‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 213 sur 335 · Voir p · texte numérisé non relu

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à rétymologie de son nom ? La chose est possible. Mais le nom de Dabhîti peut aussi s'expliquer, et parait en effet avoir 0té interprété par les /îishis d'une autre façon. Il est dit en effet au vers X, 113, 9, que pour Dabhîti, c'est-à-dire pour le trompeur, Indra lui-même <c trompe » Dhuni et Cumuri. Le dieu trompe les démons, comme ailleurs il les enveloppe, comme il «lie» les Dasyus «sans corder pour Dabhîti, c'est-à-dire en somme qu'il leur fait subir le traitement qu'ils ont eux-mêmes coutume d'infliger. L'assoupissement des démons est un détail qui s'accorde aussi avec l'idée générale d'un succès obtenu par la ruse, et qui doit profiter à un personnage dont le nom signifie « trompeur ».

D'après le vers II, 15, 4, Dabhîti avait été « enlevé ». Si, comme tout porte à le croire, les auteurs de l'enlèvement sont encore des démons, celui qu'ils ont enlevé doit être lui-même uq personnage mythique, et la formule trouve en effet une explication toute naturelle dans l'identification de Dabhîti avec le feu céleste. Dabhîti ne différerait donc pas du « feu allumé », dans lequel Indra brûle les armes de ses ennemis. Mais il n'y a là rien qui puisse nous étonner. Dans les combats célestes, le prix de la victoire en est souvent aussi l'instrument. Il ne serait pas impossible qu'un souvenir de la nature ignée de Dabhîti nous eût été également conservé au vers VI, 20, 13, où nous voyons qu'il « brille » lorsque Indra a endormi Dhuni et Cumuri. C'est d'ailleurs l'un des passages où, ainsi que tant d'autres personnifications du feu, il est représenté comme un sacrificateur.

§ XII. - Pr/Ru.

Le nom do Pûru désigne le sacrificateur et le protégé d'Indra dans plusieurs formules tout à fait analogues à celles où figurent, dans les mêmes conditions, des personnages dont nous avons reconnu le caractère mythique. Il est accompagné de répithète iyakshu « qui sacrifie volontiers » au vers X, 4, l. Ailleurs, ii désigne le protégé auquel Indra a ouvert l'espace, I, 63, 7, en frappant Vritra, IV, 21, 10; VII, 19, 3, celui pour qui les forteresses ont été brisées par Agni, VII, 5, 3, et plus ordinairement par Indra. Au vers I, 130, 7, les forteresses brisées par Indra pour Pûru sont au nombre de

quatre-vingt-dix, et de plus la-mention du démon Çambara ne permet guère de douter qu'il s'agisse d'un exploit mythique. Le nom de Çambara est encore rapprocliê de celui de Pùni au vers I, 59, 6, où c'est Agni qui triomphe du démon. Enfin aux vers I, 131, 4, et VI, 20, 10, où figure encore le nom ds l'ùru, les forteresses, les sept forteresses brisées par Indra, reçoivent l'épithète çàradi donnée égak'ment au vers I, 174, 2. aux sept forteresses d"uù Indra fait couler les eaux. Cette qualification du reste suffirait à elle seule pour nous révéler leur nature céleste'.

Dausles derniers passages cités, c'est-à-dire aux vers I, 59, 6; 131, 4 et VI, 20,10. le nomde/Htrwest au pluriel. Ce ne serait. 1 pas une raison de refuser au mot Pûru le caractère de nom pro- ' pre, soit dans les ci tationsprécédentes. soit même dans celles-ci. Les Punis, en ofi'et, peuvent être une race dont Pftru est le chef. Autre observation : les Punis paraissent bien être une race réelle, terrestre, humaine, au vers VII, 96, 2, où ils sont représentés habitant les deux rives de la Sarasvati, qui, malgré l'épithète « amie des Maruts». semble bien être elle-métne dans ce passage la rivière terrestre ainsi nommée. J'en dirai autant des Pûrus auxquels Indra s'adresse au vers X, 48, 5, pour leur promettre son secours s'ils lui offrent le Soma. L'emploi du présent dans deux des passages cités, I, 59, 6 et VI, 20, 10, suggère la même conclusion. Mais il ne suit pas de là que le chef de la race, que Pùru ait été pareillement un personnage réel. Bien d'autres races ou familles védiques dont on ne peut nier non plus l'existence réelle n'en ont pas moins un ancêtre mythique. La race des Pûrus, toutefois, donne lieu à une remarque particulière.

Le nom de Pftru doit avoir eu une autre fonoe, pùnu, dont le mot pttrusha, primitivement ' ptïruska, aura été dérivé, comme manuaha l'a certainement été de la fonne manw, qu'on rencontre en effet pour le nom de Manu. Or, puruaha signifie u homme » comme manuslia '. On peut

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