‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 44 sur 335 · Anûrudhy cf. ruh (rudh) avec anu · texte numérisé non relu

Anûrudhy cf. ruh (rudh) avec anu

2. 1, p. 17, et II, p. 17. Voir surtout le vers VIII, 43, 9, signalé de nouveau ci -dessus, p. 63.

4. Et au vers VII, 9, 3, où le mot prasû « mère » peut très bien désigner les plantes.

5. Cf. pour le sens de vayunâ, 1, 145, 6, pour celui de adhita, IX, 68, 1, et pour la combinaison des deux, X, 114, 3, puis IX, 97, 12. On sait que la figure du vêtement est très souvent employée pour exprimer les rapports de rélément mâle, Agni ou Soma, avec ses différentes mères.

prières étant mentionnées dans le premier hémistiche du même vers. Les mères, ou plus généralement les femelles « noQYelles », paraissent être toujours les dernières au milieu desquelles le mâle vient à passer dans la série ininterrompue de ses pérégrinations du ciel à la terre et de la terre au cieP. C*est ainsi du reste qu'Âgni lui-même, vieux et « chenu », III, 55, 9, dans certaines femelles, est appelé « très jeune » ou « le plus jeune », yavishtlia, VII, 4, 2 et fMMsim, a chaque fois qu'il renaît d'une autre mère.

C'est encore par l'idée des migrations incessantes du mâle, passant alternativement d'un monde à Tautre, que j'explique certaines formules où il est question de ses rapports avec deux sortes de femelles . distinguées les unes des autres par les termes de « réunies » et de « séparées ». La « réunion » et la a séparation » ne peuvent guère s'entendre des rapports de ces femelles entre elles. On ne sait trop, en effet, ce que pourraient être, dans ce sens, les femelles réunies par opposition aux femelles séparées. Il s'agit donc de leurs rapports avec le mâle. Les « réunies » sont celles qui habitent le monde où le mâle est actuellement présent; les « séparées » sont celles qui habitent un autre monde où le mâle va d'ailleurs bientôt les rejoindre. Tel est le sens d'une formule qui se rencontre deux fois, au vers I, 164, 31 et au vers X, 177, 3 : n J'ai vu le gardien qui ne prend pas de repos allant et venant par les chemins; se revêtant des réunies, se revêtant des séparées *, il voyage dans les mondes. » Là, l'idée des pérégrinations du mâle est formellement exprimée. Ailleurs, c'est celle des formes différentes que prennent dans les deux mondes les femelles, les unes séparées, les autres réunies, avec lesquelles il est mis en rapport. Le vers 7 de l'hymne I, 140, à Agni, à la suite de la formule « Il saisit les réunies et les séparées » , place cette autre formule que nous avons déjà eu l'occasion de citer plus haut^ : « Elles prennent une forme différente avec le père et la mère. » On peut expliquer encore dans le même ordre d'idées le vers III, 55, 15, où à la mention de deux séjours, l'un caché, l'autre visible,

1 . Toutefois, les « nouvelles » ne sont en réalité que « rajeunies d, ce qai permet aussi, À un autre point de vue, de les appeler anciennes. De là les vers X, 4, 5 et IX, 68, 2, qui nous montrent, Tun Agni naissant « nouveau » au milieu des vieilles, Tautre Soma mugissant après les anciennes.

2. Sadhriclh et vishûcihf proprement « celles qui sont dans la mémedirec< tion » et a celles qui sont dans une direction différente. »

Bbroaione, La Religion védique, b

d'Agni (oii de ses mères, cf. 12-14), succède celle d'un chemin qui réunit et qui sépare *. Ce chemin, allant d'un monde à l'autre, ne réunit Agni aux femelles de l'un de ces mondes, que pour le séparer de celles de l'autre *. Au vers IX, 84, 2, où Soma est représenté coulaut autour de tous les mohdes, et faisant « la réunion » et « la séparation m , l'allusion aux femelles semble évidente ; car le poète le compare au doleil « poursuivant» l'aurore (cf. I, 115, 2).

Nous reviendrons plus loin sur le vers 5 de Thymne V^ 2, à Agni, où le prêtre se plaint de ce que son a petit mâle », c'est-à-dire le feu du sacrifice, a été séparé des « vacheâ », qui sont là les vaches célestes : ce sont ces vaches ellesmêmes qui doivent venir le retrouver. Inversement, au ver$ 3 de l'hymne II, 35 à Apàm Napât, dans la formule « Lm unes vont avec lui, les autres vont vers lui », les femelles qui « vont vers le fils des eaux » paraissent représenter \eê offrandes ou les prières du sacrifice terrestre par opposition aux eaux du ciel qui « vont avec lui ».

