RELIURE DE LORTIC FILS (DOUBLURE
Henri Marius Michel. — La flore ornementale.
Vers 1876, les conditions d'existence de l'atelier de dorure Marius Michel se modifiaient. Cet atelier, d'ailleurs, avait un quart de siècle de durée, et dans la vie les choses restent rarement identiques à elles-mêmes au delà de ce temps. Nouvelle génération, nouvelles idées.
Premièrement, les bibliophiles qui confiaient leurs livres à des relieurs divers, à Chambolle, Thibaron, Hardy, David, Cuzin, étaient las de les voir revenir tous avec les mêmes modèles de fers de l'atelier Marius Michel, chez qui ces relieurs
faisaient dorer. Ils soupiraient après la variété.
Deuxièmement, le triomphe de la dorure enfoncée, à la Trautz, était absolu, et, pour être plus sûrs d'obtenir l'enfoncement et le nourri, les relieurs tendaient à la faire exécuter sous leurs yeux et sous leur contrôle en montant chez eux un atelier de dorure. Thibaron commença en s'associant Joly. Chambolle continua, en prenant Mayer, qui était précisément ouvrier chez Marius Michel. Puis ce fut Cuzin, qui engagea Maillard, et, adoptant résolument la formule de reliure et de dorure à la Trautz, amena à lui la clientèle des bibliophiles trautzistes.
Ces deux causes suffisent à expliquer le changement. Maintenant, si vous aimez les anecdotes de coulisses, on peut ajouter un autre détail, sous ce titre : l'incident de la signature.
C'était la mode; à l'époque 1860-1875, d'illustrer artificiellement des livres; de prendre des exemplaires en grand papier des classiques français, des Molière, des La Fontaine, etc., et de les remplir de toutes les suites d'illustrations exécutées à travers les siècles pour ces auteurs;