‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 260 sur 335 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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5. Cf. les vers suivants sur les eaux (16-23), au milieu desquelles est Vamrita (19).

6. Au vers VI, 48, 18, il est lui-même comparé à une outre pleine, VI, 4S, 18. Mais on peut entendre simplement par là qu'il est le dispensateur de tous les biens. Cf. encore VI, 55, 3.

7. Je crois qu*on peut donner ce sens à Tépithète paçusddhani. Cf. pour le sens de sddh^ III, 1, t3.

e'est-àrdire Féclair est « détaché », cf. V, 85, 8 ; VII, 71, 5, « déliyré de Tenveloppe de la nuée », et, en effet, il est alors l)raadi par Pûshan. C'est sans doute encore Téclair qui est représenté comme une hache d*or dans les mains du dieu, I, 42, 6.

Voici maintenant d'autres traits qui montreront l'insuffisance, non seulement de l'interprétation solaire, mais de toute interprétation purement naturaliste du personnage de Pûshan.

Au vers VII, 36, 8, Pûshan est invoqué en compagnie d'une déesse du culte, AramatiS et comparé à Thomme qui se distingue dans le vidatha, c'est-à-dire dans l'assemblée du sacrifice. Ailleurs, X, 26, 5, nous avons mieux qu'un rapprochement et qu'une comparaison : Pûshan est appelé formellement a le rishi établi par Manu^ ». Au vers suivant, il est représenté tissant et faisant briller « le vêtement de brebis », c'est-à-dire évidemment ' le tamis à clarifier le Soma; en même temps, il est appelé le maître du « brillant », c'est-à-dire du Soma, et de la a brillante qui pense », c'est-àdire de la prière. Dans le passage déjà cité où il est représenté trouvant le Soma caché, I, 23, 13-14, l'épithète du Soma, dlra-barhis, a coulant sur un gazon éclatant », éveillait déjà ridée d'un sacrifice. Je crois aussi qu'au vers VI, 49, 8, la formule abhy âna\ arkam^ « il a atteint l'hymne », signifie qu'il a su trouver la meilleure prière, cf. Vni, 4, 6 ; X, 31, 3 et passim. Et en effet, il est l'inspirateur de la prière, I, 89, 5 ; II, 40, 6, ;cf., VI, 53, 8 ; X, 26, 4, et, chose curieuse, au vers IX, 88, 3, c'est à lui qu'on compare Soma en attribuant la même fonction au dieubreuvage, c'est-à-dire à celui de tous les dieux auquel elle

2. Il se pourrait que le nom même de Pûshan fût emprunté à ce mythe. Les Aishis ODt^ il est vrai, rattaché ce nom à la racine ptuh (nourrir}, comme le prouve le rapprochement de pui/ttt, au vers X, 26, 7, de posha, au vers II, 40, 4. (cf. III, p. 40j. Mais d'où viendrait ïû long? La prétendue racine pûsh =: push du l3hàtu-pà/ha est sans doute un postulat des grammairiens indigènes. Noire mot n'aurait-il pus été formé de pu « ciariâer (le Soma) » avec uo suffixe san^ qui donne, il est vrai, plutôt des mots neutres, parshan^ çirshan, mais qui, sous la forme sani, a donné parshaui « qui traverse » et carshani u actif » ?

3. M. Grassmann comprend que Pûshan tisse le vêtement des brebis, c*est-à-dire pare les brebis de leur laine, en qualité de dieu de Tagriculture. La simplicité de cette traduction peut séduire à première vue. Mais ce nVst pas là le tour ordinaire de la pensée védique. Le contexte d'aiUêurs, et tous les vers précédents confirment mon interprétation.

semble le mieux convenir. Les épithètes qu'il reçoit an vers VI, 48, 19, a supérieur aux mortels et semblable aux dieux», peuvent s'expliquer aussi dans l'ordre des idées liturgiques : elles appartiendraient de droit à un personnage qui, comme Âgni et Soma, occuperait une situation intermédiaire entre les hommes et les dieux.

