‹ La reliure du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 17 sur 39 · RELIURE DE THOUVENIN · texte numérisé non relu

RELIURE DE THOUVENIN

que du temps des Bozérian. Il n'est pas illimité cependant, et, avec quelque expérience, on pourrait arriver à l'inventorier. Mais, il n'y a pas à cela nécessité absolue, et il suffira largement de montrer ici , en assez grand nombre d'ailleurs, des spécimens.

Les expositions des produits de l'industrie se multipliaient, prenant une importance croissante. La reliure, absente en 1798, avait paru à celles de 1801, 1802, 1806. Elle figure brillamment, avec nos trois grands relieurs, aux expositions de la Restauration, 1819, 1823 et 1827, à la première surtout. En 1819, Thouvenin envoie onze ouvrages, et l'un d'eux est encore qualifié par lui de « reliure à la façon de Derome », mais les autres sont donnés pour des « échantillons de reliures à la Thouvenin » : parmi eux, un Paul et Virginie « extraordinaire », un Voyage aux Indes en veau, à compartiments et filets noirs, et une Pucelle en « demi-reliure extraordinaire pour le corps d'ouvrage » ; un volume en cuir de Russie, etc. Simier envoyait un Paler polyglotte I. 7

— sodé l'Imprimerie Royale , très richement relié en maroquin bleu, une Imitation en veau mosaïque, et d'autres volumes en maroquin citron , en maroquin écaille fondue , et en maroquin amarante. Purgold exposait de simples cartonnages à la Bradel, des demi-reliures, et des reliures en veau.

Costaz avait été rapporteur général des expositions de 1801 à 1819. Le fameux ingénieur Héricart de Thury , l'homme des catacombes , des puits artésiens et de l'agronomie , fut rapporteur du jury d'admission du département de la Seine pour 1819, et l'un des rapporteurs généraux pour 1823 et 1827. Détail à remarquer immédiatement, par contraste avec ce que nous verrons un peu plus tard : les jurys dans leurs rapports parlent peu reliure, et point du tout décor de reliure ; comme toujours, ils ne sont guère bibliophiles. Seul le rapport du jury d'admission de la Seine pour 1819 offre quelque intérêt. Il loue beaucoup Thouvenin de son corps d'ouvrage et de son laminage des cartons. Il n'a pas l'idée de blâmer la grecque et les faux nerfs.

HoIiog.Dujara

]BOSTOîf PUBLIC LIESAK?, ŒUVRES DE VOLTAIRE LS/J-ldZQ

RELIURE DE SIM'ER

Nous pourrons reconstituer, sinon textuellement, du moins par équivalent, une vitrine de reliure aux expositions de la Restauration, en donnant ici quelques modèles choisis.

[14] Larrivière. L'Enéide, Rome, 1819, in-foL, exemplaire relié pour la duchesse de Devonshire. Maroquin bleu, bande de dorure, avec champ, et dentelle de bord. Petites roulettes à froid, etc. La dorure est assez flne*, mais la conception est quelconque. Dos extrêmement chargé. Doublé de tabis, avec encadrement d'au moins huit roulettes poussées l'une en dedans de l'autre. Tranche ciselée.

[15] Purgold. Oraisons Funèbres, .Tanet, 1820-26. Maroquin prune. Véritable type du décor Restauration avec ses gros titres, son mélange de filets d'or et de gaufrure relativement discrète, et sa plaque en losange.

[16] Purgold. Boileau, de Biaise, 1821.

1 . Pour tous les spécimens à pointillé, les héliogi'avures que nous donnons peuvent être examinées légèrement grossies à la loupe.

Maroquin marron . Dos orné de fers gras . Cadre doré sur le plat ; point de gaufrure.

[17] Thouvenin. L'Imitation. Janet, 1818. Maroquin bleu. Dos orné de rosaces, et nerfs ornés. Sur le plat, grand encadrement avec carré à chaque angle, à fine dorure dominante, et gaufrure légère.

[18] Thouvenin. Histoire de Henri le Grand, par Péréfixe, 1822. Maroquin lie de vin. Dos sans nerfs, très chargé d'une lourde dorure. Sur le plat, association hybride d'un milieu doré assez élégant et de lourdes plaques d'angles.

[19] Thouvenin. Paul et Virginie, Méquignon- Marvis, 1823. Maroquin bleu. Dos sans nerfs, élégamment orné. Sur les plats, bel exemple de grande plaque dorée'.

[20] Simier. Voltaire, édition de Didot, 4 volumes in-8, en caractères microscopiques,

Page 1