XII INTRODUCTION
En somme, à cette époque, l'Eglise catholique, bien que délivrée delà persécution violente, se faisait encore humble et tâchait presque d'être invisible. Le cardinal Vaughan Fa comparée à ces bateaux qui, au lendemain de la tempête, quand le vent est encore dur, bien qu'affaibli, diminuent leurs voiles pour y donner le moins de prise possible.
Sans doute, la masse du public ne ressentait plus au même degré, contre les papistes, cette aversion mêlée d'effroi qui était autrefois l'une des manifestations du sentiment national, alors qu'en tout Anglais catholique on soupçonnait un suppôt de l'Espagne ou un conspirateur méditant de faire sauter le Parlement et de mettre le feu aux quatre coins de Londres. Mais, si la passion était amortie, les préventions et Téloignement demeuraient *. Le maître de maison s'excusait auprès de ses convives, s'il les faisait se rencontrer avec un catholique. De ce que pouvait bien être le catholicisme, on n'avait du reste aucune idée précise ; il apparaissait de loin comme je ne sais quel amalgame de superstitions, d'idolâtrie et d'immoralité. Ainsi que l'a rapporté l'un des convertis de la première heure2,
1 Des observateurs ont noté cependant quelques faits qui, à la lin du siècle dernier et au commencement de celui-ci, avaient un peu atténué ces préventions. C'est d'abord l'émigration, en Angleterre, de milliers de prêtres français, proscrits par la Révolution ; ils furenl bien accueillis et, par leurs vertus, forcèrent l'estime de leurs hôtes. C'est aussi l'influence considérable des romans de Walter Scott, qui habituèrent les imaginations anglaises à sympathiser avec des personnages catholiques; en octobre 1890, à Nottingham, M»' Harnet a fait une lecture sur Sir Walter Scott and the Revival of cat/iolic sympathies.
- Le chanoine Oakeley.