Ou des différents dieux. Voir la note précédente
4. Les sept places d'Agni correspondent peut-être aux sept limites tracées par les sages dont il est question au vers X, 5, 6. Celle des sept limites qui est seule franchie ou foulée par celui qui est a étroitement emprisonné s éveillerait assez naturellement Tidée de la terre, séjour et prison de l'homme.
Ainsi la relation des diverses heptades mythologiques avec une division septénaire de l'univers, suggérée par la comparaison de groupes analogues répondaat, soit à la division binaire ou ternaire, soit aux quatre ou aux cinq points cardinaux, et directement confirmée par la teneur même de certaines formules telles que les sept « places » de la nourriritnre, les sept « races » et les sept « places » d'Âgni et les sept a fonds p de Tocéan, Test indirectement pour la plupart des antres par le rapport plus ou moins étroit qu'ellesont avec les premières : rapport des sept trésors avec les sept places delà nourriture ; rapport des sept rivières avec l'océan à sept fonds ; rapport des sept prêtres et par suite des sept offrandes, des sept prières, etc., peut-être même des sept cavales du soleil avec les sept races et les sept places d'Âgni. Ce n'est pas tout. Nous pouvons trouver encore à l'appui de notre interprétation, tant pour les sept prêtres que pour les sept rivières S des arguments plus directs.
Déjà, dans la section précédente^ nous avons annoncé un nouvel exemple de la décomposition du nombre 7 en six unités correspondant aux trois ciels et aux trois terres, plus une unité correspondant à l'espace invisible, en ajoutant qu'il se rencontrait au vers 15 du même hymne I, 164, auquel nous avions emprunté déjà l'un des passages (vers 6) qui opposent le plus nettement aux six premiers mondes un monde supérieur et mystérieux. Or le nombre ainsi décomposé est précisément celui des sept /{ishis : « On dit que le septième de ceux qui sont nés ensemble est né seul, et que six seulement
1. Peut-être même pour les sept cavales du soleil. Le vers Vil, 66, 15 peut 8*entendre en ce sens que les sept sœurs Harits traînent le soleil u de téta en tète », ou, ce qui reviendrait au même, quelles le traînent, lui qui est le maître « de toute tète ». Le mot « tète » signifierait là u sommet », comme au vers X, 88, 16, et. 3, où il désigne le sommet de Tunivers. Les diyerses « tètes» seraient les sommets des différents mondes, et rappelleraient les sept pentes (cf. latétedela montagne, VII, 70, 3), par lesquellesSoma 8*élèye ja8qu*auciel, IX, 54, 2, en même temps que les sept têtes, correspondant aux différents mondes, de Thymne, Vâl. 3,4, de la prière, X, 67, 1, et généralement de tout être mythique à formes multiples, III, 5, 5. Les derniers rapprochements pourraient surtout servir à interpréter les formules qui nous montrent Indra partageant ses dons (peut-être les sept rivières), ff à chaque tête », VII, 18, 24, ou invoqué par a chaque tête », I, 132, 2. Les diyers emplois du mot çirshan répété seraient ainsi expliqués par des figures qui, toutes bizarres qu'elles puissent paraître, ont Tavantage d*être des figures védiques. On n*en pourrait affirmer autant de celle qui consisterait à prendre a tête », comme le fait M. Grassmann, dans le sens Tolgaire d* « individu ». Ajoutons qu'au vers VIII, 61, 16, les sept u rênes » da soleil paraissent correspondre aux sept places de la nourriture.
des /{ishis fils des dieux sont jumeaux. » Le /KsU qui est né seul, et qui, d'après la seconde partie du même yers, est immobile, ne diffère sans doute pas du « septième frère » dont les ruses, mâyd, X, 99, 2, rappellent celles du méchant père, VI, 44, 22. Nous avons remarqué déjà que la notion du méchant père est mythologiquement équivalente à celle d'un frère aîné, habitant comme lui le monde invisible. Elle se confond d'ailleurs avec celle du non-né que nous avions rencontrée au vers 6 du même hymne I, 164. Les formules s'expliquent l'une par l'autre, et si la première suggère naturellement l'idée que les six Aishis de la seconde sont les Aishis des six mondes, celle-ci achève de nous prouver que « l'unique » mentionné dans la première après les six mondes est bien un a septième » monde. Ajoutons que les désirs a partagés » et a distincts » des six Aishis jumeaux sont sans doute leurs prières \ et que le « partage » de ces prières rappelle celui de la parole , distribuée en divers lieux, que le vers X, 71, 3 rapporte aux « sept chantres ».
