Usrâh. Cf. I, p. 316, note
8. Littéralement « en urinant par le cheval •. Mais cf. I, 64, 6 ; 85, 5; V, 83, 6«
78, 3, et aux cuillers, VI, 66, 10, c'est-à-dire aux flammes du feu, au trait du sacrifice, ibid., c'est-à-dire encore au feu, cf. I, 166, 1. On dit aussi qu'ils ont la forme d'Agni, X, 84, 4, l'éclat d'Agni, III, 26, 5. On leur donne même expressément le nom de feux, III, 26, 4, cf. 6 et X, 35, 13. Comme Agni, ces «sangliers» célestes ont des «dents » de fer, I, 88, 5. L'auteur du vers V, 87, 3, en même temps qa'il les compare à des feux, paraît leur attribuer en propre 1'*. splendeur de l'éclair. Ils sont au vers VII, 56, 13, compains à des éclairs brillant à travers (littéralement avec) lesplu*-:^*?, cf, I, 39, 9, C'est là décidément, pour des dieux qui prennent la pluie comme vêtement, ou, suivant une autre image, qui traversent les rivières, I, 38, 11, ou la mer, I, 167, 2; 168, 6, cf. V, 55, 5, avec leurs rayons, I, 19, 8, ou encore qui brillent dans les montagnes (les nuages), VIII, 7, 1, une de ces comparaisons védiques qui équivalent à une identification pure et simple. Le vers II, 34, 2, où les Maruts sont comparés pour leur éclat à des cieux étoiles, renferme cette expression hardie, que nous avons eu déjà l'occasion de citer *: « Ils ont éclairé comme les pluies du nuage. » Autre détail important à noter dans le même passage : c'est au moment où ils naissent de Rudra et de Priçni, que les Maruts se manifestent ainsi par la lueur des écJairs. Enfin le rapprochement des vers VI, 47, 28 et VIII, 85, 9 ne permet pas de douter que la foudre d'Indra, c'est-à-dire l'éclair, ait été appelée « la manifestation des Maruts».
Il n'est pas jusqu'aux nuages mêmes qui ne puissent être représentés par les Maruts. Du moins ceux-ci sont-ils comparés, d'une part aux eaux qui suivent leur pente, X, 78, 5 et 7, cf. V, 60, 3, d'autre part à des cavernes, I, 168, 2, à des montagnes, I, 64, 3 et 7, à des montagnes dans le ciel, V,87, 9, qui ne peuvent être que les nuages. Au vers I, 64, 7, ils sont comparés à la fois à des montagnes et à des éléphants qui ravagentles forêts, et cette image, en même temps qu'elle exprime l'efiet de l'ouragan, peut éveiller aussi l'idée des nuages épais qu'il amoncelle.
Remarquons à ce propos que les chevaux des Maruts, que nous avons vus vne fois identifiés aux vents, V, 58, 7, pourraient encore, comme ce cheval unique que les Maruts font uriner, représenter les nuages. Les eaux elles-mêmes, les rivières célestes qui s'épanchent, ne sont-elles pas, au vers
7 de l'hymne V, 53 aux Maruts, comparées à des chevaux? D'ailleurs, des divers chevaux, I, 88, 2; V, 57, 4, cf. I, 85, 6 ; 171, I ; V, 55, 1 ; 57, 2 ; 58, 1 ; 61, 2, ; VIII, 7, 27, ou plus généralement des divers attelages ou des diverses montures que les hymnes attribuent aux Maruts, V, 56, 6 et 7, les plus caractéristiques, avec les animaux dont le nom est au masculin eta, 1, 169, 6, et au féminin eni\ V, 53, 7, senties cavales tachetées, prwAafi, 1, 37, 2 ; 39, 6; 85, 4; II, 34, 3 ; III, 26, 4 ; V, 55, 6 ; 57, 3 ; 58, 6; VIII, 7, 28, cf. kilàsi, V, 53, 1, les a célèbres» cavales tachetées, V, 60, 2, qui ont valu aux Maruts Tépithète pvishad-açva *, Or ces cavales « tachetées » ne peuvent guère représenter que les nuages. Ajoutons que les chars des Maruts, que nous avons vus plus haut identifiés aux éclairs, sont représentés ailleurs portant des vases pleins d'eau, I, 87,2, et doivent peut-être alors être identifiés aux nuages. D'autre part, les chevaux que les Maruts a arrosent», II, 34, 3, en obscurcissant leur propre éclat, V, 59, 1, représenteront plutôt les éclairs, ainsi que ces cavales ou ces chevaux brillants, rouges, bais ou de couleur d'or, qui leur sont attribués en d'autres passages, 88, 2 ; V, 56, 6 ; 57, 4. Même observation pour ce cheval unique^ des Maruts, qui est rouge d'après les vers I, 39, 6 et VIII, 7, 28, et, d'après le vers V, 56, 7, à la fois brillant et bruyant. Ajoutons qu'au vers V, 59, 1, a l'espion «hennissant » des Maruts paraît être encore l'éclair.
