‹ La religion védique d'après les hymnes du Rig-VédaChapitre 82 sur 335 · I, p. 290 et p · texte numérisé non relu

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chaque sacrifice n^étant offert que par un seul sacrifiant, havishmal, les sept sacrifiants, X, 122, 4; — les deux races^ I, 131, 3; 141, 11; VI, 1, 5; IX, 70, 3; Vâl. 4, 7, qui sont certainement au vers IX, 86, 42, les hommes et les dieux, et les sept races dont il sera question plus bas\

Or, le rapport des nombres deux et trois avec les divisions de l'univers dans les formules relatives aux difi'érents séjours, aux difierentes naissances, aux difi'érentes formes d*Âgni, n'est, je crois, contesté par personne. On aura sans doute admis aussi sans peine une interprétation semblable des mêmes nombres dans les formules qui concernent les mères et les épouses d'Agni. Tout ce qui a été dit d'Agni a paru également applicable à Soma, et aux mères et aux épouses de Soma qui est, dans la mythologie védique, comme un Sosie d'Agni, et qui semble souvent confondu avec lui dans un personnage mâle non autrement déterminé. Enfin, nous avons reconnu que Tidée d'un sacrifice avait été attachée à la manifestation d'Agni ou de Soma, et des éléments femelles considérés comme leurs mères ou leurs épouses, non seulement sous leurs formes terrestres, mais sous leurs doubles et sous leurs triples formes correspondant aux deux et aux trois mondes. C'est déjà une raison de croire que le nombre sept, au moins dans ceux de ses emplois qui sont exactement parallèles aux emplois des nombres deux et trois, a pu être dans un rapport analogue avec un autre système de division de l'espace.

L'application la plus frappante peut-être qui puisse être faite de ce raisonnement d^analogie est celle à laquelle donnent lieu les sept trésors distribués par Agni, V, 1, 5, et par Soma et Rudra, VI, 74, I, ou demandés à Indra, II, 19, 7, quand on les rapproche des formules si fréquentes ou il est question, non pas simplement et vaguement de deux, VI, 19, 10, ou de trois trésors, mais expressément des richesses du ciel et de la terre, II, 14, 11 ; IV, 5, 11 ; V, 68, 3 ; VI, 59, 9; VII, 97, 10 ; IX, 14, 8 ; 19, 1 ; 29, 6 ; 63, 30 ; 97. 51 ; 100, 3, cf. VII, 6, 7 ; 38, 5 ; VIII, 25, 6, ou de la richesse inférieure, de la moyenne et de la supérieure, VII, 32, 16, cf. I, 27, 5 ; VI, 25, 1, c'est-à-dire des richesses du ciel, de la terre et de l'atmosphère, IX, 36, 5 ; 64, 6, cf. III, 51 , 5.

Ce n'est pas que les sept prêtres, par exemple, ne puissent être, dans certains cas, sept prêtres humains. Mais les sept

prêtres du sacrifice réel ne sont que les successeurs des sept Rishis anciens, IV, 42, 8 ; X, 109, 4, des sept sacrificateurs de Manu, X, 63, 7, des sept prêtres qui ont pris part aux exploits mythologiques dlndra, III, 31, 5. Au vers IV, 2, 15, les prêtres actuels souhaitent eux-mêmes de devenir les sept prêtres anciens, les Angiras, fils du ciel (cf. les sept chantres nés du ciel, IV, 16, 3), c'est-à-dire de renouveler les exploits des Angiras. Les sept prêtres anciens sont les sept «instituteurs», dhâlvi, du sacrifice, IX, 10, 3, ceux qui, comme les i4jus, ont institué Agni sacrificateur selon les sept lois, dhâmun, IV, 7, 5, cf. IX, 102, 2, et le Vers X, 130, 7, les appelle expressément les sept Aishis « divins ». C'est naturellement à cette conception de sept fondateurs du sacrifice que nous nous référons dans notre tentative de préciser la valeur mythologique des formules telles que « les sept prêtres ».

