RELIURE «A LA CATHÉDRALE
une hydre — ne se borna pas à décorer ks livres pseudo-gothiques, et bientôt, l'ayant sous la main, on l'appliqua à des livres de tout genre.
Voici quelques variétés de ce type :
[35] Le décor gothique à rosace. Il est mis ici par Simier sur un livre intéressant, avec lequel il n'a d'ailleurs aucun rapport : le Salon de 1822, par M. Thiers. Veau fauve, dos orné.
[36] Le décor en portique. Sur les Poésies de Clotilde de Surville, Nepveu, 1824, 2 volumes in-8 à vignettes troubadour. Maroquin rouge ; dos à rosaces mosaïquées, plats à portique de c< castel » mosaïque de vert, jaune, noir, etc.
[37] Le portique à trois gables. Sur les Annales romantiques de 1830, in-12. Ici il est poussé en or, mais on le trouve également gaufré à froid.
On retrouve des façades de cathédrale sur les livres les plus imprévus, par exemple sur le Procès des ministres de Charles X !
La reliure gothique a surtout sévi, par un affreux anachronisme, sur les classiques français. Sans parler du dos spécial, très bien gaufré par Thouvenin sur le Rabelais de Dalibon, ledit Thouvenin a poussé des triples gables, des arcatures et des triforiums (ô architecture de gâteau monté!) sur les éditions de Molière, Racine, Montesquieu imprimées en un volume à deux colonnes , par les soins de De Bure !
Nous avons encore les plaques à deux ogives symétriques, l'une la pointe en haut, l'autre la pointe en bas ! Et les pilastres gothiques, également posés chapiteau en haut, chapiteau en bas : lesdits chapiteaux ayant une rosace au milieu, comme on met un œil dans la main!
Comme exemple possible de ce gothique têtebêche, nous donnerons :
[38] Simier. La Lanterne, vaudeville, à l'occasion de l'ouverture de la nouvelle salle de Saint-Cloud, par MM. Seveste frères, 1827. Maroquin vert, décor symétrique dans le haut et le bas par assemblage de plaques gothiques.