Voir III, p
0. Du rajeunissement de Cyavdna, on peut rapprocher la résurreclion de Subandhu, X, 59, 8; 60, 10, et avec d'autant plus de raison que les /Hshis paraissent avoir fait ce rapprochement eux-méme8,cf X,59, 1 et 8; Ul, î et 26.
Uërg.ugne. La Heligion védique^ II. 31
jours par leur faveur, Tépoux des jeunes filles, I, 116, 10; il inspire l'amour à sa fiancée, V, 74, 5. L'épouse de Soma- Cyavâna ne difiere vraisemblablement pas beaucoup de Sûryâ, la fille du soleil *, si même ce dernier nom n'est pas intentionnellement rapproché de celui de Cyavâna au vers I, 117, 13 : « Vous avez, ô Açvins, rajeuni par votre puissance Cyavâna vieillissant; la fille du soleil, dans tout son éclat, ô Nâsatyas, a choisi votre char. »
On ne s'étonnera pas qu'un personnage représentant Soma soit devenu, comme tant d'autres personnifications du même dieu, un sacrificateur, que les vers X, 61, 2 — 3 nous montrent construisant un autel et préparant un. Soma qui paraît assimilé d'ailleurs à la lumière du soleil *.
De Kakshîvat et de Cyavâna, il faut rapprocher Kali. Le mot kali est employé au pluriel au vers VIII, 55, 15, et paraît y désigner une famille de prêtres dont le Kali protégé des Açvins serait probablement l'ancêtre. Le caractère mythique de ce personnage, lors même qu'il ne serait pas confirmé par un vers de l'Atharva-Veda , X, 10, 13, où son nom, employé de nouveau au pluriel, figure parallèlement à celui des Gandharvas, serait suffisamment indiqué par sa ressemblanceavec ceux qui ontété précédemment étudiés. Nous lisons en efi'et au vers X, 39, 8 que les Açvins ont rendu la jeunesse au prêtre Kali vieilli, et nous voyons par le vers I, 112, 15, qu'il a trouvé une épouse dont on ne nous dit d'ailleurs pas le nom.
Les mythes ordinairement connexes du rajeunissement et du mariage se rencontrent encore, soit réunis, soit séparés,
ËQ tout cas, et bien que les hymnes X, 59 et GO, ainsi que les deux précédents (où Subandhu n'est pas nommé), semblent contenir des incantations vraiment destinées à ressusciter (ou à guérir? cf. X, 59, 9; des êtres réels, Subandhu n'est que le prototype mythique des personuages ressuscites (ou guéris), et non le sujet même sur lequel opéreraient les auteurs des hymnes en question. Son nom, dont le sens doit sans doute être complété comme dans la formule des vers III, i, 3 et VI, 58, 4, appliquée à Âgni et à Pûshau, «apparenté au ciel et à la terre )>, cf. X, 59, 8; 60, 7, est, au vers I, 162, 7, une épithëte du cheval du sacrifice. Subandhu est chante upar les eaux», X, 61, 26, comme pourrait l'être une forme quelconque d'Apâm Napât, et la formule du vers X, 60, 7, qui Tinvite à «sortir», rappelle celle qu'Indra adresse au Soma caché, X^ 134, 6. Le père et la mère dont il est question dans le même vers doivent être le Ciel et la Terre.
1. Voir plus bas, p. 487. Le titre de mari des « jeunes filles », donné à Cyavâna, pourrait même s'entendre en ce sens qu'il est, comme Soma, époux de Sùryà, le premier époux de toutes les fiancées mortelles dont Sùryâ est le prototype divin.