Quelques explications seront aussi nécessaires sur la formule des « sept rivières ». On admet généralement que les /4ryas de la période védique désignaient ainsi le pays qu'ils habitaient. Mais sans le témoignage des inscriptions de Darius, d'où il résulte que les anciens Perses donnaient en eflTet ce nom à llnde, et à ne consulter que les hymnes védiques, on pourrait presque douter que la formule en question ait jamais eu aucune signification géographique. En tout cas, Torigine en est purement mythique, et le passage même où Ton peut prétendre avec le plus de vraisemblance qu'elle désigne le pays des ^Iryas, VIU, 24, 27, est calqué sur ceux qui décrivent les victoires d'Indra au milieu des rivières célestes. Au vers X, 49, 9, les sept rivières qu'Indra fait couler sur la terre sont sans doute les mêmes sept rivières qu'il délivre en combattant le démon, I, 32, 12 ; II, 12, 3 et 12 ; IV, 28, 1 ; X^ 67, 12, et qui accroissent ses propres forces, X, 43, 3. Tout essai d*interprétation du nombre sept dans son application aux rivières doit porter exclusivement sur les rivières mythologiques.

f Les sept rivières semblent, au vers I, 141, 2, réunies dans un seul et même monde, celui de l'atmosphère. Dans ce passage, l'un de ceux où sont énumérées les trois naissances d'Agni que nous avons coutume de rapporter aux trois mondes, le poète place la seconde naissance du feu chez les sept mères, ou, ce qui revient au même, dans le langage des Aishis, chez des mères sept fois propices. Ces

sept mères paraissent bien être les mêmes que Fauteur du vers IX, 70, 4, appelle les mères « du milieu », c'est-à-dire sept rivières atmosphériques.

Mais Tattribution faite à un seul monde d'un groupe dont la formation répond, selon nous, à un système de division de Tunivers entier^ n'a rien de contradictoire avec notrcî théorie. Nous pouvons citer tel exemple de cet emploi secondaire d*un nombre, où il n'est possible d'entretenir aucun doute sur l'origine du nombre lui-même. Les trois naissances d'Agni ont certainement été rapportées d'abord aux trqis nombres. Il est cependant question au vers IV, 1, 7, de trois naissances « suprêmes » d'Agni, comme au vers V, 47, 4, de a triples vaches suprêmes ». On comprendrait parfaitement que de Tidée de sept femelles et de sept rivières correspondant aux sept mondes on fût passé pareillement à celle de sept femelles a du ciel », I, 72, 8 ; III, 1, 6, cf. 4, ou de sept rivières atmosphériques.

De même, en effet, que des systèmes de division appliqués d'abord à l'univers entier l'ont été ensuite à ses diverses parties, le nombre des formes d'un même élément donné par un de ces systèmes pouvait aussi être attribué secondairement à chacun des mondes. Quelquefois même, comme les nombres primitifs des mondes ont été multipliés l'un par l'autre, ceux qui expriment la somme des formes d'un même élément dans différents systèmes de division de Tunivers l'ont été également. Le vers X, 45, 2, pourrait être entendu en ce sens qu'Agni a trois fois trois formes. En tout cas certaines formules substituent aux sept places d'Agni trois fois sept places qu'il embrasse dans son immensité, I, 72, 6, aux sept trésors, trois fois sept trésors, I, 20, 7; Vâl. 11,5, aux sept vaches, trois fois sept formes de la vache, VU, 87, 4, trois fois sept femelles traites ou tétées par Soma, IX, 86, 21, et aux sept rivières, trois fois sept rivières, X, 64, 8. Au vers X, 114, 7, le sacrifice, assimilé à un char, que « sept » sages conduisent par la parole, et qui a « quatorze » autres a grandeurs », paraît être un sacrifice à vingt et une formes.

