‹ La reliure du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 3 sur 39 · DU XIX" SIÈCLE · texte numérisé non relu

DU XIX" SIÈCLE

du décor xviir au décor xe'. — Le décor Empire.

Quand on arrive à l'époque de transition entre l'ancien régime et la période tout à fait moderne, entre la reliure jusqu'ici admise par les historiens et une reliure nouvelle, il y a, certes, un moment dur à passer, et il faut le cœur solide pour ne pas tout abandonner!

Cette époque de transition montre un double courant :

D'un côté, la reliure ancienne, forme Louis XVI, va en s'abâtardissant de plus en plus. Nous la 1. 1

trouvons encore, vieillotte et décrépite, en 1804, et même encore plus loin, jusque vers 1810, sur des volumes qui, par l'ornement du dos et la bordure des plats, font assez bien la charge des Derome le jeune.

Nous en avons sous les yeux un curieux spécimen, sur un exemplaire de dédicace de la pièce patriotique et anglophobe Tippo-Saïb ou la Prise de Seringapatam, an xn; c'est une reliure de quelque Bradel père, ou fils, ou aîné, ou jeune : dos à la lyre, bordure autour des plats, et au milieu une F de forme rocaille, surmontée galamment d'une couronne de fleurs ; c'est du pur xvnf. Cette F couronnée désigne ici (que les temps sont changés!) non plus François ï", mais... Fouché, ci-devant régicide et terroriste, présentement sénateur, ministre de la police, et comme le dit la dédicace manuscrite, devant à l'opinion

. . . l'honorable fonction De surveiller la France entière

et la situation de « ministre qu'on révère » et d' « objet d'un public amour » !

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