Nous voyons aussi opposées, sinon dans une même formule, au moins dans des passages dont le rapprochement semble inévitable, une femelle a étendue sur le dos», tUfdiul, et des femelles « penchées >), jihmàh. Le sens de la seconde qualification paraît devoir être déterminé par la comparaison des textes qui nous montrent l'urne, la source, la mer céleste penchée, I, 85, 11 ; VIII, 40,5, penchée et retournée sens dessus dessous, I, 116, 9, pour déverser ses eaux sut* la terre. En fait, les femelles « penchées » dans le sein desquelles Agûi se tient droit, I, 95, 5, sont évidemment les eaux du ciel au vers II, 35, 9, où Agni figure sous le nom d'Apà?n Napàt, et revêtu de l'éclair. Par opposition aut femelles « penchées », c'est-à-dire, d'après notre interprétation, tournées vers la terre, la femelle « étendue sur le dos » où Agni a été engendré, II, 10, 3, et qu'il tette^ en se dressant, au moyen des cuillers du sacrifice, V, 1,8, paraît représenter une femelle terrestre, probablement la terre elle-même. La même qualification est en efi'et expres-

j . Proprement a dirigé dans le même sens )> et u dirigé dans un sens diflérent ». Ce sont les mômes termes, sauf la légère différence de sadhricinà et de sadh'k'i, qui servent à distinguer les femelles aux vers I, i64« 31 et X, 177, 3.

2. Ailleurs, on dit que le mâle a deux chemins, X, 61, iO, parce qu*il suit le chemin de la terre au ciel, tantôt dans un sens, tantôt dans Tautre.

sfhtiëût doiinée à là terre * au yers X, 142, 5, qui nous montre Agni venant vers elle (cf. I> 95, 10), en se dirigeant de haut ëû bas, nyan. Par le dernier détail, ce passage se rattache à ceux qui ont été cités tout à l'heure sur les migrations du mâle. On (sn peut rapprocher cette invitation adressée au prttre dans un hymne à Agni, 111,29,3 : « Fais-le descendre sur celle qui est étendue sur le dos. » Mais la même formule Ufe retrouve mot pour mot dans un autre vers, X, 27, 13, où la phrase : « Il vient, en se dirigeant de haut en bas, vers la tetre étendue sur le dos » est précé'lée de celle-ci : « Séjourhnht dans son sein, il fait périr celle qui est droite. » L'opposition, évidemment intentionnelle, des deux phrases, Suggère naturellement Tidée que la femelle « droite » est une femelle céleste. Les mêmes femelles que les /{ishis nous montrëht « penchées y> quand elles laissent couler leur lait sur la tëlre, ont pu être t^eprésentées « droites » quand elles le lietiennèttt, ou encore quand, selon une idée plus d'une fois ejtprimëe, elles tardent à enfanter le feu céleste. Et en effet, Mm vojons qu'ici Agni^ ou plus exactement le mâle, non àutreinent désigné, fait périr sa mère^ sans doute en sortant de son sein de vive force*. Signalons encore, avant de i)mtter la femelle « étendue sur le dos d, c'est à-dire la téite, tin dernier passage, I, 164, 14, exprimant l'action du sacriâise tetrestre sur les phénomènes célestes, et d'après lequel les « dix » qui sont a attelés » sur cette femelle, c'est-à-dire les dix doigts du sacrificateur, traînent la roue de la loi ou de l'ordre universel.

L*atiteur du vers I, 95, 8, dit de la prière du poète *, en lui opposant les vaches, les a eaux », auxquelles le feu s'unit sous sa fomie « supérieure ))j qu'elle « nettoie le fond i*. Poiir comprendre cette expression bizarre, il faut, d'une part, se rappeler les nombreuses formules qui nous montrent lé mâle « nettoyé » par ses mères ; de l'autre, remarquer que lé « fond >> peut représenter ici, et au vers suivant, I, 95, 9*,

1. £Ue Test aussi aux deux mondes, si, comme il y a tout lieu de le croire, ce sont eux qui sont appelés lés deux cttves au vers 1, 164, 33. Mais les mêmes poètes qui désignent le ciel et la terre par le duel du nom de la terre seule ont bien pu donner aussi au couple une épithëte qui ne convient pit»pr«hient qa*à rtiii des deux membres de ce couple.

i. Cf. i^lUs bas, p. 85. On remarquera aussi au vers suivant Top position de là Tache terrestre qui lèche le Téau et de la vache céleste qui Tabandonne. Cf. plus bas, p. 72.

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