Voir I
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mondes, III, 3, 4; X, 80, 2, « comme dans une seule (mère où il séjournerait sous forme de fœtus) », III, 7, 4. Ces traits, qui conviennent surtout à la description du feu céleste, nous font voir principalement dans le rapport d'Agni, considéré comme fils, avec le ciel et la terre, considérés comme père et comme mère, un rapport du contenu au contenant. Agni est d'ailleurs « accru », VII, 7, 5, c'est-à-dire nourri par le ciel et la terre, ses parents, III, 26, 9, cf. VII, 2, 5. Remarquons encore que le feu qui brille entre le ciel et la terre pouvait rappeler celui qui s'allume entre deux morceaux de bois ou entre deux pierres qu'on frotte l'une contre l'autre : les deux pierres entre lesquelles Indra fait jaillir le feu, II, 12, 3, semblent bien être les deux mondes.
Mais Agni est aussi . dans un tout autre sens le fils du ciel et de la terre. Il nait en effets et sur la terre, et dans le ciel. L'Agni, fils du ciel, VI, 49, 2; IV, 1, 10; X, 45, 8, ou selon l'expression plus claire encore du vers I, 143, 2, TAgni qui naît dans le ciel suprême, l'Agni qui a sa matrice dans le ciel, X, 88, 7, peut représenter l'Agni céleste par opposition à celui qui naît et s'étend sur la terre, « sa mère », VIII, 92, 2, et nous avons déjà reconnu dans les vers X, 2, 7 et 46, 9, ou les eaux sont nommées avec le couple du ciel et de la terre comme ayant engendré Agni, une allusion aux trois naissances différentes d'Agni dans les trois mondes du ciel, de la terre et de l'atmosphère. En ce sens surtout, le ciel et la terre ont pu être considérés comme deux mères, plutôt que comme le père et la mère d'Agni.
Le rapport conçu entre Agni et les deux mondes peut d'ailleurs être renversé. Ces parents auxquels il doit la vie, il les fait « grandjr » dès sa naissance, III, 3, 11; car dès sa naissance aussi, il les fait briller, III, 2, 2, cf. I, 143, 2; III, 25, 3, et les « étend », III, 6, 5; V, 1, 7, lui, leur fils, X, 1, 7, par la clarté qu'il répand, VI, 1, 11 ; 4, 6. Ces traits qui ne conviennent proprement qu'aux feux célestes du soleil et de l'éclair, nous conduisent à celui du vers III, 5, 7, d'après lequel Agni rajeunit ses parents (ou ses deux mères? màtarâ). On dit encore de lui qu'il a soutenu, étayé les deux mondes, I, 67, 5, on les séparant l'un de l'autre, VI, 8, 3. De là à dire qu'il les a « faits », il n'y a qu'un pas et ce pas a été franchi. Nous lisons en effet au vers I, 96, 2, qu'Agni a engendré le ciel, et au vers I, 96, 4, qu'il est le père des deux mondes. Le vers IV, 6,7, peut donc être entendu en ce sens que rien
ne Tempéche, quand il le désire, d'engendrer même son père et sa mère \
Il semble même que les deux mondes, après lesquels Agni mugit comme un taureau, X, 8, 1, ont été aussi considérés comme ses femelles. Les deux épouses d'Agni, III, 1, 10, peu*vent, il est vrai, représenter deux femelles placées. Tune sur la terre, l'autre dans le ciel *, aussi bien que le ciel et la terre mêmes. Mais au vers III, 6, 4, ces deux épouses, appelées en même temps deux vaches, semblent bien identiques au ciel et à la terre ^ nommés dans le même vers. Les deux femelles qui tremblent à la naissance d'Agni ^, I, 95, 5, pa* raissentbien être le ciel et la terre, cf. I, 31, 3; or, elles sont comparées à deux femmes qui lui témoigneraient leur amour, I, 95, 6, cf. 5.
Passons maintenant aux relations d'Agni avec les diflfé-» rentes femelles terrestres.
g II. — AGNl ET LES DIVERS ÉLÉMENTS FEMELLES DU CULTE
Le feu terrestre reçoit l'épithète vanejd « naissant dans le bois », X, 79> 7, cf. V, 1, 6, qui n'a pas besoin d'explication. C'est à la même origine d'Agni qu'il est fait allusion dans la formule « Tu es né vivant du sec », I, 68, 3, anti-» thèse qui rappelle celle du vers III, 23, 1 : « Agni immortel dans les vieux bois » (cf. encore X, 4, 5?). Les passages qui nous intéressent ici surtout sont ceux où le feu est appelé expressément le fils, VIII, 23, 25, le fœtus, X, 46, 5, des arbres, ou des plantes, II, 1, 14; III, 1, 13; VII, 4, 5; X, 91, 6. Les termes que je traduis par ce dernier mot, vîrudh et oshadhi, sont également féminins en sanskrit. Voilà donc déjà pour le feu terrestre une première sorte de « mères »,
Les morceaux de bois qui servent à allumer le feu de l'autel reçoivent le nom d'arani, I, 127, 4. C'est le frottement de
1. La conjecture de M. M. R. et Gr. sur le sens du mot sâtu\\^ u réceptacle, matrice i [au nominatif), semble bien aventureuse. J'en fais^ avec M. Ludwig, le génitif d'un mot sàtTx « donneur » ou « conquérant ». Dès lors, avàri doit être pris impersonnellement. Quand au génitif yasya sàtu\Xy il me semble permis de le construire, soit avec ishiau, soit avec avdri. Le sujet logique, avec le passif impersonnel, peut être au génitif aussi bien qu'à rinstrumental.