‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 23 sur 69 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

qu'ils avaient de leurs péchés à expier et à se faire remettre, de leurs âmes à sauver, de l'idéal de sainteté à réaliser. Ce Christ, devenu une entité abstraite et morte, ne leur suffisait pas ; il leur fallait un Christ vivant, saignant, qu'ils pussent aimer, qui pût les consoler et leur pardonner. De là naquirent, en plein xvme siècle, deux réactions religieuses qui semblaient en contradiction complète avec l'esprit régnant, le méthodisme et YevangeJicalism.

Le premier en date, le méthodisme, fut inauguré, vers 1738, par Wesley et Whitefield. Dans cette société si étrangère aux choses de Dieu, les méthodistes parvinrent, par le seul effort de l'apostolat et de la charité, à réveiller des sentiments religieux : repentir du péché, terreur de l'enfer, amour du Christ. Ils se répandirent surtout parmi les humbles et les souffrants qu'ignorait la riche Eglise d'Angleterre, dans les mines et les manufactures où commençait à se former la démocratie ouvrière. Ils prêchaient en plein air, parfois devant des foules de vingt et trente mille hommes, interrompus par les sanglots, les cris et même les convulsions des auditeurs. N'était-ce pas à se croire au xme siècle? Les historiens religieux d'outre-Manche aiment à rapprocher Wesley de saint François d'Assise : rapprochement un peu ambitieux. Sans doute, le fondateur du méthodisme avait des qualités qui ont fait dire de lui, àNewman, qu'il était « l'ombre d'un saint catholique, the shadow of a catholic saint ; » mais il manquait de la mesure, du bon sens, de l'humilité que la discipline catholique avait ajoutés aux inspirations

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