Voir le chapitre V
IV, 5. 7, rendu brillant par les chanti, V, 22, 4, « portunt réclat des prières », III, 10, 5, ou, ce qui revient au mâme, prenant la prière pour vêtement, I, 140, 1. Nous avons vu plus haut Agni « oint de vaches ». Un autre poète nous le montre « oint de paroles », VI, 5, 6. On dit aussi qu'Agni est accru par les hymnes, par la prière, I, 31, 18 ; II, 8. 5; III, 5, 2; IV, 2, 18; V, 11, 5; 22, 4 ; VII, 12, 3 ; VIII, 44, 2; 12 ; 19; 22; X, 4, 7, quUl est excité par les prières, I, 144, 5, ou par les chants, I, 143, 4. L'auteur du vers III, 27, 9, va plus loin en disant qu'il est « fait » par la prière ^ Et, en effet, c'est par les prières aussi bien que par l'opération des mains quUl est engendré dans les Aranis, VII, 1, 1. Anvers I, 59, 4, les chants semblent être comparés aux deux mondes dont il est leâls. Enfin, il est dit expressément qu'Agni est né des chants, qui doivent ensuite V a accroître », III, 10, 6, et l'auteur du vers III, 1, 6, fait de lui, en propres termes, lefœtu» unique des sept prières *.
Au vers VIII, 43, 17, où les prières sont comparées à des vaches, cf. VIII, 44, 25, il est difficile de décider si c'est en qualité de mères ou d'épouses qu* Agni les accueille en mugisr sant lui-même. En tout cas, il y est de plus comparé à Téta* ble même qui reçoit les vaches.
Mais la conception des prières, soit comme mères, soit comme épouses, soit même comme sœurs d'Agni, n'épuise pas encore la série des relations diverses imaginées entre ces deux éléments essentiels du culte. Si dans l'hymne 1, 143, les chants excitent Agni au vers 4, c'est lui, au contraire, qui, au vers G, excite les prières. Nous savons déjà du reste qu'Agni est l'inventeur de la parole, II, 9, 4, et de la prière, VI, 1,1. C'est lui qui donne les prières, X, 45, 5, qui annonce ou découvre la prière comme le séjour caché de la vache, IV, 5, 3, qui purifie l'hymne sur trois tamis, III, 26, 8, qui attelle la prière comme un char, X, 4, 6, qui dirige les prières comme par la bride, III, 3, 8, et qui les accroît, X, 91, 12.
i. Cf. plus bas, p. 26 .
1. Agni est encore appelé le fils des rishUy V, 25, 1, et je crois que ce mot désigne pareiUemeot les prières, les chants des rishi. Ceai un sens qui convient très bien aux vers I, 127, 10, a Agni chante comme un chanlre au commencement des rishu », et VIII, 60, 15, « Il doit être invoqué comme un protecteur chez toutes les races, il est la lumière du matin pour les rishu », c'est-à-dire « il est célébré comme Taurore par les chants des poètes». Dans le quatrième et dernier emploi du mot vishu^ au vers X, 0, 1, les (( rayons » des prières seraient une métaphore très familière aux auteurs des hymnes (voir I, p. 285).
Bnfln la formule du vers IV, 11,3, « C'est de toi, ô Agui, que naissent les hymnes v>, nous oonduit au titre de f( pare des hymnes » qui lui est formellement donué au vers lU, 26, 9, cf. III, 15,2.
Nous avons vu* que le personnage d*Itô représente à la fois la priàre et Toffrande. Il est donc naturel que les mêmes relations aient été reconnues entre I/â et Agni, qu'entre Agni, d'une part, et les offrandes et les prières de Tautre, Agui et lia sont rapprochés aux vers I, 31, 11, et III, 7, 5. Au vers V, 4, 4, nous trouvons la formule « Agni accompagné d'I/â». Ce n'est pas tout à fait la formule de l'union sexuelle. Mais la conception d'I/à comme présentant le beurre à Agni, VU, 16, 8, a réellement abouti à un mythe d'Kà nourrice d'Agni, III, 55, 13*. On ne s'est pas non plus borné à dire qu'Agni a été déposé dans le séjour d'I^â, III, 23, 4 ; 29, 4, ou qu'il est né dans ce même séjour, X, 1, 6. Agni a été expressément appelé le fils d'I/â, II[, 29, 3, ce qui n'a pas empêché un autre poète de dire de celui qui, comme nous l'avous vu, est à la fois le fils et le père de la prière, qu'il a engendré «â, VI, 52, 16.
Le fils de la Daicshinà, III, 58, 1, ne diffère sans doute pas du fils d'I/à. C'est toujours Agni ayant pour mère la personnification d'un des éléments femelles du culte.
Ainsi, les mères du feu, dans sa forme terrestre, sont, uon seulement les Aranis, mais encore les offrandes et les prières, qui sont aussi considérées comme ses épouses, et, les prières au moins, comme ses filles. Il faut avouer pourtant que les textes où nous trouvons ces conceptions clairement formulées sont relativement peu nombreux. Mais ce qui nous interdit de les négliger, c'est, outre l'explication qu'ils nous fournissent, comme on le verra, pour toute une série de formules obscures, ou même intentionnellement énigmatiques^, leur parfaite concordance avec les textes beaucoup plus nombreux qui constatent des relations identiques, soit entre le breuvage sacré et les éléments femelles du culte, soit entre les formes célestes d'Agni et les éléments dont les prières et les offran-p des sont la représentation dans le sacrifice.
Aux preuves qui ont été déjà données de cette dernière