‹ La renaissance catholique an Angleterre au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 24 sur 69 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

héroïques du Poverello d'Assise. Livré à lui-même, sans frein, sans guide, son zèle, souvent admirable, n'aboutit qu'à détacher, un peu malgré lui, de l'Eglise établie, une nouvelle secte protestante qui, bientôt, s'est subdivisée elle-même. Au point de vue qui nous occupe, cette secte s'éloignait, plus encore que l'anglicanisme officiel, des formes et des idées catholiques. Sa théologie assez imparfaite, où tout était moins doctrine que sentiment, sensation et même hallucination nerveuse, avait une saveur proteslante très prononcée. On s'y attachait au dogme de la justification par la foi seule, et même, dans une partie de la secte, à celui de la prédestination absolue, entendue avec toute la dureté calviniste. Ajoutons qu'en se séparant de l'Eglise établie le méthodisme était conduit naturellement à nier la valeur de la succession apostolique, à contester l'autorité de l'épiscopat et jusqu'au privilège de la prêtrise, en un mot, à rejeter tout ce que l'anglicanisme avait essayé de conserver de l'organisme catholique : le prêcheur devenait ministre, par le seul fait de sa vocation intérieure ; il pouvait non seulement enseigner, mais administrer la communion ; on se retrouvait en plein puritanisme.

Né à la suite du méthodisme, un peu des mêmes inspirations, le mouvement evangelical s'en distingue en ce qu'il a agi dans l'intérieur de l'Eglise établie, sans en sortir. A la fin du xvme siècle et au commencement du xixe, il avait triomphé des contradictions et des dédains du début; s'il ne dominait pas l'Eglise entière, il la pénétrait en beaucoup d'endroits et se manifestait

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