‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 20 sur 69 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

de mener à fin son entreprise, mais en ayant eu celui de compromettre la cause qu'elle prétendait servir. Sa soeur et héritière, Elisabeth, sembla donc donner satisfaction au sentiment national en reprenant une attitude hostile au Pape. Ce n'est pas que personnellement elle lut portée vers le calvinisme : elle s'en fût tenue volontiers au « catholicisme décapité » de son père Henri VITI ; mais on ne le lui permit pas. La pression des puritains (c'est le nom dont on commençait à se servir), avides de prendre leur revanche des persécutions du règne précédent, l'entraînement de la lutte politique où la reine se trouva bientôt engagée contre le Pape et l'Espagne, et aussi la loi même de la situation où la mettait sa rupture avec Rome, l'obligèrent à accentuer le protestantisme de son Eglise plus qu'il n'eût été dans ses goûts. Vainement tàchait-elle de ralentir le mouvement; vers la fin de son règne, le puritanisme prévalait, surtout à Londres et dans les grands centres.

L'avènement des Stuarts amena un retour offensif de ceux qui déploraient les destructions protestantes de l'époque précédente. Des théologiens remarquables, les premiers qu'eût produit l'épiscopat anglais depuis la Réforme, s'essayèrent à construire un système religieux qui, tout en se déclarant opposé à Rome et à ses « abus », conservât le plus possible des idées et des formes catholiques : tels, entre tous, Andrews et Laud : le premier, homme de pensée et d'études ; le second, homme d'action et de combat. 11 avaient la faveur de la Couronne, qui voyait, dans cette réaction religieuse, le complément de la réaction politique qu'elle

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