Il est vrai que les vingt et une formes de la vache sont au vers IV, 1, 16, appelées trois fois sept formes « suprêmes », et que le vers IX, 70, 1 , nous montre trois fois sept vaches donnant leur lait à Soma « dans le ciel antique n. Au vers Vni, 58, 7, le sacrificateur souhaite d'être réuni dans le « séjour de l'ami », c'est-à-dire dans le monde de Timmorta-

lité où règne Soma, à trois fois sept personnages, non autrement désignés, mais qui sont vraisemblablement vingt et un sacrificateurs mythiques. D'autre part, les rivières qui coulent (( triplement sept par sept », c'est-à-dire les vingt et une rivières figurent au vers X, 75, 1 en tête d'un hjmne consacré aux ri vières réelles ; d'où on pourrait conclure que les /{ishis ont quelquefois compté, non seulement sept, mais vingt et une rivières terrestres.

Ainsi après cette opération de l'arithmétique mythologique, qui consistait à répéter un nombre donné par un système particulier de division de l'univers autant de fois qu'il y avait de mondes dans un autre système, il faut en tout cas admettre une application des nombres ainsi formés, qui semble impliquer un complet oubli de leur signification supposée. Cependant, même quand l'un des nombres qui nous paraissent correspondre à l'ensemble des mondes est confiné, s'il est permis de parler ainsi, dans un seul monde, au lieu d'être répété pour chacune des parties de l'univers, la tendance qui portait les /Rshis à faire de toutes leurs formules arithmétiques autant d'expressions de Vubiquité des éléments de leur mythologie, ne perd pas toujours ses droits. 11 arrive alors quelquefois que par une addition analogue à celle que nous avons étudiée dans la seconde section de ce chapitre, mais pour un objet inverse, ils augmentent d'une unité le nombre transporté dans le ciel ou dans l'espace invisible, afin de rendre à la terre ou à l'espace visible la part qui doit leur appartenir dans la formation de tout groupe mythique.

J'explique ainsi les quatre pieds du Purusha, dont trois sont dans le ciel et un sur la terre, X, 90, 3 et 4. Le nombre des pieds d'un être mythique est ordinairement le même que celui de ses divers séjours. La parole, vâCy a aussi quatre places ou séjours ; trois sont cachés, le quatrième est celui de la parole humaine, I, 164, 45. On peut comparer encore le « remède » unique de la terre opposé aux deux et aux trois remèdes du ciel, X, 59, 9. Enfin, au vers 40 de l'hymne nuptial X, 85, l'époux mortel est appelé le « quatrième o époux, par opposition aux époux divins de la fiancée. Ne serait-il pas permis de voir là une nouvelle trace de l'usage mythique qui consistait à attribuer à la terre la dernière unité du nombre quatre en réservant les trois premières au ciel ? L'énumération des époux divins, Soma, Gan-

dharva, Agni, pourrait bien n'être qu'une interprétation secondaire d'une triade céleste d'abord indéterminée *.

L'objet de toute la discussion qui précède était de prévenir les objections qui pourraient être tirées de certains emplois du nombre sept contre notre idée de chercher un rapport entre les divers groupes mythiques auxquels il a été appliqué et la division septénaire de l'univers. Cette idée nous avait paru naturellement suggérée par l'usage entièrement analogue que les /{ishis font du nombre sept, d'une part, et des nombres deux et trois de l'autre, dans des formules où le rapport des nombres deux et trois avec les deux et les trois mondes a pu être directement établi. Elle va être appuyée sur des analogies nouvelles. Ce ne sont pas seulement les nombres deux et trois qui s'échangent dans les formules mythiques avec le nombre sept. Ce sont aussi les nombres quatre et cinq, donnés, l'un par la division de l'univers en quatre régions délimitées par les quatre points cardinaux, l'autre par le nombre précédent, augmenté, ainsi que nous l'avonsvu, d'une unité correspondant à Tespace invisible.

