FAUST
RELIURE DE MAK1US MICHEL
spécial pour chacune des belles éditions modernes de Jouaust, Conquet, Launette, des Amis des Livres, dont les exemplaires exceptionnels lui étaient confiés ;
5° Enfin, abandon du décor symétrique.
Ceci est l'idée la plus caractéristique de Marius, et elle dérive tout droit de son caractère, de la haute opinion qu'il se fait de l'art du relieur.
Quand ils disaient, non sans arrière-pensée : « Marius? c'est un artiste ! » lestrautzistes, en un sens, disaient vrai. Marius n'est pas fait pour ce travail de bœuf dans le sillon qu'est d'ordinaire le travail du relieur : pousser patiemment des trois filets et des roulettes sur des trains de livres. Marius n'est pas un relieur-relieur, c'est un relieur-artiste, prétendant faire de chaque volume une œuvre d'art. Son idée arrêtée, son ambition constante est de refaire de la reliure un objet de vitrine. Au xvie siècle, on exposait bien les reliures par le plat sur lequel était inscrit le titre : pourquoi donc les reliures du xixe siècle ne devaient-elles pas, elles aussi, être considérées dès à présent comme des objets
de curiosité? Pourquoi une reliure ne serait-elle pas traitée aussi favorablement qu'un autre objet d'art, un émail ou un verre? Pourquoi aujourd'hui le relieur ne marcherait-il pas de pair avec le céramiste ou le médailleur?
De là, les reliures traitées avec la plus grande liberté et fantaisie; les titres reportés sur les plats, les dos ornés d'un seul jet de tête en queue, etc.
Passons aux exemples et figurons une vitrine de reliures de Marius :
[167] Faust, Hachette, 1878, grand in-fol., illustrations allemandes de Liezen-Mayer. Maroquin tête de nègre. Sur le plat, le titre, traversé par un hibou. Poignard, pavot symbolique, marguerite brisée.
Ce remarquable décor emblématique est en mosaïque de maroquin ombré au trait, dès
Il n'y a pas à hésiter : ce décor est un ancêtre. C'est le chef de la famille des modelés ombrés, maroquins pyrogravés, qui se sont multipliés.