Voir III, p
' 4. Plus bas, p. 476«
La famille Je Kanva est désignée dans les hymnes par le pluriel du nom de Kanva (passim), par l'expression fils de Kanva », I, 45, 5, et par le nom de Kânvâyanas, VâL, 7, 4. Des individus de cette famille sont désignés par l'expression a fils de Kânva », VIII, 8, 4 et 8, et par le patronymique kàava. Ce dernier est appliqué à Medhyâtihi, VIII, 2, 40, qui passe pour Tauteur de plusieurs hymnes ou fragments d'hymnes, ainsi que son quasi-homonyme Medhâtithi qui ne diffère peut-être pas originairement de lui. Les deux noms, en tout cas, sont rapprochés de celui de Kanva, le second au vers VIII, 8, 20, dans une énumération de protégés des Açvins, le premier aux versl, 36, 10 ; 11; 17, dans des énumérations des ancêtres qui ont les premiers allumé le feu. Peut-être le personnage de Medhyàtithi est-il purement mythique, comme celui de Kanva, quoique son nom, par sa signification étymologique « qui a un hôte (Agni) propre au sacrifice » *, n'ait pu désigner directement qu'un prêtre du feu et non le feu lui-même. Quant à la race entière des Kanvas, il est dit d'elle, comme de toutes les familles de prêtres, qu'elle a accru Indra par ses hymnes, VIII, 6, 3 ; 21 ; 31, et qu'Indra fait avec elle un immense butin, VIII, 33, 3. Elle figure dans une comparaison, au vers VIII, 3, 16, à côté des Bhrigus, race essentiellement mythologique. C'est en somme, selon toute vraisemblance, une race réelle, mais dont les attaches mythiques ne sauraient être contestées, au moins, comme on va le voir, dans la personne du chef même de la race, Kanva.
Kanva est compris en effet dans Ténumération déjà citée, I, 139, 9, des ancêtres des hommes qui forment, dans la chaîne des êtres, l'anneau intermédiaire entre les hommes et les dieux. Nous venons de dire qu'il figure, avec Medhyàtithi et plusieurs autres, parmi les premiers prêtres qui aient allumé le feu, I, 36, 10 et 11 (cf. ibid. 8; 17 et 19). Au vers V, 41, 4, l'épithète kanva-hetvi^ a ayant pour sacrificateur Kanva », si elle est appliquée à Tri ta, peut s'entendre en ce sens que Kanva serait le prêtre d'une forme céleste d'Agni ou de Soma. Il est compté, dans le versX, 150, 5, au nombre des protégés d'Agni, comme dans les vers Vâl., 1, 10; 2, 10, au nombre des protégés d'Indra. Son nom, comme ceux de
1. Si ]e composé doit, conformémeot à son accentuation sur le premier terme, être considéré comme possessif. An contraire, a Thôte propre au sacrifice » serait Âgni iui*méme.
plusieurs anciens sacrificateurs, a fourni une formule aux prêtres qu», pour gagner la faveur dlndra, aiment à évoquer le souvenir d'un de ses favoris : ils espèrent être exaucés kanvavat, « comme Ta été Kanva », VIII, 6, 11 ; Vâl., 4, 8*. Kanva a eacore été protégé par les Maruts, VIII, 7, 18, cf. 1,39, 7, et enfin par les Açvins, I, 47, 5 ; 112, 5 ; VIII, 5, 25 ; 8, 20.
D'après le vers X, 31, 11, Kanva passe pour le fils de Nrishad, et, ea efi'efc, il reçoit au vers I, 117, 8, le patronymique ndrshada. Or, le mot nrishad, « établi parmi les hommes», est au vers IV, 40, 5, Tune des épithètes d'un personnage mystérieusement désigné, mais qui ne saurait être qu'Agni ou Soma*, et son synonyme nri-shadvan est celle du sacrificateur qui siège au milieu des eaux, X, 46, 1, c'està-dired'Apâm Napât. Mais, s'il semble perm-s de conclure de là que Kanva a été considéré comme le fils d'Agni ou de Soma, d'autres passages paraissent bien Tassimiler à Agni ou à Soma lui-même.
En efiet, Agni est appelé au versX, 115, 5, non seulement Tami des Kanvas, mais le plus Ka/iva des Kanvas, ou le Kanva par excellence, kanvalamay épithète qui ne saurait convenir qu'au premier des Kanvas, cf. I, 48, 4, et qui rappelle l'épithète angirastama donnée à Agni, ancêtre des Angiras. De même l'épithèto kacwa-mal, proprement « accompagné des Kanvas^ », appliquée à Soma, VIII, 2, 22, peut suggérer ridée que Soma est le premier des Kanvas. Le Kanva « donné » par les Maruls, au vers 9 de l'hymne I, 39, pourrait donc être le Soma céleste*. Au vers 7 du même hymne, le Kanva effrayé qu'ils secourent rappelle le Kanva aveugle secouru par les Açvins, auquel nous arrivons enfin.
Nous lisons au vers VIII, 5, 23, que les Açvins ont secouru Kanva aveugle. Dans ce mythe même, Kanva peut être considéré comme un prêtre, ainsi que le montre le versl, 118, 7. a Vous avez rendu la vue à Kanva aveugle, satisfaits que vous
i. Au vers VIII, 34, 1 t Viens, ô lodra! où t'appelle l'hymoe de Kanva», rbymne de K»nva est peu^-étre la prière de l ancêtre reproduite par sou descendant, à moins que celui-ci ne se désigne lui-même par ce nom qui, au pluriel, est celui de la race eni'<ëre.