En regard des deux, des trois, des sept assemblées, des deux races et des sept races, nous rencontrons, et même beaucoup plus souvent, cinq races, II, 2, 10 ; IV, 38, 10; V, 86, 2; VI, 61, Ï2; VII, 15, 2; 75, 4. Les cinq races invoquent Indra, VIII, 52, 7, et on peut entendre en ce sens l'épithète pâncajanya appliquée à ce dieu, I, 100, 12; V, 32, 11.

Quand la même épithète est appliquée à Agni, IX, 66, 20*, à Agni que les cinq races honorent pareillement de leurs sacriâces, X, 45, 6, elle offre un intérêt particulier. Agni en eflFet n'est pas seulement, comme Indra, l'objet d'un culte ; il est lui-même l'instrument de ce culte, et dire de lui qu'il est honoré ou «oint» VI, 11, 4, par les cinq races, c'est en somme lui attribuer autant de séjours, à côté des deux, des trois et des sept séjours que nous lui connaissons déjà. La même observation paraît applicable aux passages concernant

1. Nous ayons expliqué les quatre formes d'Indra par l*addition d*une unité correspondant au monde invisible. C'est au contraire en tant qu'il accomplit ses exploits dans le monde visible qu'il parait mériter le nom de quatrième i^dit^a, Vâl. 4, 7. Le nombre des /Idityas étant porté de trois à sept, on a opposé de même aux sept ^dityas, que leur mère Aditi a emlnenés chez les dieux, un huitième i4ditya, MârtâTi^^a, qu'elle a rejeté, (X, 72, 8 et 9). Mais l'interprétation de ce mythe ne pourra être donnée avec quelque clarté que dans la quatrième partie (III, p. 107).

2. Et à Atri, traité dans la mythologie védique, ^ainsi que la plupart des anciens prêtres, comme une personnification d'Agni, I, 117, 3.

les rapports de Soma avec les cinq race«j, IX, 92, 3. D est en eflfet « préparé » par ces cinq races, IX, 14, 2, cf. 65, 23.

Le nombre cinq est également employé dans les formules concernant les femelles mythiques et y joue un rôle analogui^ à celui des nombres deux, trois et sept. Ainsi il est question au vers X, 55, 2, de cinq « amantes » dont Tamant parait être Soma *.

Au lieu de cinq, c^est quatre femelles seulement qui figurent comme « donnant du beurre » au vers 5 de l'hymne IX, 89 à Soma. Elles rappellent les quatre mondes dont Soma se revêt, opposés au « ciel antique » où trois fois sept vaches lui donnent leur lait IX, 70, 1, et les quatre sources qui distillent le beurre au bas du ciel, opposées au troisième monde, IX, 74, 6, c'est-à-dire les quatre points cardinaux. Au Vers VIII, 89, 10, les quatre femelles qui donnent leur lait sont opposées à peu près de même à la « place suprême » de la parole.

Il y a aussi en regard des deux mers, de la Sarasvatî aux trois séjours et des sept rivières, quatre rivières, I, 62, 6, correspondant évidemment aux quatre points cardinaux, et appelées ainférieures» , sans doute par opposition au cinquième point cardinal, c'est-à-dire au ciel ou au monde invisible.

Après les sept trésors, les trésors des deux et des trois mondes, il faut pareillement citer les quatre mers de la richesse, IX, 33, 6, cf. X, 47, 2, et les richesses des cinq races, I, 176, 3, cf. I, 7, 9; VI, 46, 7.

Comme il y a deux, trois et sept prêtres ou /îishis, il y a aussi cinq prêtres, appelés tantôt les cinq hotvi, II, 34, 14, cf. V, 42, 1, tantôt les cinq adhvaryu, III, 7,7. Nous avons déjà* rapporté à ces cinq prêtres les dix bras dont il est question au vers VIII, 90', 13. Il est très possible que l'auteur du vers V, 47, 4 ait pareillement entendu assimiler à des prêtres les quatre personnages, correspondant sans doute aux quatre points cardinaux, qui donnent asile au mâle représentant Agni ou Soma. Ces quatre personnages étant du sexe masculin ne peuvent guère représenter directement les points cardinaux eux-mêmes, et, dans le même vers, les dix qui nourrissent le mâle, et qui ne peuvent être que les dix doigts, éveillent naturellement, comme dans toutes les formules analogues, l'idée d'un sacrifice.

i. Voir I, p. 27i. .

