Plus bas, p
la prière terrestre elle-même ne monte-t-elle pas jusqu'au ciel ? On pourrait interpréter en ce sens le vers 20 où Sûryà est invitée à s'élever dans le monde de l'immortalité. Ce qui semble incontestable, en tout cas, c'est que Sûryâ, dans tout le passage que nous venons d'analyser, représente la prière, sous l'une ou l'autre de ses différentes formes, et il se pourrait bien que la formule « connaître Sûryà », X, 85, 34, cf. 16 et 1, 34, 2, eût signifié à l'origine, non pas « connaître l'hymne de Sûryâ », mais « connaître la parole sacrée » *.
Les rapports mythiques de Sûryâ avec Soma ne prennent pas toujours la forme d'un mariage. La « fille du soleil », dont nous avons constaté l'identité avec Sûryâ, et qui semble aussi considérée une fois, IX, 72, 3, comme une amante de Soma*, devient aux vers IX, 1, 6 et 113, 3, comme une sorte de prêtresse qui clarifie le Soma céleste^, et « apporte » ce taureau « qui a cru dans le nuage » ou « chez Parjanya». C'est peut-être encore Sûryâ cette jeune fille qui, au vers VIII, 80, 1, trouve Soma dans les eaux. Ces nouveaux mythes n'ont rien de contradictoire avec la conception de Sûryâ comme une personnification de la prière, puisque nous avons vu la prière, désignée par ses noms vulgaires, faire couler le Soma^; et ils confirment l'interprétation d'après laquelle le Soma fiancé de Sûryâ n'est autre chose que le breuvage sacré. C'est le breuvage qui coule du ciel, aussi bien que celui préparé sur la terre. Tel paraît être, du moins, le sens du vers X, 85, 7 : « Le ciel et la terre étaient la cuve, koça^, quand Sûryâ est allée trouver son époux. »
Soma a différents substituts dans le mythe du mariage de Sûryâ. On connaît déjà Pûshan. En tant qu'époux ou amant de Sûryâ, il nous a paru assimilé à Soma ^. Mais comme dans l'ordre purement naturaliste, il représente principalement le
1. Cf. le nom de Sàvitri « fille de Savitri », assigné aussi à une prière particulière. {Dictionnaire de PétersbourÇy s. v.)