‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 7 sur 335 · Voir plus bas, section VI, § 5 et · texte numérisé non relu

Voir plus bas, section VI, § 5 et

3. Dyâvâ, voir I, p. 238, et plus bas, chapitre V, section i.

4. Portant dans ce passage le nom de Tvashfri, of. III, p. 47.

ces morceaux de bois, assimilé à un barattage» qui produit rétinceile, d'où le nom de « Fils de la force » donné à Agni (Voir surtout V, 11, 6, cf. VI, 48, 5). Mais cette formule abstraite nous intéresse moins ici que celle du vers V, 9, 3, où il est dit que ïarani elle-même a enfanté Agni comme un petit. Varani (féminin singulier) est donc considérée comme une mère d*Agni. Ailleurs le même terme est employé au duel pour désigner les deux morceaux de bois, l'un mâle, l'autre femelle, dans lesquels les deux hommes ont engendré Agni , VII, 1, 1, qui y est déposé comme un fœtus, III, 29, 2. Il y a là, ainsi que nous l'avions annoncé, l'une des explications possibles des nombreuses formules concernant les «parents » d'Agni. Ce sont probablement les Âranis qui sont désignés par le duel du mot mâtri « mère » au vers VIII, 49, 15, où il 8*agit du feu renfermé dans le bois et allumé par les hommes.

Remarquons, avant de quitter le sujet de la naissance d'Agni « dans le bois », que les plantes n'enfantent pas seulement Agni, mais qu'elles lui servent de nourriture, VII, 8, 2, cf. IV, 7, 10 et 11 ; VI, 48, 5, ce qui permet de dire que sa matrice est sa nourriture , I, 140, 1, ou, comme au vers X, 79, 4, d'un air de mystère et sous forme d'énigme, que le fœtus en naissant dévore ses parents (les Aranis) ^

La production du feu au moyen des Aranis peut être aussi considérée comme l'œuvre des mains, VII, 1, 1, ou, selon une formule plus usitée, des dix doigts du sacrificateur. Ces dix doigts sont dix sœurs, et la formule du vers IV, 6, 8, d'après laquelle les dix sœurs ont « engendré » Agni chez les races humaines, nous montre quelles auraient pu être aussi considérées comme les mères du feu. Mais au vers III, 29, 13, ce sont dix sœurs vierges qui saisissent seulement Agni après sa naissance.

L'aliment du feu n'est pas seulement le bois. C'est aussi, on peut même dire, dans l'ordre du sacrifice, c'est surtout l'offrande. Toutes les offrandes sont sacrifiées dans le feu, X,

i. Je ne crois pas qu'une autre formule énigmatique, celle du vers X, 115, 1, célébrant la croissance merveilleuse d^Agni, renferme une allusion particulière aux Aranis. L'idée que le poète parait avoir en vue est simplement qu'Agni est grand et fort dès sa naissance, qu'il s'agisse de son apparition entre les deux morceaux de bois ou, par exemple, entre le ciel et la terre. C'est du reste ce qu'exprime la suite du même vers : « Quand celle » (au singulier) a qui n'a pas de mamelles Ta enfanté, il est immédiatement adulte. »

