni, signifie, non pas « homme », mais « héros », et pourrait très bien s'appliquer à des dieux. Les amis a mugissants » avec lesquels Indra a gagné des richesses, I, 30, 16, les amis « blancs » ou (c brillants i» avec lesquels il a conquis le soleil et les eaux^ I, 100, 18, paraissent bien représenter des phénomènes ce-
1 . Les fiishis en compagnie (lesquels Indra est invoqué au vers I, 23 , i4, sont sans doute aussi les iept ftishis. Même observation sur les Aishis (t dans le séjour desquels » Indra est célébré, X, 22, 1.
lestes. Peu nous importe du reste; car c'est aussi par le sacrifice que les dieux concourent aux œuvres dlndra * . De même que les ancêtres réels se confondent avec les ancêtres mythiques, les ancêtres mythiques semblent n'être, dans un grand nombre de formules, distingués que par le nom de ceux des alliés du dieu guerrier dans lesquels domine le caractère divin. Les rapports que nous aurons à constater entre Indra et les Maruts, par exemple, ressembleront singulièrement à ceux que nous allons reconnaître entre le même dieu et les Ângiras.
n eat temps, en effet, d'en venir au sujet principal de ce par^raphe et d'étudier dans ses détails le mythe de l'alliance des Angiras avec Indra. Remarquons d'abord qu'Indra est lui-même appelé l' Angiras par excellence, I, 100, 4; 130, 3*. n reçoit ce nom, non pas comme Agni en qualité de père et de prototype, mais en qualité de chef et de patron de la troupe des Angiras. C'est lui, en effet, qui ouvre pour eux rétable, I, 51, 3; 132, 4, qui fend la caverne et fait sortir pour eux les vaches cachées, VIII, 14, 7-8, cf. VIII, 52, 3. Bien entendu, les Ângiras n'ont pas été seulement les bénéficiaires, ils ont été aussi les compagnons des exploits dlndra. Le dieu guerrier a fendu la caverne, ouvert les portes aux vaches pour les faire sortir de leur solide étable, « accompagné des Angiras», II, 11, 20; VI, 17,6. «Les jeunes gens» avec lesquels, d'après le vers ni, 31, 7, a triomphé un Angiras qui paraît n'être autre qulndra, sont sans doute la troupe même des Angiras qui a ici abandonné son nom à son chef. Et comment les Angiras ont-ils coopéré aux exploits d'Indra ? C'est ce que plusieurs formules nous disent expressément. Indra a fendu la caverne et ouvert les forteresses de la montagne, II, 15, 8, brisé les étables, IV, 16, 8, violé les lois^ de la grande mer, X, 111^ 4, délivré la plante (le Soma) avec le soleil, l'aurore et les vaches, I, 62, 5, lorsqu'il a été « chanté par les Angiras ». « Après avoir goûté leurs hymnes », il a « volé» les aurores avec le soleil,
1. Voir p. 234, 238, etc. Il faut rapprocher particulièrement des formules etodiées daûs ce paragraphe les vers X, 74, 14 sur le chant des dieux immortels qui, en invoquant Indra, ont fendu Tétable des vaches, et le vers IV, 2, 17 oii les dieux, après les pères, cf. 16, sont représentés assiégeant rétable des vaches en a attisant Âgni et fortifiant Indra. »
2. Peut-être est-ce lui qui est désigné, aux vers III, 3i, 7; V. 45, 7, par le nom d* Angiras.