Il faut d'ailleurs répéter pour le nombre cinq les observations que nous avons faites précédemment pour le nombre sept, et qui étaient applicables aussi au nombre trois. Quoiqun donné par un système de division appliqué à Tunivers entier, il a pu être secondairement attribué à un seul monde, soit au ciel, soit à la terre. Je ne connais aucun passage du /{ig-Veda où il soit nécessaire de considérer les cinq sacrificateurs comme cinq prêtres réels. En revanche, le vers 1, 105, 10, place ensemble au milieu du ciel cinq taureaux, qui, dans an hymne consacré à des spéculations sur le sacrifice, éveillent naturellement l'idée des cinq sacrificateurs ^ Mais c'est surtout la formule des cinq races qui donne lieu à des remarques intéressantes.

Nous avons déjà signalé * l'interprétation d'après laquelle les cinq races seraient cinq races humaines, la cinquième, ou race du milieu, n'étant autre que la race même des Avjsls. Or il est vrai que les cinq races semblent aux vers I, 89, 10; ni, 59, 8, opposées aux dieux, et qu'elles sont en d'autres passages expressément appelées les races « humaines », VII, 79, 1, dont le séjour s'oppose à l'atmosphère et au ciel, VIII, 9, 2. Mais d'autre part les vers VI, 51, II; X, 53, 4 et 5, où les cinq races figurent au nombre des divinités invoquées, et le vers X, 60,4, qui les place formellement dans le ciel, prouvent que les /îishis ont compté cinq races divines aussi bien que cinq races humaines. Les premiers passages cités ne peuvent donc être invoqués contre notre interprétation du mythe des cinq races. L'opposition des cinq races humaines et des cinq races divines nous fournit seulement un nouvel et frappant exemple des applications secondaires qui»peuvent être faites d'un nombre exprimant d'abord l'ensemble des parties de l'univers. Les cinq races, d'après toutes les analogies, n'ont pu être d'abord que les races de l'univers entier, comprenant les dieux et les hommes, à savoir les races des quatre points cardinaux, et une cinquième race identique à celle que le vers IV, 42, 1 appelle la <c race de l'enveloppe supérieure » et sur laquelhi règne Varuna.

Nous pouvons maintenant revenir à un emploi du nombre sept auquel nous n'avions fait plus haut qu'une allusion, et

!. Cf. les taureaux du vers III, 1, 7, identiques aux sept prêtres et aux cinq adhvaryus mentionnés dans le même vers. «. P. H7.

comprendre Torigine de Tépithète saptamânusha appliquée à Agni au vers VIII, 39, 8. Elle rappelle Tépithète pâncajanya\ et, comme les cinq races, les « sept races » qui honorent Agni*, ont pu ne devenir sept races « humaines» que par une application secondaire d'un nombre appliqué d'abord aux races de Tunivers entier. De plus, nous lisons au vers VI, 7, 6, que tous les êtres croissent sur la tête d'Agni Vaiçvânara comme sept branches. Voilà donc bien sept races comprenant tout ce qui existe.

S'il est intéreissant de comparer les emplois analogues que les /{ishis font des différents nombres, il ne Test pas moins d'observer les rapports que les différentes espèces de formules où figurent ces nombres peuvent et doivent avoir entre elles.

Dans le langage mythologique, « trésor» et « nourriture» sont des termes essentiellement équivalents. Si donc la nourriture a «sept places» différentes, VIII, 61, 16, il est vraisemblable que les sept trésors viennent aussi de sept lieux différents, qui ne peuvent être que sept mondes. Et comme c'est, toujours dans la langue des /îishis, des eaux que vient toute nourriture, il est permis de croire à un rapport entre les sept places de la nourriture et les sept rivières.

