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gnes auxquelles on accrochait sa vanité plus souvent que sa préférence. Le maroquin a détrôné presque tous ses rivaux. Il est d'ailleurs commode ; il se prête à tous les caprices de l'imagination. Et puis, il a un avantage qui n'est pas à dédaigner. Malgré son prix, il est relativement moins coûteux, plus facile à se procurer, plus aisé à ouvrir. Une dernière raison, qui n'est pas la moindre, est qu'il échappe à certains risques. Employé à faire une reliure il ne peut être détourné de sa destination. On peut être sûr que s'il est resté si peu de spécimens de la prodigalité de nos Ancêtres, à propos de la reliure, c'est que la reliure de l'orfèvre et du joaillier du Moyen Age et de la Renaissance offrait une proie à la cupidité. Une reliure était un écrin. On en a détruit des milliers, afin d'en vendre l'or, l'ivoire, les pierres précieuses. La plupart des riches reliures décrites dans les chroniques et les inventaires du mobilier des châteaux, des bibliothèques princières, des églises, des couvents, n'ont pas laissé de traces. Lé maroquin a cela de bon; un artiste aurait dépensé deux ans de sa vie à le décorer sur le dos d'un livre, qu'il n'y a pas moyen d'en faire autre chose qu'une reliure. C'est une précaution utile à ceux qui désirent que leurs reliures survivent, artistes qui les ont faites et propriétaires qui les ont fait faire; de plus, c'est économique. 11 y a trop de livres à relier main-
tenant, pour qu'on puisse consacrer à la reliure de quelques-uns le prix qu'on y mettait autrefois, qu'une demi-douzaine de volumes faisaient le trésor d'un particulier et la joie d'un prince. Il en faut maintenant des centaines, quelquefois des milliers, pour satisfaire l'ambition d'un seul. Il n'y a personne parmi les amateurs qui n'aspire à former une bibliothèque d'université. On ne peut plus recourir à l'ivoire, aux pierres précieuses. Tout a diminué de taille en nos temps démocratiques, les bibliothèques comme le reste. On ne trouverait plus en Europe, sinon dans un musée et à titre d'antiquité, un livre pareil au Golden manual prayers, que la reine Elisabeth d'Angleterre portait suspendu à la ceinture, relié en or massif, avec le jugement de Salomon et le serpent d'airain entourés des Israélites, gravés en miniatures sur les plats. Il n'y a plus besoin de l'ordonnance d'Henri III (1577), qui enjoint aux amateurs et aux relieurs de s'en tenir à la dorure des tranches et à de simples armoiries sur les plats. Les mœurs ont rendu de telles prescriptions inutiles, et si les mœurs n'y avaient pas pourvu, l'économie politique s'opposerait aux ordonnances somptuaires de la nature de celle d'Henri III.
RELIURE MAROQUIN
Sept filets aux coins rectangulaires.
Aux angles, palmes exécutées aux filets courbes, Feuilles et Points posés un à un.
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