‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 19 sur 69 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

substituer la suprématie du roi à celle du Pape. Il n'était question de toucher à aucun des autres dogmes de l'antique Eglise dont on se piquait de faire toujours partie. Quelques-uns tentaient-ils de profiter de cette rupture pour propager les nouveautés du protestantisme continental, ils étaient répudiés et châtiés. Presque aucun changement n'était apporté à l'extérieur du culte. On se bornait à supprimer les monastères pour voler leurs biens. Mais la révolte ne put ainsi longtemps se limiter elle-même. Dès le règne suivant, sous Edouard VI, les gouvernants, gagnés aux idées de Zwingleet de Calvin, mutilaient le dogme et la liturgie catholiques: la messe était proscrite, les autels jetés bas et remplacés par des tables1, les églises dépouillées; les prêtres recevaient licence de se marier. A la vérité, cette révolution fut loin d'être universellement acceptée et, sur le moment, elle n'aboutit guère qu'à créer un état de grande confusion et d'anarchie religieuse. Aussi, quand, après quelques années de ce régime, la couronne passa à Marie Tudor, ses premières mesures pour rétablir le catholicisme fur3nt-elles plutôt accueillies avec un sentiment de soulagement, et il ne lui eût pas été difficile, avec de la modération et du tact, d'effacer toute trace de la scission. Malheureusement la maladroite violence d'une politique qui paraissait plus espagnole qu'anglaise irrita les esprits, et, après cinq ans de règne, Marie mourait, sans avoir eu le temps

1 L'un des prétendus réformateurs de l'Eglise anglicane au xvi" siècle, l'évêque Ridley, écrivait : « On se sert d'un autel pour y faire un sacrifice ; ou se sert d'une table pour manger. »

Page 1