On sait d'ailleurs que les dieux du sacrifice peuvent exercer leurs fonctions dans le ciel. Dans le vers déjà cité où Pùshan est appelé le rishi établi par Manu, X, 26, 5, il reçoit en outre la qualification àe pratyardhir yajiïànàm, qu'on peut entendre en ce sens qu'il répond aux sacrifices terrestres par des sacrifices célestes ^ Tel doit être au moins la signification du terme abhyardha-yajvan^, qui lui est appliqué dans un vers, VI, 50, 6, où il est nommé avec les Maruts, les ministres par excellence du sacrifice offert dans le ciel à Indra. Au vers VI, 17, 11, Piishan figure encore avec les mêmes dieux et avec Vishnu au nombre des préparateurs célestes du Soma. Ailleurs, il est associé à d'autres sacrificateurs mythiques, les /îibhus, UI, 54, 12.

Ce n'est pas seulement par ses attributs liturgiques que Pûshan semble assimilé à Âgni ou à Soma. Nous lisons au vers VI, 58, 2, qu'il se trouve dans tous les êtres ^ ; parlerait-on autrement, soit du feu proprement dit, soit du feu liquide ? On dit de lui, VI, 58, 4, dans les mêmes termes que d'Agni, III, 1, 3, qu'il est apparenté à la fois au ciel et à la terre. Cette formule pourrait, il est vrai, s'entendre simplement en ce sens qu'il est, comme tous les dieux, le fils du ciel et de la terre ^ Mais le vers X, 17, 6 est plus explicite : a Pûshan est né sur le chemin qui part du ciel et sur le chemin qui part de la terre. » En d'autres termes, Pûshan naît dans le ciel pour descendre sur la terre, et sur la terre pour monter au ciel. La suite du même vers ne peut guère laisser de doute sur l'exactitude de cette interprétation : « Il se dirige vers les deux demeures qui lui sont très chères, allant

1. La moi pratyardhi paraît signifier proprement « qui faitTautre moitié, le pendant », (cf. X, 1, 5).

2. Proprement a sacrificateur qui fait une moitié », ou « qui est d*iin côté (par opposition à un autre côté) ». ' Ce ne peut guère être par hasard que deux termes analogues, dont le premier n*a été relevé que dans un seul autre passage, et Tautre est un Aital elpY)(iivov, se trouvent tous deux dans les hymnes, d*ailleurs si peu nombreux, adressés à Pùshan.

3. Ou « dans tous les mondes ». Mais ce sera toujours l'ubiquité.

4. Inversement, PAshan est appelé, en compagnie de Soma, le père du ciel et de la terre, II, 40^ 1. Cf. plus haut, p. S, tt et 16S.

et Tenant, lui qui les connaît. » Pùshan sert ici, comme Âgni et Soma, d'intermédiaire entre le ciel et la terre. Deux des vers précédents (3 et 4) lui assignent le rôle de psychopompe, qui nous a paru appartenir essentiellement à Âgni^ et i Soma*, et dans le vers 3, Agni' partage en effet ce rôle avec lui.

Mais c'est surtout avec le personnage de Soma que celui de Pùshan a d*étroites relations. On a yu tout à Theure que Pûshan accomplit le sacrifice du Soma^, qu*il trouve le Soma caché et le répand sur la terre pour la féconder ^. Or on sait aussi que les sacrificateurs mythiques du Soma, ou les personnages qui le découvrent et le communiquent aux hommes^ représentent souvent le Soma lui-même. Rappelons encore des observations qui ont été présentées déjà dans d'autres parties de ce livre. Nous avons identifié à Soma le taureau célébré dans Thymne X, 102, et nous avons remarqué que deux épithètes de ce taureau, kapardin et ashtrdvinj faisaient songer à Pûshan^, qui reçoit la première aux vers VI, 55, 2 et IX, 67, 11^ et que les vers VI, 53, 9, 58, 2, représentent armé de l'aiguillon, oêhtrd''. Le second rapprochemont est d'autant plus significatif que l'attribution de l'épithète ashiràvin « qui a » c'est-à-dire « qui porte l'aiguillon*» à un taureau, constitue un paradoxe mythique dont l'explication ne peut guère être cherchée que dans l'identification du taureau à une autre forme de Soma ayant pour attribut l'aiguillon. L'attelage de boucs attribué à Pûshan, VI, 55, 6; 57, 3; X, 26, 8, et qui vaut à ce dieu l'épithète ajdçva^ a qui a pour chevaux des boucs », a été aussi rapproché déjà du bouc qui précède, et semble conduire le cheval du sacrifice, I, 162, 2 et 3; 163, 12, assimilé lui-même à Soma^\ Enfin nous avons reconnu dans !'« amitié du vent», vdtdpyay

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