Ainsi les attelages ou les montures des Maruts semblent représenter tour à tour les vents, les nuages et les éclairs. C'est une raison de plus de croire que les Maruts peuvent représenter les nuages aussi bien que les éclairs et les vents. Le principe de l'identité essentielle des personnages mythiques avec leur attributs en général, et particulièrement avec leurs montures ou leurs attelages, trouve ici sa confirmation dans le fait que les Maruts, non seulement sont comparés
1. Le mot eaOt enl, avec la célébrale, a signifié plus tard antilope.
2. Voir Grassmann, s. v. C'est ce composé qui prouve, en dépit des deux passages où il est dit que les Maruts prennent les pcishaii pour chevaux, V, 55, 6; 58,6, que ces pmAafj sont elles-mêmes des cavales. Le premier terme ptisliat n'y peut être, en effet, puisqu'il ne porte pas le signe du féminin, qu'un adjectif se rapportant au second terme. Celui-ci, *au contraire, comme second terme d'un composé possessif, peut être le féminin nnvA « cavrle »,
3. C'est probablement à ce cheval qu'il est fait allusion dans le nom propre mârutfiçva u qui a pour cheval le cheval des Maruts », V, 33, 9. (Cf. le mythe de Pedu et les autres mythes analogues dans le chapitre consacré luix Açvins.)
à des attelages, V, 52, 11 ; X, 77, 5, à des chevaux, I, 85, 1 ; V, 59, 3 et 5; VII, 56, 16; X, 78, 5, et aux animaux appelés eta, V, 54, 5; X, 77, 2, mais reçoivent eux-mêmes ce derniernom, I, 165, 1 ; 169, 7, ou sont considérés comme attelés, I, 169, 2, comme s' attelant d'eux-mêmes, 1, 168, 4. Us sont aussi comparés à des oiseaux, I, 85, 7; 87, 2; 88, 1 ; 166, 10 ; V, 59, 7, cf. I, 85, 6, à des aigles, I, 165, 2; VIJI, 20, 10 ; X, 77, 5, à des oiseaux d'eau, II, 34, b, ou sont directement appelés des aigles, VII, 56, 3, et des oiseaux d'eau,
VII, 59, 7; X, 92, 3, tandis qu'ailleurs ils sont portés par des oiseaux, V, 53, 3, qui ne diffèrent pas d'ailleurs de leurs chevaux a au vol rapide », I, 85, 6, et peuvent représenter les mêmes phénomènes. On remarquera particulièrement, à l'appui de l'identiâcation des Maruts oiseaux aux éclairs, le vers I, 166, 10, où il est dit que les Maruts répandent leur éclat comme des oiseaux étendent leurs ailes.
Les vents, les éclairs et les nuages ne composent même pas encore une liste complète des phénomènes auxquels les Maruts empruntent leurs attributs ou qu'ils représentent euxmêmes dans la mythologie védique. Leurs fonctions divines, en effet, ne sont pas rigoureusement limitées aux phénomènes météorologiques et s'étendent encore auxphénomènes solaires, particulièrement à ceux du lever du jour. Ils viennent à l'appel du prêtre, non seulement de l'atmosphère, mais du « ciel », V, 53, 8, et ils ouvrent la route au soleil, VIII, 7, 8. On sait qu'Agni, auquel ils sont comparés ou même identifiés, est lui-même identifié au soleil aussi bien qu'à l'éclair, et certains ornements ou certaines armes des Maruts pourraient représenter, aussi bien que les éclairs, le soleil ou ses rayons; car ils reçoivent au vers VII, 59, 11, l'épithète sùrycUvac qu'on peut entendre en ce sens qu'ils se revêtent des rayons du soleil. Eux-mêmes sont comparés, non seulement aux éclairs, ou aux feux en général, mais à des soleils, I, 64, 2, cf. V, 55, 4 ; 59, 3, aux rayons du soleil, V, 55, 3. Il est vrai que le soleil peut aussi jouer un rôle dans l'orage. Au vers
VIII, 7, 22, dans une énumération des objets que les Maruts font « pièce par pièce », il est rapproché des eaux et de la foudre. Les passages qui nous montrent les Maruts chassant l'obscurité, VII, 56, 20, et faisant la lumière, I, 86, 10, peuvent aussi s'expliquer dans le même ordre d'idées. Mais au vers X, 78, 7, cf. 77, 5, c'est aux rayons des aurores mêmes que les Maruts sont comparés, et, ce qui est plus signi*
ficatif, nous lisons ailleurs que les Maruts brillent au sortir des nuits, X, 77, 2. Ils sont les « brillants » avec lesquels l'aurore « ouvre » les nuits, II, 34, 12. Le rapprochement de ces deux derniers passages, et surtout du vers V, 52, 3, portant que les Maruts franchissent les nuits, pareils à des taureaux, permettrait peut-être d'identifier aux Maruts les taureaux, si- beaux à voir, avec lesquels brille l'aurore, VII, 79, 1, cf, VI, 64, 5. Il est probable en tout cas que dans l'hymne I, 6, les troupes chéries d'Indra, 8, qui attellent à son char les deux haris S 2, sont les Maruts. C'est l'interprétation de l'Anukramanî, et cette interprétation est confirmée par l'emploi, au vers 3, du mot maryâhj qui désigne ordinairement les Maruts ^, et la comparaison du vers 4, « ils sont, selon leur coutume, redevenus des fœtus, en prenant la forme sous laquelle ils doivent être honorés par le sacrifice», avec le vers X, 73, 2, où les Maruts sont également représentés « s'élevant sous forme de fœtus (de nouveau-nés) du sein de l'obscurité » au lever du jour ^. Or il est dit des personnages en question, au vers 5, qu'ils brisent les forteresses les plus solides et qu'Indra a trouvé avec eux les vaches aurores, au vers 1, qu'ils attellent le (cheval) brillant qui va tout autour, cf, 9, de ceux qui restent en place, le même sans doute qui, d'après le vers 3, est né avec les aurores, c'est-àdire le cheval solaire. Ce passage s'opposerait au vers V, 56, 7, où le cheval qu'amènent les Maruts est un cheval bruyant, qui nous a paru représenter l'éclair ainsi que le cheval rouge desversl, 39, 6; VIII, 7, 28. Il ne serait d'ailleurs pasim-