INTRODUCTION XIII
les Anglais, à cette époque, savaient mieux les coutumes des Egyptiens que celles des catholiques, leurs compatriotes, demeurés fidèles à la vieille foi; ils avaient répugnance à causer entre eux de ce sujet, et beaucoup vivaient une longue vie sans s'être demandé une seule fois ce qu'il en était. Les libéraux eux-mêmes, qui réclamaient alors rémancipationdes catholiques, témoignaient à leur égard de moins de sympathie que de dédain ; ils arguaient de leur insignifiance et de leur discrédit pour soutenir qu'on pouvait sans danger leur faire justice. De cet état, si complètement disparu aujourd'hui qu'on a quelque peine à se le figurer, un témoin, autorisé entre tous, Newman, a fait un tableau saisissant, dans un sermon prononcé quelques années après sa conversion < ; évoquant des souvenirs alors peu éloignés, il exposait, en ces termes, sous quel aspect, au temps de son enfance et de sa jeunesse, lui étaient apparus le catholicisme et les catholiques :
Dans relie contrée, il n'y avait plus d'Eglise catholique; il n'y avait plus même de communauté catholique, mais un petit nombre d'adhérents à la vieille religion, passant silencieux et tristes, comme un souvenir de ce qui avait été. Les « catholiques romains » n'étaient pas une secte..., un corps, si petit, qu'il fût, représentant la grande communion du dehors, mais une simple poignée d'individus que Ton pouvait compter, comme les pierres et les débris du grand déluge... Ici, c'était une bande de pauvres Irlandais, allant et venant au temps de la moisson, ou une colonie.
1 The Second Spring, prêché à Oscott, le 13 juillet 1852, lors du premier concile provincial de Westminster. {Newman' s Occasional sermons.)