‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 14 sur 69 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

des mêmes dans un quartier misérable de la grande métropole; là, peut-être, c'était un homme âgé que Ton voyait se promener dans les rues, grave, solitaire, étrange, quoique de uoble maintien, et dont on disait qu'il était de bonne Famille et « catholique romain »; c'était une maison de vieux style, de sombre apparence, enfermée derrière de gtands murs, avec une porte de fer, des ifs : on racontait que là vivaient des « catholiques romains »; mais qui ils étaient, ce qu'ils faisaient, ce qu'on voulait dire quand on les appelait catholiques romains, nul n'aurait pu l'expliquer; on savait seulement que cela sonnait mal et parlait de formalisme et de superstition... Telle était à peu près l'espèce de connaissance qu'avaient du christianisme les païens de l'ancien temps, qui persécutaient les tidèles et cherchaient à les faire disparaître de la face de la terre, el qui les appelaient ensuite gens lucifuga, une race qui fui! la lumière du jour. On ne retrouvait les catholiques, en Angleterre, que dans les endroits reculés, dans les ruelles, dans les caves, dans les mansardes ou dans la solitude de la campagne, séparés delà foule au milieu de laquelle ils vivaient ; on les entrevoyait seulement dans l'obscurité, à travers le brouillard ou le crépuscule, fantômes fuyant de-ci, de-là, devant les fiers protestants, maîtres de la terre. A la fin, ils devinrent si faibles, tombèrent si bas que le dédain lit naître la pitié; et les plus généreux parmi leurs tyrans commencèrent à désirer de leur accorder quelque faveur, persuadés que leurs opinions (''(aient trop absurdes pour trouver des prosélytes, el qu'eux-mêmes, si on leur accordait une position plus importante dans l'Etat, ne tarderaient pas à renoncera leurs doctrines el à en rougir.

Un symptôme plus significatif encore que le dédain des protestants, c'était le sentiment que les catholiques eux-mêmes avaient de leur anéantissement. A force d'avoir été, pendant des siècles, mis hors la loi, d'être

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