La ressemblance est bien plus grande encore entre les sept rivières et i*« océan à sept fonds», dont Indra et Agni épanchent les flots, VIII, 40, 5, et qui doit lui-même être rapproché de rétable mugissante « à sept bouches » qu'ouvrent les Acvins, X, 40, 8. Or, à supposer même que cet océan représentât une seule des trois grandes divisions de l'univers, l'atmosphère, l'expression « à sept fonds » impliquerait eu tout cas ridée de sept espaces superposés obtenus par un système de division qui^ avant d'être appliqué à l'atmosphère seule, l'avait été à l'univers entier.

On ne peut non plus séparer les sept rivières qu'Indra délivre en tuant le serpent, I, 32, 12; II, 12, 3 et 12; IV, 28, 1; X, 67, 12, des sept forteresses, I, 63, 7; VI, 20, 10; VII, 18, 13, d'où elles coulent après la victoire d'Indra, I, 174, 2, et des sept pentes sur lesquelles s'étendait le serpent qui les retenait, IV, 19, 3. Ces sept pentes elles-mêmes rappellent les sept pentes par lesquelles Soma s'élève dans le ciel, IX, 54, 2, et paraissent correspondre à sept mondes superposés.

1 . Si même les races appelées mdnushlh ne sont pas simplement les races issues de Manus, père des dieux aussi bien que des hommes (voLrl, p. 6S).

— Ul —

C*est ainsi qu'au vers VI, 47, 4, les « trois » pentes où Soma entretient une douce liqueur sont évidemment identiques aux trois mondes du ciel, de la terre et de Tatmosphère nommés dans le même vers. Même rapport sans doute entre les trois fois sept rivières, X, 64, 8, et les trois fois sept plateaux de montagnes, VIII, 85, 2.

Les sept offrandes et les sept prières sont dans un rapport

évident avec les sept prêtres ou iRishis. La chose est directe-

^ ment prouvée pour les prières par des formules telles que les

a sept chants des /îishis » retentissant pour Soma, IX, 103, 3,

cf. 62, 17, ou les « sacrificateurs aux sept sœurs », IX, 10, 7.

Il y a une relation tout aussi certaine entre les sept prêtres et les sept « chaînes » tendues par les « sages » pour « tisser » le sacrifice, considéré comme une étoffe, I, 164, 5. Ces sept chaînes, tendues sur un « veau » représentant Agni, deviennent au vers II, 5, 2, autant de rênes* tendues sur le même Agni, qui est appelé là le conducteur du sacrifice. La seconde figure implique Tassimilation, d'ailleurs fréquente, du sacrifice à un char. C'est encore le char du sacrifice que le vers VI, 44, 24 nous montre attelé par Soma, et conduit avec sept rênes. Les sept rênes sont, aux vers 9 et 10 de rhymne I, 105, rapprochées des cinq taureaux dans lesquels nous avons reconnu les cinq adhvaryuSjCe qui confirme Tidée d'un rapport avec les sept prêtres. De ce qu'elles semblent là réunies dans le ciel, comme les cinq adhvaryus eux-mêmes, il n'y aurait, ainsi que nous Tavons remarqué pour ceux-ci, rien à conclure contre le système général d'interprétation que nous cherchons à justifier. Au vers III, 6, 2, « les chevaux à sept langues » paraissent être les sept prêtres eux mêmes, les prêtres aux sept prières, traînant le char du sacrifice.

Le soleil aussi a sept rênes*, VIII, 61, 16, et sept chevaux, V, 45, 9, ou cavales appelées Harits, I, 50, 8 et 9 ; IV, 13, 3 ; VII, 60, 3, et, en raison de l'action attribuée au sacrifice sur les phénomènes, on conçoit également la possibilité d'un rapport entre les sept rênes ou les sept chevaux et les sept prêtres^. Nous avons constaté déjà l'assimilation des Harits aux dix doigts *. Il ne paraîtrait pas plus étrange

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