91, 8, les animaux comme le Soma, ibid. 14. Mais celle qui lui appartient en propre est le beurre, X, 51, 8. Le beurre est sa nourriture, II, 35, 11 ; X, 69, 2, ou, selon l'expression pittoresque du vers X, 80, 6, le pâturage d*Agni est dans le beurre. C'est le beurre qui « l'accroît », X, 69, 2, cf. V, il, 3; 14, 6, qui lui fait jeter des flammes, I, 127, 1 ; X, 69, 1-2 et passim, qui le fait briller, III, 1, 18, ; VIII, 43, 22. Mais la formule la plus intéressante ici pour nous, parce qu'elle nous montre étendu à l'offrande le zoomorphisrac en usage pour la représentation des phénomènes célestes, c'est celle des vers V, 1, 3 et 3, 2 : « Agni est oint de vaches ». Dans cette formule que nous verrons plus souvent appliquée à Soma, les vaches doivent désigner de préférence le beurre, nourriture propre du feu, comme elle désigne ailleurs le lait mêlé au breuvage sacré*. Il faut peut-être interpréter de même au vers III, 9, 7, les a troupeaux » qui se réunissent « dans le feu » quand il est allumé le matin*. Au vers I, 69, 3, ce sont les breuvages en général qui sont comparés à des vaches dans cette formule : « Agni, qui connaît la douceur des breuvages, pareille à la mamelle des vaches. » Ailleurs, III, 1, 8, dans une description des effets produits sur le feu par les gouttes de beurre qui y coulent, le terme babhrànah, appliqué à Agni, éveille l'idée d'un petit nourri par sa mère, ou plutôt ici par ses mères. Et en effet Agni est aussi expressément appelé « un petit » qui prend des forces « quand les cuillers viennent vers lui », I, 145, 3. Au vers III, 5, 8, les « mères » qui r « accroissent » avec « le beurre » peuvent donc être, ou les cuillers, ou les gouttes de beurre elles-mêmes. L'idée qu'Agni est le fils de l'offrande résulte encore de la formule <c Le beurre est la matrice d'Agni », II, 3, 11, cf. III, 5, 7. D'autre part les gouttes de beurre sont représentées comme de belles jeunes femmes souriantes qui s'unissent à Agni, IV, 58, 8. Au vers suivant, elles sont encore comparées à des jeunes filles qui se parent pour le mariage. Il est vrai que dans ce passage l'expression « gouttes de beurre » est elUimême figurée et désigne, comme on l'a vu déjà', les prières.

i. Sur le système de traduction qui consiste à substituer purement et simplement le terme de lait à celui de vache, voir mes « Observations sur les figures de rhétorique dans le Aig-Veda, nJUémoires de la Sociétti fie /mguistique, IV, p. Ii4et suiv. — Tirage à part, p. 29 et suiv.

2* Voir plus bas la comparaison d*Agni avec une étable oii entrent les vaches- prières, p. 10.

Cependant il semble permis d*en conclure que les gouttes de beurre réelles étaient considérées, elles aussi, comme des épouses d*Agni. La chose est d'autant plus vraisemblable que les cuillers qui portent Toffrande à Agni, III, 6, 1, cf. 19, 2; IV, 6, 3; 12, 1 ; V, 6, 9; 28, 1 ; VI, II, 5; 63, 4; VII, 43, 2; X, 21, 3; 118, 2-3, les cuillers « qui vont vers Agni », I, 144, 1 ; V, 21, 2; VIII, 23, 22; 44, 5; 49, 2, qui le « choisissent», I, 158, 7, sont aussi appelées des jeunes femmes,

VII, 1, 6, et qu on dit d'Agni, d'Agni qui « leur fait bon accueil», X, 70, 1, qu'il est baisé par laLho}xche{liUéralement dans la bouche) de la cuiller, VIII, 43, 10.

Nous venons de rappeler qu'aux vers IV, 58, 8 et 9, ce sont les prières qui, sous le nom de « gouttes de beurre * », sont représentées comme de belles jeunes femmes souriantes qui s'unissent à Agni, ou comparées à des jeunes filles qui se parent pour le mariage. L'étroite union du feu du sacrifice et de la prière, VII, 1, 14; X, 162, 1, cf. VIII, 91, 2, n'est pas toujours exprimée sous cette forme. Au vers III, 2, 1, cf. 11, 2, c'est une sorte d'agencement mécanique. Mais la formule du vers VII, 10, 1, Agni « éveille » les prières qui s'éveillent « volontiers », suggère naturellement dans le langage des /{ishis l'idée d'une assimilation des prières à des épouses ou à des amantes^. Il est dit aussi qu'Agni est aimé des vers qu'il « éveille », V, 44, 15. Enfin Thymne est expressément comparé à une femme qui, selon le terme consacré, s'approche « volontiers » de son époux^ et le poète exprime le vœu qu'elle puisse toucher le cœur d'Agni, X, 91, 13.

Les prières des prêtres, compagnes du feu qu'ils allument, ont pu être aussi, par la raison qu'elles naissent en même temps que lui (cf. I, 60, 3, et X, 11, 4), être considérées comme ses sœurs. Il faut pourtant reconnaître qu'au vers

VIII, 91, 13, le titre de sœurs qui leur est donné pourrait s'entendre de leur parenté entre elles comme dans la formule « les sept sœurs » pour « les sept prières », IX, 10, 7*.

L'idée que le feu de l'autel emprunte aux prières une partie au moins de son caractère sacré explique les formules qui nous montrent Agni « purifié » par la prière, III, 8, 5,

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