‹ La reliure de luxe. Le livre et l'amateurChapitre 10 sur 27 · DOUBLURE, MOSAÏQUE DE MAROQUIN · texte numérisé non relu

DOUBLURE, MOSAÏQUE DE MAROQUIN

(De la Reliure, Planche VII)

Exécutée aux petits fers et au pointillé. Filets droits et courbes.

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qu'en 1686 que les relieurs furent érigés en corporation *, et purent n'être pas à la fois relieurs et libraires. Mais l'édit de 1686 n'avait sans doute pour but que de régulariser un état de choses depuis longtemps existant. Il y avait des relieurs s'occupant exclusivement de leur art. » Que peuvent signifier ces mots : Il y avait alors des relieurs s'occupant exclusivement de leur art ? — Ils s'en étaient toujours occupés exclusivement. Mais, auparavant, ils étaient subordonnés à l'imprimeur et au libraire, ou, si l'on veut, des ouvriers au service de l'imprimeur et du libraire, n'ayant pas le droit d'avoir un magasin et de vendre euxmêmes leurs produits. L'imprimeur et le libraire prenaient le titre d'imprimeur-relieur, de libraire-relieur. Ce n'étaient pas eux qui exerçaient le métier de relieur ; ils le faisaient exercer à des ouvriers placés sous leur direction et travaillant moyennant un salaire, à leur profit. De plus que le profit, ils avaient l'honneur d'une belle reliure. Le relieur et le doreur y étaient étrangers. Us n'ont pas le droit de signer, c'eût été une usurpation ; leurs reliures ne leur appartenaient pas; le relieur et le doreur n'ont ni clientèle

* Voir dans l'ouvrage de MM. Marius Michel, la Reliure française industrielle et commerciale, à l'appendice, le texte du privilège accordé aux relieurs-doreurs en 1686. Ce privilège leur donnait le droit d'ouvrir boutique. Il n'ôtait pas aux imprimeurs et aux libraires le droit d'avoir chez eux un atelier de reliure, et ils n'y renoncèrent que très avant dans le dix-huitième siècle.

à faire, ni crédit à acquérir. Crédit et clientèle, s'il y en a, reviennent au patron pour lequel ils travaillent. C'est dans ce sens que Guillaume Eustace, libraire en 1493, libraire et relieur juré de l'Université en 1508, se qualifie, en 1528, de relieur du roi. Il fournit sans doute à François Ier des livres reliés par des ouvriers artistes placés sous ses ordres. Il en est de même de la dynastie des Eve. Ce ne sont pas des relieurs; ce sont des libraires qui font relier, et acquièrent à faire relier une réputation qui les a fait passer à la postérité, quoique non au titre qui leur convient. H y a trois Eve : Clovis Ier, relieur du roi en 1578, qui exerçait encore en 1627, et qui était imprimeur, en d'autres termes, faisait relier et ne reliait pas ; — Nicolas Eve, qui exerça jusqu'en 1610, et qui était aussi imprimeur; — enfin Clovis II, mort, disent les uns, en 1618, plus tard, selon d'autres plus autorisés, car il existe, imprimée par lui, en 1623, une Vie et légende de saint Louis. Il était donc imprimeur comme les autres Eve. Il n'en est pas autrement de Macé Ruette, imprimeur relieur, à partir de 1606, inventeur du papier marbré à faire des feuillets de garde *. Son fils, Antoine Ruette, relieur en titre de Louis XIV, était imprimeur également : on possède un Office de la semaine sainte, imprimé par lui en 1644.

* Il suit de là qu'un livre ayant des feuillets de garde en papier marbré a été relié postérieurement à 1606.

Pl. XXVIII et XXIX. LA RELIURE DE LUXE 106 et 107

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