‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 51 sur 335 · Voir vol. III, p · texte numérisé non relu

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gardée par Agni. II en est de même du « sommet de la i^ip » au vers IV, 5, 7. Le sens de « dormeur » que je donne dans cette formulé au mot sasa en le rapportant à la racine iiO» «dormir», et en l'appliquant à la forme cachée, soit d'Agni lui-même, soit de Sotna, peut lui être conservé dans tous ses emplois ^ Il me paraît confirmé par le rapprochement d'un mjthe que nous étudierons plus tard, celui du sommeil des/îibhud dans la demeure de Savitri, c'est-à-dire dans le monde invisible. C'est au « dormeur » qiie l'auteur du vers X, 79, 3, compare le petit qui tette « datis le sein de la tromperie » ou de la « trompeuse »*, en sorte que cette citation nous ofiFré liné troisième fois le rapprochement que nous avions rencontré déjà aux vei-s III, 5, 5 et 8 et IV, 5, 7. L'expression « matrice du dormeur » qu'on trddve encore au vers V, 21, 4 et celle de « sein du dormeur » que présente le vers rV, 7, 7, après une mention d'Agni caché, ibid. 6, paraissent avoir le même sens que celle db « peau du dormeur». Cette « p^aù » du dormeur est feoh enveloppe. Le terme de « peau » appliqué aussi, soit dit^ectement, soit par voie dé comparaison, à la terre, I, 85, 5; X, 68, 4, cf. V, 85, 1, et aux deux mondes de la terre et du ciel qu'Indra enroulé, VIII, 6, 5, etdéroule, VI, 8, 3, l'a été eh ôiitre, pt'obableménl au nuage que Soma fait gonfler, IX, 74, 3, cf. I, 129, 3, et certainement aux ténèbres que le soleil enroule VII, 63, 1, cf. IV, 13, 4, et I, 130, 8; IX, 73, 5. D'une façon générale, il s'applique aux différents séjours où Aghi et Sdffià peuvent être renfermés, à l'enveloppe dont Sôma se dépouille comme un serpent de sa vieille peau, IX, 86, 44, et la « peau » céleste a, comme tous les autres détails de la mythologie supraterrestre, sa représentation sur la terre, soit dans la terre elle-même (III, 21, 5?), soit dans le tamis que traverse le Soma, tamis appelé au vers IX, 69, 3, la péaû de brebis, et rappelant la peau qui lui sert de tamis céleste, X, 31^ 8, soit dans une peau réelle, dans une peau de vache qui reçoit le suc exprimé par les pierres du pressoir, IX, 66, 29 ;

1. C'est avec le dormeur, c*est-à-dire avec Agni ou iSoma jusqu^àiors endormi ou caché, qu'Indra a apporté la richesse à Vimada, I, 51, 3. L^ « dormeur » qui d'après le vers 3 de l'hymne VIII, 61, est saisi avec la langue pourrait bien être le Soma caché. Les formules bizarres abondent dans le même hymne.

2. II rappelle encore le c cuit >, cf. plus bas, p. 83. L*ihcohérence des images a été relevée dans rarticle cité p. 124. On remarquera que notre interprétation du mot sasa est ici conforme à celle du Nirukta, 5, 3.

79, 4 ; 101, 11 et 16, cf. I, 28, 9 ; IX, 65, 25 ; 70, 7, et qui quelquefois est appelée elle-même une vache, X, 116, 4, cf. IX, 12, 3. La « peau » que le vers I, 79, 3, place dans le séjour de « l'inférieur » s'oppose naturellement à la « peau suprême )> où a été déposé Âgni, I, 145, 5. Il est clair d*ailleurs que cette peau « suprême » ou plus généralement que (( la peau, l'enveloppe » peut être non seulement le nuage ou le ciel visible, mais le monde invisible. C'est ce dernier sans doute qui est appelé au vers IV, 17, 14, le « fond » de la peau », et qui reçoit dans notre formule le nom de <c peau du dormeur » . Signalons aussi comme une autre ressemblance du mythe des Ribhus avec celui qui nous occupe, la peau dont ces sacrificateurs divins font sortir une vache, I, 110, 8; 161, 7; III, 60, 2, pour la réunir, comme nous l'avons dit déjà, à son veau, c'est-à-dire à la forme terrestre du mâle, I, 110,8.

Les quatre formules « place de la vache, place de l'oiseau, sommet de la tromperie ou de la trompeuse, peau du dormeur », que nous avons vues réunies deux à deux ou trois à trois dans plusieurs passages, le sont toutes les quatre, la troisième sous la forme de « sommet de la rup », dans les vers 7, 8 et 10 de l'hymne IV, 5, et dans le dernier, la « place de la vache » est en même temps appelée la « place suprême de la mère ». Au vers 7 la « peau du dormeur » parait être nommée en même temps « la peau » (l'enveloppe) a de Priçni », c'est-à-dire d'une forme particulière de la vache céleste que nous retrouverons dans le mythe des Maruts. Tout ce passage, IV, 5, 7-12, me paraît mettre hors de doute à la fois l'équivalence des quatre formules et l'idée de mystère* qui s'y attache.

Certains emplois dos mots signifiant « tête », mùrdhaa^ çiraSt çlrshan, paraissent rentrer dans le même ordre d'idées. Remarquons d'abord les expressions a tête du monde », « tête de l'univers », désignant le lieu où se tient l'Agni céleste, X, 88, 5, et d'où les prêtres l'ont fait sortir \ VI, 16, 13. La « tête M des « parents », c'ost-à-dire du ciel et de la terre, qu'Agni a « saisie », X, 8, 3, est aussi le sommet de l'univers, aussi bien que la tête, non autrement désignée, dont il

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