‹ La reliure du XIXe siècleChapitre 61 sur 69 · Relieurs de · texte numérisé non relu

Relieurs de

Trautz, 15, rue du Four. — Marius Michel père et fils, 15, rue du Four, puis 179, boulevard Saint-Germain. — Lortic, 11, rue de la Monnaie, puis 50, rue Saint-André-des-Arts. — Cuzin, rue Dupuytren, puis 5, rue Séguier. — Thibaron, 15, rue Guénégaud. — Chambolle, 1, rue du Pont-de-Lodi.

Allô, 39, rue du Four. — Amand, 9, rue de l'Ancienne- Comédie. — Belz, passage Dauphine. — Brany, 17, quai des Grands-Augustins. — Canapé, 18, rue Visconti. — David, 3 bis, rue des Beaux-Arts. — Galette, 12, rue de Nesles. — Gruel-Engelmann, 11, faubourg Saint-Honoré. — Hardy, 15, rue Gît-le-Cceur. — Masson-Debonnelle, 16, rue Dauphine. — Petit-Simier, 7, quai Conti. — R. Petit, passage Sainte-Marie. — Quinet, 3, rue Séguier. — Raparlier, 17, rue Gozlin. — Reymann, puis veuve Reymann, 15, rue de Buci. — Smeers, 1, rue Christine. — Thivet, 10, rue des Poitevins. — Thouvenin, 35, rue Godot-de-Mauroy.

Lemardeley (cartonnages), 103, rue de l'École-de-Médecine.

Engel, 9, rue du Cherche-Midi. — Lenègre, 35, rue Bonaparte. — Magnier, 7, rue de la Vieille-Estrapade.

Les constatations de fait ne sont pas moins intéressantes. De bonne foi, regardez la série des reliures que nous avons fait défiler sous vos yeux dans ce volume. Quel chemin parcouru depuis 1870, depuis la Christine de Pisan de Trautz et les copies de mosaïques à répétition ! Que d'idées originales; au total, quel renouvellement! Et dans tous les genres : jeux de filets, emblèmes, flore décorative, cuir travaillé, plaques, décors libres et non symétriques ! Que d'oeuvres imprévues, remarquables, ne ressemblant à rien, caractéristiques de leur temps, et que, plus tard, le premier coup d'œil fera reconnaître pour avoir le style, — oui, le style de la fin

du XIXe SIÈCLE.

Quoi ! notre époque, un style? Mais oui. Allons, grands bibliophiles, ne vous contorsionnez pas et ne faites pas de cris : vous êtes bien définitivement vaincus!

Réaction contre le surmenage des prix.

Fin de la bibliophilie de 1875. — Le krach des Trautz.

Fin de la copie.

Après la défaite, la déroute.

Sur terre, hélas ! rien ne dure, à commencer par nous. Dans la lutte entre les traditionnaires et les innovants, le vrai vainqueur fut le Temps.

Voici que, laissant debout les jeunes, les nouveaux, les modernistes, il abat l'un après l'autre les anciens, les bibliophiles de 1875, et les survivants de la bibliophilie rétrospective et vénérante. Et s'ils ne meurent pas tous, presque tous sont frappés de la contagion de vendre. Comme la grande pièce d'un feu d'artifice qui

s'abîme explosion par explosion, la bibliophilie épique s'en va, éclatant amateur par amateur. Le marché, d'ailleurs, s'anémie, écrémé par quelques grandes bibliothèques permanentes. Les libraires eux-mêmes se raréfient. C'en est fini de la causerie quotidienne, du five o'clock book chez Rouquette, fini des séances de la congrégation chez Fontaine. Las des allures minotauresques du livre ancien, des bibliophiles rompent avec lui pour aller « se mettre » avec le livre moderne. — Bibliophiles libérés, aurait dit Henri Heine! — Quant aux fidèles, aux inébranlables, ils meurent.

Et chaque disparition de bibliophile enlève un étai dans l'extraordinaire échafaudage des prix. La frénésie n'étant plus entretenue, l'atmosphère capiteuse, surchauffée, créée et entretenue par les bibliophiles de 1875 se refroidit. Écroulement!

Non pas de la bibliophilie, entendons-nous : l'amour du livre est toujours debout. Mais de ce qu'il y a de soufflé dans la bibliophilie, et de factice, de chauffé à la grosse caisse. Et aussi, hélas! d'excitant, de brûlant, de palpitant.

p.Ch.WHtmaim

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