Le vers X, 82, 2, oppose également un personnage unique à un groupe de Aishis, et le place <( au-dessus d'eux ». Mais ce groupe est composé de sept * Aishis, et non plus seulement de six. C'est une application nouvelle du procédé de formation des nombres mythologiques par addition d'une unité. Quand le nombre sept, au lieu de se décomposer en six plus un, est pris lui-même, et c'est le cas le plus ordinaire, pour un nombre simple, il n'implique plus l'idée d'un monde invisible ni d'un personnage isolé de ses pareils dans ce séjour mystérieux. Le /îishi solitaire devient alors un huitième R'ishi. Delà encore le « huitième prêtre », objet de l'énigme du vers X, 114, 9: « Quel est celui qu'on appelle le huitième des prêtres? » Ce n'est peut-êtife pas sans une' allusion au même mythe qu'on oppose une huitième rêne aux sept rênes du sacrifice, II, 5, 2. En tout cas, je crois qu'au vers IX, 10, 7, 1' « unique » dont la place est remplie (?)
1 . Si même le mot ishta ne désigne pas directement leurs sacrifices {ishia de yaj?)
2. Le rapprochement des vers I, 164, 15 et X« 82, 2 suffirait pour écarter rinterprétation d'après laquelle les six Aishis du premier seraient Im six saisons, le septième Aishi représentant le mois intercalaire^ aussi bien que celle qui ferait déjà des sept Aishis ce qu'ils sont «n eflet devenus plus tard, les sept étoiles de la Grande Ourse. Qu'on remarque particulièrement le commencement identique des seconds hémistiches, tesham Uhi&nU ot Topposition de vihità et de vidhâtâ. Le rapport de deux formules ne saurait être plus étroit.
par les sacrificatenn « aax sept sœurs » , c'est-à-dire « aux sept prières », autrement dit par les sept sacrificateurs, n*est pas différent de 1* a unique » que le vers X^ 82, 2 place au-dessus des sept Aishis. Agni est probablement identifié à la fois à ce huitième Aishi et au père mystérieux ' dans le passage, III, 5, 5, où il est représenté a gardant sur son nombril * celui qui a « sept têtes ». Celui qui a sept têtes est sans doute un personnage équivalent à lui seul au groupe des sept prêtres.
En suivant la série naturelle des nombres nous rencontrons, après les deux sacrificateurs diviDs, après les trois jRibhus, après les cinq et les sept prêtres, après le huitième prêtre, deux autres groupes de sacrificateurs mythiques dont le rapprochement va nous offrir une application nouvelle de la loi de formation des nombres étudiée dans la deuxième section de ce chapitre. Le premier est celui des Navagvas dont le nom rappelle Tépithète saptagu « qui a sept vaches » donnée à Brihaspati, X, 47, 6. Les sept vaches de Brihaspati sont naturellement les sept prières, et si le nom des Navagvas signifie « qui a neuf vaches », ces neuf vaches ont du représenter également neuf prières, ou les prières de neuf prêtres, comme les sept prières sont les prières des sept Aishis. M. Roth et M. Grassmann donnent directement au mot navagvale sens de a nonuple « ou a composé de neuf». Voilà donc en tout cas un groupe de neuf prêtres dont il faut immédiatement rapprocher un groupe de dix prêtres désignés par le mot daçagva, et appelés au vers III^ 39, 5, par une sorte de pléonasme, les dix Daçagvas. Les Navagvas et les Daçagvas sont, comme les Angiras, auxquels ils semblent quelquefois identifiés, X, 108, 8, cf., 62, 6, d'anciens sacrificateurs, ancêtres des hommes, VI, 22, 2; X, 14, 6, qui ont les premiers offert le sacrifice, II, 34, 12, et accompli les diverses œuvres mythologiques dont il est Tinstrument, V, 45, 7 et 11 ; X, 61, 10 (et passim). Mais il est remarquable que le nom de daçagva ne soit employé seul que deux fois, II, 34, 12; VIII, 12, 2, et figure dans cinq autres passages, I, 62, 4; III, 39, 5; IV, 51, 4; V, 29, 12; X, 62, 6, à côté de celui de navagva^ qui est de plus employé seul neuf fois. Ce serait déjà une raison de croire que le mythe des Dagagvas n*est qu'une dérivation du mythe des