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LA PLEIADE

RELIURE DE CUZ IN ("DOUBLURE

MM. Arnal, Germain Bapst, Bégis, Henri Beraldi, Billard, Brivois, de Champ-Repus, Cherrier, Clément, Charles Cousin, docteur Cusco, Daguin, Delbergue-Cormont, Fernand Drujon, Paul Gallimard, Ferdinand Gauthier, Abel Giraudeau, Laugel, Lessore, de Marchéville, Georges Masson, Léon Mercier, Eugène Paillel, Piet, baron Roger Portalis, de Sainl-Geniès , Sixdeniers, Vian, Octave Uzanne, etc., représentant dans leur ensemble toutes les modalités, les variantes, les nuances de l'amour des livres. (Et plus tard Mme Adam, prince Alexandre Bibesco, prince Roland Bonaparte, MM. Henri Bordes, de Bormans, Bougard, Christophle, Jules Claretie, Collin, Delafosse, Descamps-Scrive, Droin, Galichon, Grondard, Robert Hoë, Henry Houssaye, Paul Lacombe, Lucas, Manchon, Henri Meilhac, Victor Mercier, de Montgermont, Parran, Ribot, Rodrigues. Sarcey, vicomte de Savigny, Solacroup. Tuai, Tricaud, Vautier, Villebœuf, etc.) Dès la première réunion, grande et décisive discussion sur la conduite à suivre. Tout de suite l'opinion vieillotte et rétrospective se produit : publier des textes anciens ou inconnus, intéres-

MM. Arnal, Germain Bapst, Bégis, Henri Beraldi, Billard, Brivois, de Champ-Bepus , Cherrier, Clément, Charles Cousin, docteur Cusco, Daguin, Delbergue-Cormont, Fernand Drujon, Paul Gallimard, Ferdinand Gauthier, Abel Giraudeau, Laugel, Lessore, de Marchéville, Georges Masson, Léon Mercier, Eugène Paillet, Piet, baron Roger Portalis, de Sainl-Geniès , Sixdeniers, Yian, Octave Uzanne, etc., représentant dans leur ensemble toutes les modalités, les variantes, les nuances de l'amour des livres. (Et plus tard Mme Adam, prince Alexandre Bibesco, prince Roland Bonaparte, MM. Henri Bordes, de Bormans, Bougard, Christophle, Jules Claretie, Collin, Delafosse, Descamps-Scrive, Droin, Galichon, Grondard, Robert Hoë, Henry Houssaye, Paul Lacombe, Lucas, Manchon, Henri Meilhac, Victor Mercier, de Montgermont, Parran, Ribot, Rodrigues, Sarcey, vicomte de Savigny, Solacroup. Tuai, Tricaud, Vaulier, Villebœuf, etc.) Dès la première réunion, grande et décisive discussion sur la conduite à suivre. Tout de suite l'opinion vieillotte et rétrospective se produit: publier des textes anciens ou inconnus, intéres- IV. 2

sants pour l'histoire de la linguistique, genre sociétés savantes. Sur ce, grimace atroce de la majorité, qui déclare « considérer la bibliophilie comme un délassement intellectuel et délicat, non comme un travail pénible annexe à l'érudition ». Le mot d'ordre est donc : Livres choisis, éditions soignées, belles illustrations.

Ainsi naît la Société des Amis des Livres, appelée bientôt à une si grande prospérité et à une si considérable influence, sous la présidence d'honneur du duc d'Aumale, sous l'aimable, ferme et prudente présidence effective d'Eugène Paillet.

On décide de publier une édition de luxe de la Chronique de Charles IX. Eugène Paillet, chargé de la confection du livre, en demande l'illustration à Edmond Morin (1876).

Sans y mettre de prétention, la Société des Amis des Livres venait de faire un acte caractéristique. Elle créait le livre illustré fabriqué par des bibliophiles pour eux-mêmes; le livre à petit nombre, le livre voulu et rigoureusement tenu rare.

Sans s'en douter elle venait de dégagrer la

formule de la bibliophilie de 1900, qu'on pourrait écrire : Désormais, si tu veux des livres, fais-les-toi toi-même.

Fais-les-toi toi-même\ Mais c'est la formule primitive, essentielle, et éternelle, de la bibliophilie. L'autre formule : Borne-toi à acheter les limes que d'autres se sont faits à eux-mêmes, n'est que secondaire, dérivée et transitoire. Secondaire et dérivée : il est clair que s'il n'y avait pas eu, pendant des siècles, des bibliophiles créateurs el fabricateurs, nos modernes accumulateurs rétro- .spectifs n'auraient rien eu à se mettre sous la dent. Transitoire : les chefs-d'œuvre de cette fabrication ancienne, absorbés par les collections et les musées, disparaissent de la circulation, sinon encore tout à fait, du moins assez pour ne plus suffire désormais à entretenir chez les collectionneurs de livres l'ardeur de la recherche quotidienne.

La situation est donc nette : ou ne plus avoir de livres, ou les faire.

Les faire, c'est-à-dire, non seulement confectionner des exemplaires exceptionnels, mais aussi provoquer directement la production du livre

lui-même, le fabriquer, ou collaborer à son éclosion : introduire, dans la création du livre, la fameuse collaboration de l'industriel ou des artistes qui exécutent, et de l'amateur qui commande.

— Et que peut donc donner cette fabrication du livre par le bibliophile?

— Ce qu'elle peut donner? Mais, jadis, elle a donné les admirables manuscrits que les bibliophiles se firent calligraphier, enluminer, illustrer! Voulez-vous ne pas remonter si loin et laisser de côté nos prédécesseurs carolingiens, ou même notre vénéré patron Charles Y? Eh bien, au xm", le principe du fais-les-toi toi-même a donné les livres de Grolier et des Valois; au xvn% la fameuse Guirlande de Julie ; au xvni% les Contes de La Fontoine des fermiers généraux, les Fables de Dorât, les Baisers ; mieux encore, cette merveille de l'art français, les Chansons de La Bordel au xix% les Portes de fer, les Contes Rémois....

Le retour — par nécessité — au principe primitif, à la création du livre, est donc le trait caractéristique delà bibliographie de 1900.

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