Cf. plus haut, p
vers IV, 3, 6 même, du feu terrestre au paripnan, sera un argument assez fort en faveur de l'hypothèse d'après laquelle le second Nâsatya ne serait autre que le feu terrestre.
Cette hypothèse semble d'ailleurs confirmée par le vers 4 de l'hymne I, 158, aux Açvins, où les deux personnages du couple sont distingués l'un de l'autre, comme aux vers 4-6 de l'hymne I, 181 : celui des deux qui est « lié » et qui « dévore sa demeure » paraît bien être le feu terrestre *.
Le mythe de la naissance des Açvins s'explique, comme on va le voir, dans le même ordre d'idées. Je ne m'attacherai pas aux passages qui font des. Açvins des fils du ciel, I, 182 ,
I ; IV, 43, 3 ; 44, 2, cf. I, 181, 4, ou de la mer (céleste), I, 46, 2. Ces formules n'ont en efi'et rien de caractéristique.
II en est autrement des épithètes nâîiâ jâlau « nés en des lieux difi'érents », et ihehajàlâ « nés ici et là » données aux Açvins dans les vers V, 73, 4, et I, 181, 4, et évidemment équivalentes à celle que nous avons vue^ attribuée à Indra et Agni ^, « ayant leurs mères ici et là ». Elles signifient que les Açvins, comme Indra et Agni, ont deux mères.
Ces deux mères sont les deux femelles dont nous entretiennent les vers X, 17, 1 et 2*. L'une est Saranyû, l'autre est la « pareille » de Saranyû, qui la remplace comme épouse de Vivasvat^ quand elle est invisible. Nous avons déjà vu ^ que Saranyû est la femelle céleste qui se dérobe à l'attente des hommes. Elle a deux couples" de jumeaux qu'elle abandonne. L'un est le couple des Açvins (vers 2), qui sont en effet des jumeaux, II, 39, 2, cf. VIII, 62, 12; l'autre, puisque Saranyû est appelée dans le même passage « mère de Yama», doit être celui de Yama et Yamî. Mais ces couples ont une autre mère, la prière. « Celle qui a sa place à l'extrémité vibrante de la langue » est la mère des « jumeaux » qui en naissant
i. Et mdme le feu du bûcher funéraire. (Voir plus bas, p. 508.)
3. C'est un nouveau trait de ressemblance entre les deux couples. (Voir cidessus, p. 494.) Les deux couples sont aussi nommés ensemble parmi les enfants (ou les nourrissons) de la parole sacrée, X, 125, 1.
4. Les légendes du Nirukta, de la Brihad-devatâ,etc. (Muir, Sanskrit texts, V. p. 228) sur Tunion do Vivasvat et de Saranyû, ont tout Pair d'avoir été fabriquées, peut-être d'ailleurs avec des traits mythiques préexistants, pour l'explication de ces deux vers.