P. HO
3. Cette formule est à eUe seule un argiiment en faveur de notre interprétation de tanûnapât,
4. Le même vers lui donne le nom de Narâçamsa c quand il naît », c'est-à-dire quand il se manifeste. Ce dernier nom désigne Agni comme « maître de la prière des hommes » (voir I, p. 305-308), et la prière des hommes, désignée aussi par les termes mêmes dont il est composé, est en plusieurs passages expressément opposée à la prière des dieux. En revanche, Tanûnapât, invoqué avant Narâçamsa au vers 2 des hymnes, Aprï î, 142, et ilpra I, 13, et prenant sa place au vers 2 des hymnes ilpri, I, 188; III, 4; IX, 5; X, 110, paraît avoir été considéré surtout comme le feu du sacrifice des dieux. Au vers III^ 4, 2, ce sont, en effet, les dieux (y compris Agni sous son nom vulgaire)^ qui honorent Tanûnapât trois fois le jour, et au vers X, 110, 2, il est représenté « faisant réussir le sacrifice » dans les mômes termes que celui des deux sacrificateurs mentionnés au vers III, 31, 2 qui nous a paru être le sacrificateur établi dans le ciel (I, p. 234) Ce dernier rapprochement est d'autant plus frappant que Tanûnapât figure en efiet dans le même vers III, 3, 2, non pas, il est vrai, sous ce nom, mais sous le nom équivalent de Tônva. Dans Thymne X, 124, il est dit d*Agni séjournant beaucoup d'années « dans le père » (4) qu'il ci ohante », fonuilmi.
origines d'Agni est aussi indiquée, quoique moins clairement, an vers III, 29, 14.
L'existence désormais prouvée de la notion d'un père androgyno* nous permet de prendre au sens littéral l'expression a matrice du père », désignant le lieu où s'arrêtent les Açvins, VIII, 9, 21. C'est aussi dans la matrice du «premier» père que rentre, au vers V, 47, 3, un être appelé à la fois un taureau/ un oiseau, ce qui conviendrait à Agni aussi bien qu'à Soma, et une amer », ce qui peut s'appliquer surtout à Soma.
Cet emploi du terme de «matrice» n'exclut pas, bien entendu, celui du terme de «nombril» spécialement affecté, selon une conception dont j'ai précédemment tenté une explication telle quelle^, mais dont l'existence, en tout cas, ne me semble pas pouvoir être contestée, à la désignation de l'origine paternelle. Au vers X, 82, 6, Viçvakarman, appelé le premier fœtus des eaux, et, au moins en cela, assimilé à Apàm Napàt, c'est-à-dire à Agni ou à Soma ^, est représenté «attaché au nombril du non-né». Nous reviendrons sur la notion du non -né dans la quatrième partie, à propos du personnage mythique d'Aja Ekapàd dans lequel elle s'est axée. Mais il est aisé de comprendre que le non-né, c'est-à-dire celui qui n'a pas eu de parents, est le père par excellence. Ailleurs, c'est le non-né lui-même qui est désigné par le terme de « nombril », et de « nombril du fils », du moins, si, comme je le crois, au versl, 163, 12, le «bouc», aja, conduit devant le cheval du sacrifice représente, grâce à un jeu de mots, le non-né, aja, qui peut très-bien passer pour le père d'un cheval représentant lui-même Soma*. Un pareil emploi du mot «nombril» est ordinaire*. Citons encore le vers I,
pour le père Asura. Faut-il voir là Tidée opposée à celle qu*exprime le mot naréçamsa?
1 . On remarquera qu*elle est la contre-partie de celle des vierges mères, plus haut, p. 4849.
3. CTest de plus un sacrificateur comme Agni, X, 81^ 1, cf. 5 et 6, et on maître de la prière comme Brahmanaspati, ibid., 7. Comme Agni et Soma^ il a des formes supérieures, des formes intermédiaires et des termes inférieures, X, 81, 5 ; il a pénétré chez les inférieurS| ibid. 1. Il est Tordonnatenr du monde, X, 82, 2 et 3, et il a fait le ciel et la terre, X, 82, 2 ; 3, cf. 82, 1.