‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 43 sur 335 · Voir vol. III, p. 134 et suivantes · texte numérisé non relu

Voir vol. III, p. 134 et suivantes

S. Cf. plus bas, la vache qui nourrit seule le veau qui lui appartiant eo commun avec la vache céleste, p. 72 et suiv.

3. Cf. le vers III, 54, 6, où il est dit inversement que le ciel et la t^m établissent leur demeure en des lieux différentS| comme Toiseau, ç^estrà-^i^ comme le mâle à double forme, Agni ou Soma.

il est question, au yers X, 13, 3, de l'imitation d'une femelle eéleste au moyen de la parole. On peut voir une allusion à la mdme idée dans cette comparaison du vers IV, 5, 3 : « Agni m'a enseigné la prière, lui qui Ta trouvée, comme le séjour mystérieux de la vache. »

Revenons maintenant aux pérégrinations du mâle entre les deux mondes. Du vers X, 1,4, où nous avons vu Âgni <x retournant » vers des femelles qui ont pris une autre forme, on peut rapprocher le vers 7 de l'hymne VIII, 43 : « Prenant pour nourriture les plantes, Agni ne se lasse pas de les dévorer, retournant vers les jeunes. » Il semble bien que ces jeunes femelles vers lesquelles il « retourne » en dévorant le bois, sont des femelles célestes^ les eaux, par exemple, d'où, selon le vers 9 du même hymne, il descend dans les plantes pour y renaître comme dans une matrice. L'hymne I, 140, à Agni, dont nous avons cité tout à l'heure le vers 7 sur les femelles qui « prennent une forme différente en compagnie du père et de la mère», nous montre au vers 8 des vierges chevelues qui, déjà mortes, se sont relevées : c'est Agni lui-même qui les délivre de la vieillesse et qui leur rend le souffle. Il y a lieu de se demander si l'idée exprimée au vers VIII, 43, 7, par le terme «jeunes» n'est pas analogue à celle qui l'est ici et ailleurs sous la forme d'une résurrection ou d'un rajeunissement.

Les formules du même genre, en effet, ne sont pas rares. Au Ters III, 55, 16, il est question de vaches qui rajeunissent •ans eesse. A la naissance d'Agni, d'après le vers V, 2, 4, les «chenues » redeviennent jeunes. Ces formules d'ailleurs sont, par elles-mêmes, susceptibles de plusieurs applications. Si j*ai cru tout à l'heure pouvoir considérer les « jeunes » vers lesquelles Agni « retourne » en dévorant les plantes, comme représentant les eaux célestes, je dois rappeler maintenant que l'aurore* d'une part, les prières* de l'autre, sont aussi des femelles à la fois vieilles et jeunes, c'est-à-dire rajeunissant toujours.

Ainsi, les différentes sortes de femelles peuvent être appelées jeunes parce qu'elles se renouvellent sans cesse. Mais il semble bien que cette même qualification, donnée aux mères

i. I, p« 293. Aux pasaaget cités, ajoutez III, 1, 6, ou les sept prières sont appelées à la fois yieilles et jeunes, et IX, S6, 4, où les « vieiUes » répandues par les Aishis sont sans doAite aussi les priëves.

ou aux épouses d*Agni, désigne aussi quelquefois les dernières qui Tenfantent ou auxquelles il s'unit, dans Tun quelconque des mondes, par opposition à celles auxquelles il s'est uni ou qui Tont enfanté précédemment dans un autre monde. C'est ainsi que j'avais d'avance interprété le vers VIII, 43, 7, qui a été l'occasion des observations qui précèdent. La même idée peut seule, à mon avis, rendre bien compte de certaines formules qui opposent des femelles anciennes à des femelles nouvelles en nous montrant Agni allant des unes aux autres. « Séjournant dans les anciennes, il monte ^ sur les nouvelles », dit l'auteur du vers III, 55, 5, qui nous le présente ensuite « au milieu des jeunes à peine nées >». Voici maintenant le vers I, 141, 5 : « Ensuite il est entré dans les mères au milieu desquelles il brille ; il s'accroît largement sans éprouver aucun dommage ; quand il est monté sur les anciennes, sur celles qui sont depuis longtemps en mouvement, il descend dans les nouvelles, dans les jeunes. » L'opposition si nettement indiquée dans ces passages rappelle celle qui a été précédemment^ relevée entre les eaux et les plantes. Je crois toutefois qu'au vers I, 95, 10, le mot proiù doit être pris, non dans le sens de « plante », comme je l'avais fait précédemment ^, mais dans le sens plus général de (( mère », et que les « mères nouvelles » dans lesquelles Agni entre après avoir dévoré tout ce qui est vieux, c'est-àdire apparemment le vieux bois (cf. III, 23, 1), sont les eaux où il retourne en montant de la terre au ciel. Cela n'empêche pas que dans tel autre des passages cités ^, les femelles nouvelles ne puissent représenter par opposition aux eaux du ciel, soit les plantes, soit encore les offrandes ou les prières du sacrifice. A l'appui de cette dernière interprétation, on peut citer le vers I, 144, 5, où il est dit d'Agni, descendant de rile (céleste) par le penchant des montagnes (des nuages), qu*il s'est « revêtu de lois nouvelles » ^, apparemment des lois des prières, autrement dit, des prières elles-mêmes, les

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