‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 319 sur 335 · Kriça, cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

Kriça, cf. plus haut, p

L'aveugle ne diffère pas mythologiquement du noir, IV, 17, 14, et particulièrement de la a goutte noire » trouvée par Indra, VIII, 85, 13-15, c'est-à-dire du Soma représentant le soleil ou Téclair caché. Il est dit en propres termes au vers IV, 19, 9, de l'aveugle guéri par Indra, qu'il a vu « en s'emparant d'Ahi », c'est-à-dire en triomphant du démon. Le boiteux est le mâle correspondant à la vache boiteuse des TîibhusS et il rappelle la Viçpalâ à qui les Açvins donnent une jarabe de fer *. Au veris IV, 19, 9, celui dont les membres sont remis par l'opération d'Indra « sort en brisant un vase » qui n'est autre que le séjour invisible où il était renfermé. Quant à l'exilé^, le séjour inférieur d'où Indra le tire ne diffère sans doute pas de a la cachette des jeunes filles » découverte au moment où il apparait lui-même, II, 15, 7 : les jeunes filles sont les aurores ou les eaux, l'exilé est le soleil ou l'éclair.

C'est encore un exilé que ce « fils de la vierge » qui, grâce à Indra, devient, comme l'aveugle et le boiteux, II, 13, 12, un héros, ou plutôt un dieu, célébré dans des « hymnes de louange », IV, 30, 16. Avant qu'Indra le tirât du séjour où il était entré (comme le soleil, niveçanàl), il avait été dévoré par les fourmis, IV, 19, 9, c'est-à-dire qu'il avait subile sort des offrandes dévorées par des insectes, fourmis, VIII, 91, 21, ou mouches, I, 162, 9. La fourmi ne fait d'ailleurs qu'user de ses droits quand elle représente, comme au vers 1,112, 15, le prêtre, réel ou mythique, qui boit (le Soma , et que protègent les Açvins *. Telles sans doute les fourmis qui avaient dévoré le fils de la vierge. C'étaient des prêtres ', à moins pourtant que ce ne fussent des voleurs du Soma céleste, assez semblables aux gardiens avares du breuvage sacré, des êtres semidémoniaques comme une autre fourmi dans laquelle je crois reconnaître le personnage équivoque du Père **, et dont les deux jumeaux « sortent de l'enveloppe»' vi-vavri^ sans

i. Plus haut, p. 489.

3. Cf. X, 61, 8. 11 est rapproché de Taveugle et du boiteux au vers 8 de rhjmne I, 112 aux Açvins comme aux vers 12 et 7 des hymnes II, 13 et 15 à Indra.

4. Cf. les prêtres-mouches, VII, Si, 2, et, sans doute aussi, I, 119, 9; X, 40, 6.

5. Les prêtres célestes sont des fourmis quand ils sont attirés par le Soma^ comme ils sont des grenouilles quand ils chantent au milieu des eaux du ciel. (Voir I, p. 205.)

(i. Voir plus haut^ p. U8. Le mot vamra « fourmi • est masculin. 7. Cf. p. 102.

doute par ropération d'Indra, X, 99, 5. Quoi qu'il en soit, le mythe du fils de la vierge rappelle non seulement les vierges mères d'Agni,III, 55,5; IV, î, 9, et les femelles, représentant les eaux du ciel, qui, avant d'être « traites » par Indra, étaient appelées indifi'éremment vierges ou stériles, IV, 19, 7, mais la femme de l'eunuque à qui les Açvins ont donné un fils représentant le soleil*.

Les Açvins président aux mariages ainsi qu'aux naissances mythiques ; il en est de même d'Indra. Comme les Açvins, il a donné à Kakshîvat une épouse, la « petite ^ » Vricayâ, I, 51, 13^. Si Ton ne dit pas de lui comme des Açvins qu'il a rajeuni le même personnage, nous voyons du moins qu'un vieillard, son protégé Praskanva, cf. VIII, 3,9; Val., 6, 8, qui était « gisant », a été relevé, sans doute grâce à sa protection Vâl., 3, 2*. Dans le vers II, 17, 7, où le suppliant d'Indra se compare à une fille qui a vieilli chez ses parents, on peut voir une allusion au mythe de Ghoshâ mariée par les Açvins.

Nous avons eu déjà l'occasion de citer* les formules d'après lesquelles Indra a fait traverser les eauxà Turvaça et Yadu, à Turvîti et Vayya, enfin à Sudâs, et d'en signaler les rapports avec le mythe de Bhujyu ^ sauvé des eaux par les Açvins. L'épithète tugryà'Vvidh donnée à Indra, VIII, 45, 29 ; 88, 7, en fait un protecteur de Bhujyu lui-même, du fils de ce méchant Tugra dont le même dieu est l'ennemi, VI, 26, 4; X, 49, 4. Le nom de Daçadyu (de d(iça « dix » et dyu a jour »), désignant encore un des protégés d'Indra, I, 33, 14; VI, 26, 4, rappelle un détail d'un autre sauvetage opéré par les Açvins. Rebha^ était resté au milieu des flots neuf jours et dix nuits : il a donc été sauvé le « dixième jour ».

Enfin l'un des traits les plus saillants de la légende des Açvins, le présent qu'ils font d'un cheval mythique à certains de leurs favoris, n'est pas étranger non plus à la

1 Voir plus haut, p. 476.

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